Critiques Cinéma

KICK ASS 2 (Critique)

3,5 STARS TRES BIEN

kick ass 2 affiche

Le tweet de sortie de projo

tweet kick ass 2

SYNOPSIS: L’audace insensée de Kick-Ass a inspiré une pléthore de vengeurs masqués autodidactes, le Colonel Stars & Stripes en tête, auxquels notre héros va s’allier pour patrouiller les rues de la ville et assurer la sécurité générale. Mais quand Red Mist, réincarné en Mother F%&*^r, décide de s’attaquer à ces super-héros amateurs, seuls les sabres acérés de Hit Girl sauront les sauver de la destruction.

En 2010, le premier Kick-Ass avait le mérite de mettre un coup de pied dans la fourmilière foisonnante du film de super-héros en présentant des héros privés de pouvoirs surnaturels et rendus à leur condition humaine, mais qui décidaient de se dépasser pour faire bouger des lignes qui restaient désespérément figées. Tout ça enrobé dans une violence extrême et un aspect fun assez jubilatoire. Matthew Vaughn avait insufflé à son film suffisamment de rébellion et d’esprit subversif, voire malsain, pour que l’entreprise fasse transpirer les ligues de vertus, ce qui n’empêcha pas le film de connaitre un très grand succès public et que la mise en chantier d’une suite coulait de source. C’est chose faite aujourd’hui avec un second volet confié aux bons soins de Jeff Wadlow, réalisateur entre autres du pas très fin Never Back Down. Si cette seconde aventure (également tiré du comic book de Mark Millar et de John Romita Jr), édulcore la violence par rapport au numéro un, si l’humour est loin d’être très subtil, ce Kick-Ass 2 est suffisamment décomplexé pour permettre de passer un excellent moment.

kick ass 2 1

Seulement là où le bât blesse c’est que l’on est ici dans du pur divertissement là où le premier film avait pour lui un second degré de lecture qui lui conférait un intérêt différent et peut être plus fort. Désormais, les personnages étant connus, il n’est plus nécessaire de travailler avec autant d’application leur background, et leur évolution est quelque peu passée au tamis d’une indifférence polie. Là où l’on perd en dramaturgie et en tension, on gagne en humour délirant et référentiel en diable, mais un humour qui dépasse aussi parfois les frontières du bon goût et qui fait verser le film dans la pochade adolescente vraiment limite à certains moments. En dehors de ces instants délicats où l’on craint que le film ne finisse par se vautrer dans une vulgarité rédhibitoire, on retrouve fort heureusement l’aspect fun qui sévissait dans le premier opus ainsi que des combats homériques, même si beaucoup moins sanglants.

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Si l’idée d’une équipe de justiciers s’inspirant de la témérité de Kick-Ass pour expliquer leur formation n’était pas mauvaise, il manque à cette team de bras cassés une figure tutélaire charismatique. Le personnage du Colonel Stars and Stripes interprété par Jim Carrey aurait pu être celui là mais la star ne fait qu’une brève apparition qui ne restera pas dans les annales. C’est d’ailleurs l’un des défauts majeurs du film: Hormis les têtes d’affiche, les rôles secondaires sont bâclés et écrits à la truelle, manquant d’une caractérisation élémentaire pour créer avec le spectateur complicité, empathie et intérêt. La différence également avec le premier film, c’est qu’ici de nombreux personnages sont passés au travers d’un prisme qui les rend plus ridicules que touchants ou réellement inconscients, alors qu’il devrait avant tout s’agir de personnages touchants dans leur quête d’un monde meilleur.

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On se rabattra donc sur la triplette gagnante du premier volet, à savoir Kick-Ass, Hit-Girl et Red-Mist qui pour l’occasion devient The Mother fucker. Si Kick-Ass reste cet ado dépassé par les évènements qu’il a créés et qui veut s’accomplir dans son travail de justicier grâce à un intense investissement physique, Hit-Girl est devenue une jeune fille tourmentée par ses hormones et en proie à des difficultés d’intégration dans les groupes à la page du lycée. Quand à The Mother fucker, sa psyché déviante devient carrément incontrôlable pour en faire un allumé au dernier degré obsédé de vengeance. Si Christopher Mintz-Plasse en fait des caisses, quitte parfois à frôler l’auto parodie, il nous réserve également quelques moments vraiment hilarants et son jeu fait d’outrances est très en phase avec son personnage. Aaron Taylor-Johnson n’apporte pas grand chose de nouveau à son personnage qu’il maitrise déjà très bien et comme lors du premier film, il se fait voler la vedette par une rayonnante Chloë Grace Moretz dont le personnage de Hit-Girl est à nouveau le plus intéressant, même si l’aspect subversif de l’héroïne est moindre que lorsqu’elle avait douze ans. Même si toute la partie où elle se féminise et où elle s’interroge sur ses motivations et tente de s’intégrer présente peu d’intérêt et nuit au rythme du film, on n’est heureusement pas dans un banal teen movie. Malgré les défauts qui le freinent entre autres à cause d’une réalisation très approximative (Jeff Wadlow n’a pas le talent de Matthew Vaughn), Kick-Ass 2 a pour lui d’insuffler un plaisir énorme et jouissif par le biais de scènes d’action très efficaces (même si parfois difficilement lisibles). De bonnes punchlines sur une BO tonitruante finiront de contenter sans problèmes les amateurs d’action, de violence, de rigolade, bref, de bons moments de cinéma, où l’on laisse son cerveau à l’entrée de la salle.

kick ass 2 affiche miniTitre Original : KICK-ASS 2

Réalisé par: Jeff Wadlow

Casting: Aaron Taylor-Johnson, Chloë Grace Moretz

Christopher Mintz-Plasse, Jim Carrey…

Genre: Action, Comédie

Sortie le: 21 Août 2013

Distribué par : Universal Pictures International France

3,5 STARS TRES BIEN

 TRES BIEN

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2 réponses »

  1. Contrairement à toi, je trouve que les personnages de ce film sont bien dessinés (lol) et que leur évolution est fort intéressante tout comme leurs intéractions. Et je trouve également fort intéressante l’idée principale de jouer sur les rapports familiaux de chacun des trois personnages (hit girl face à son père adoptif, kick ass face à son père, motherfucker face à l’absence de parents etc.). Tout ça pour dire que ce film n’est pas un divertissement bas du front de plus.
    J’ajouterai que Wadlow a su habilement mêler deux comics books (« Kick Ass 2 » et « Hit Girl », le spin off où KickAss faisait plus de la figuration qu’autre chose) en un seul film sans s’emmeler les pinceaux et nous perdre en route.
    Le gros reproche que je lui ferai… (mais je pense que le Studio est plus à incriminer) c’est l’absence totale d’audace face à l’ultra violence dont faisait preuve la bd. Pas de victimes innocentes, pas d’enfants mitraillés gratuitement pour le fun, pas de viol crade…
    fin voilà… 😉

  2. Je partage ton avis, presque de bout en bout. Dommage quand même de voir Kick-Ass s’effacer autant, même si j’aime beaucoup celui de Hit Girl et son interprète, qui fera du chemin, c’est sûr.

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