

SYNOPSIS : Alors que les enquêtes se multiplient d’un court de padel à un site archéologique, en passant par un échiquier mortel, Simon trouve le temps de tomber amoureux. L’élue de son cœur, une nouvelle voisine, ex-copine de Fac et de sa sœur défunte, est bien plus qu’une passade, une vraie histoire d’amour démarre. Seulement rien n’est simple, entre les enfants, le boulot, et sa vie amoureuse, le super tonton hésite à bousculer une vie déjà trépidante. Alors que Simon croit avoir trouvé la solution idéale pour tout concilier, la nouvelle femme de sa vie va devoir faire ses bagages. Simon s’en remettra-t-il ? Il vaudrait mieux, une inspectrice de l’ASE tourne autour de la maison, remettant en cause la garde des enfants…
Avec cette quatrième saison, Simon Coleman ne cherche pas à devenir une autre série que celle qu’elle est depuis ses débuts. Et c’est sans doute l’une de ses principales qualités. La fiction portée par Jean-Michel Tinivelli continue de mêler enquêtes policières et comédie familiale avec cette bonhomie qui constitue désormais sa véritable signature. Une formule parfaitement identifiée, immédiatement accessible, dont ces six nouveaux épisodes rappellent tout le pouvoir d’attraction, même si quelques signes de répétition commencent également à apparaître.
Les enquêtes restent construites sur des terrains suffisamment variés pour renouveler les décors et les suspects. Le monde des échecs, un centre canin ou encore un enterrement de vie de jeune fille fournissent ainsi quelques-uns des cadres de cette nouvelle salve. Elles sont plutôt bien menées, mais leurs résolutions peuvent parfois paraître un peu rapides. Simon Coleman n’a jamais eu pour ambition de proposer des énigmes policières particulièrement retorses et cette saison ne change pas véritablement la donne. La série s’intéresse au cheminement de son enquêteur davantage qu’à la volonté de perdre le téléspectateur dans un dédale de fausses pistes.
C’est une narration directe qui ne cherche pas à multiplier les détours, à complexifier artificiellement les intrigues. Ce n’est ni pauvre ni simpliste, c’est une fiction populaire qui privilégie la lisibilité et l’efficacité avec des personnages attachants et une tonalité familière qui fait une grande partie de son charme.
Il est d’ailleurs important de défendre ce genre de proposition pour ce qu’elle est. Toutes les séries n’ont pas besoin de multiplier les temporalités ou d’imbriquer plusieurs récits pour mériter l’attention. Cela ne signifie pas davantage que le public aurait besoin d’être pris par la main. Le téléspectateur est parfaitement capable d’adhérer à des narrations exigeantes. Il peut aussi avoir envie d’une fiction qui raconte ses histoires plus directement et cherche avant tout à fédérer. La fiction populaire possède cette fonction et Simon Coleman l’assume sans complexe.
D’autant que la série peut compter sur Jean-Michel Tinivelli. Le comédien possède toujours cette décontraction qui convient parfaitement au personnage et rend Simon immédiatement sympathique. Son tandem avec Flavie Péan continue également de fonctionner avec beaucoup de naturel. L’une des forces de la série réside précisément dans cette absence de fausseté, aussi bien dans le jeu que dans les dialogues. Même lorsqu’elle s’aventure sur des situations très légères, elle conserve une spontanéité qui empêche généralement la comédie de devenir forcée.
Cette saison accorde d’ailleurs une place importante à la sphère familiale, au point que celle-ci prend parfois le pas sur les enquêtes. Ce déplacement n’a rien de gênant tant la famille recomposée autour de Simon est devenue le cœur affectif de la série. Lilie Sussfeld, Romane Libert et Noam Kourdourli, qui incarnent respectivement Violette, Clara et Sam, confirment à quel point leur casting était juste. Depuis leurs débuts, tous trois possèdent un naturel précieux face à Jean-Michel Tinivelli. Leurs échanges donnent aux scènes domestiques une chaleur qui ne paraît jamais fabriquée.
L’arrivée de Marie Fugain apporte également quelque chose d’intéressant à cette dynamique. Sans dévoiler l’évolution de son personnage, sa présence permet un temps de déplacer certains équilibres et d’offrir une épaisseur supplémentaire à la vie personnelle de Simon. La saison accueille par ailleurs plusieurs visages familiers, parmi lesquels Patrick Guérineau, Patrick Paroux, Marie-Christine Adam, Sophie Mounicot ou encore Gaëla Le Dévéhat.
Lorsque la famille se retrouve, se dispute ou se serre les coudes, Simon Coleman parvient régulièrement à faire naître une émotion très simple mais sincère. C’est probablement là que la série est aujourd’hui la plus convaincante. Elle connaît suffisamment ses personnages pour que quelques gestes ou échanges suffisent à rendre crédibles les liens qui les unissent.
Cette quatrième saison montre néanmoins quelques limites dans sa seconde partie. Après trois premiers épisodes solides, les suivants paraissent légèrement moins inspirés. Certaines dynamiques familiales donnent le sentiment de revenir sur des terrains déjà explorés. Une menace concernant l’équilibre du foyer rappelle notamment un ressort déjà utilisé précédemment. Pris séparément, ces éléments fonctionnent encore. Leur accumulation commence toutefois à susciter une petite impression de répétition.
Il ne s’agit pas encore d’un véritable essoufflement. Le plaisir de retrouver ces personnages demeure intact et la série conserve cette douceur qui permet de passer volontiers du temps avec eux. Mais Simon Coleman devra probablement veiller à renouveler progressivement certaines de ses dynamiques pour éviter que ce qui constitue aujourd’hui son confort ne devienne, à terme, une routine.
Ce serait d’autant plus dommage que cette quatrième saison rappelle tout ce que la série sait faire lorsqu’elle trouve le bon équilibre. Elle ne révolutionne évidemment pas le polar télévisé et n’en a aucune intention. Elle propose autre chose : une fiction grand public portée par des comédiens qui semblent parfaitement à leur place et par un véritable goût des personnages. Une série sympathique, chaleureuse, que l’on prend tout simplement plaisir à regarder. Et il n’est pas nécessaire d’en demander davantage à chaque programme pour reconnaître ce plaisir-là.
Crédits : France TV










































































































































