Critiques Cinéma

LE STRATÈGE (Critique)

SYNOPSIS: Voici l’histoire vraie de Billy Beane, un ancien joueur de baseball prometteur qui, à défaut d’avoir réussi sur le terrain, décida de tenter sa chance en dirigeant une équipe comme personne ne l’avait fait auparavant… Alors que la saison 2002 se profile, Billy Beane, le manager général des Oakland Athletics, est confronté à une situation difficile : sa petite équipe a encore perdu ses meilleurs joueurs, attirés par les grands clubs et leurs gros salaires. Bien décidé à gagner malgré tout, il cherche des solutions qui ne coûtent rien et auxquelles personne n’aurait pensé avant… Il va s’appuyer sur des théories statistiques et engager Peter Brand, un économiste amateur de chiffres issu de Yale. Ensemble, contre tous les principes, ils reconsidèrent la valeur de chaque joueur sur la base des statistiques et réunissent une brochette de laissés-pour-compte oubliés par l’establishment du baseball. Trop bizarres, trop vieux, blessés ou posant trop de problèmes, tous ces joueurs ont en commun des capacités sous-évaluées. Avec leurs méthodes et leur équipe de bras cassés, Beane et Brand s’attirent les moqueries et l’hostilité de la vieille garde, des médias et des fans, jusqu’à ce que les premiers résultats tombent… Sans le savoir, Beane est en train de révolutionner toute la pratique d’un des sports les plus populaires du monde.

On ne peut pas dire que le base-ball soit un sport très populaire par chez nous et intéresser un public européen à une coutume on ne peut plus américaine n’est pas chose aisée, même si l’histoire du cinéma regorge de films qui s’y sont essayés avec plus ou moins de réussite (Le meilleur avec Robert Redford, Jusqu’au bout du rêve ou Duo à trois avec Kevin Costner, ou Les Indians avec Charlie Sheen…). Mêler donc ce sport à un récit qui fait également la part belle à l’économie, aux statistiques et à un scénario touffu aux dialogues savoureux, voilà une gageure à laquelle Bennett Miller s’est essayé avec Aaron Sorkin (The Social Network) et Steven Zaillian à l’écriture. Et force est de constater que l’ensemble donne un film intimiste et foisonnant à la fois, une fable inattendue sur les convictions d’un homme qui veut prouver aux autres qui il est, mais qui souhaite aussi se prouver à lui-même ses capacités.

le stratège 3 cliff and co

La force du film, la trouvaille qui change tout c’est de parler de sport sans nous asséner des scènes de matches longues et rébarbatives. Plutôt que cela les scénaristes ont opté pour de longues séquences dialoguées sur la meilleure manière de recruter un joueur en se basant sur ses statistiques, entrecoupées de moments intimistes entre un père et sa fille ou de ping pong verbal entre le coach et le manager sur l’opportunité ou non d’aligner un joueur le jour du match. Un non initié pourrait partir en courant. Et bien il aurait tort. Car loin d’être pompeuse ou didactique, loin de de proposer des échanges bourratifs et indigestes, cette façon de faire est passionnante, tellement bien écrite et bien construite comme un thriller haletant qui vous entraîne dans les coulisses d’un sport de haut niveau qui est aussi une industrie. On est d’emblée entraîné dans ce tourbillon qui vous prend pour ne plus vous lâcher pendant toute la durée du film.

La mise en scène de Bennett Miller (Truman Capote) toute en retenue, se contentant d’illustrer le propos sans trop de démonstration ou d’arabesques est d’une sobriété qui sied parfaitement au récit. Le film est parfois handicapé par quelques longueurs mais rien qui ne soit rédhibitoire ou qui empêche de se passionner pour ce manager général en manque de réussite, qui va révolutionner le sport le plus populaire outre-atlantique. Certes c’est un brin académique, mais de véritables émotions sont distillées à travers cette peinture des rapports humains, sans pour autant qu’un couplet patriotique ne nous soit servi à la gloire des héros locaux, ce que l’on aurait pu redouter au vu du sujet.

Pour qu’un tel pari soit réussi et même tenu haut la main, il fallait des acteurs qui soient non seulement capables de s’effacer derrière leurs personnages mais aussi qui sachent leur conférer un supplément d’âme. Et là, le choix du casting est plus que pertinent: Outre un Philip Seymour Hoffman en entraîneur résigné qui tente de s’attacher à ses dernières prérogatives, on a la paire d’as avec le duo Jonah Hill/Brad Pitt! On redécouvre totalement le comédien phare des productions Judd Apatow dans ce rôle où il est incroyable de retenue et de discrétion. Face à lui, Brad Pitt en manager et père courage, qui par sa pugnacité et sa force de conviction va faire bouger les lignes, est tout simplement prodigieux. Il est l’illustration même de ce film surprise: Un champion!

le stratège affiche cliff and co

Titre Original: MONEYBALL

Réalisé par: Bennett Miller

Casting : Brad Pitt, Jonah Hill, Philip Seymour Hoffman …

Genre: Drame, Biopic

Sortie le : 16 Novembre 2011

Distribué par: Sony Pictures Releasing France

EXCELLENT

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2 réponses »

  1. J’ai beaucoup aimé ce film, à la fois atypique et classique dans la forme, comme tu l’as expliqué. Pas fan du tout des productions Appatow et de Jonah Hill, je l’ai trouvé correct dans ce registre. Brad Pitt, une fois de plus, parfait.

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