

SYNOPSIS : Deux adolescents doivent échapper à une entité violente qui prend la forme de la personne qu’ils désirent le plus : l’un l’autre.
Leviticus porte avec lui les premiers signes d’un hit horrifique populaire : un premier film d’un jeune réalisateur, high-concept sur mesure aux influences bien évidentes – dans la lignée des récents succès d’Obsession et Backrooms notamment – mais cette fois film de monstres australien sur fond de religion et de culture queer. L’accueil chaleureux sera alors vite confirmé, notamment grâce à de nombreux passages remarqués en festivals qui donnaient l’eau à la bouche. Le film suit le jeune Naim Reid (sensationnel Joe Bird) qui emménage avec sa mère (Mia Wasikowska) au sein d’une communauté chrétienne dans l’État de Virginia en Australie. Alors qu’il peine à se faire des amis au lycée, il rencontre le charmant Ryan Whelan (Stacy Clausen), avec lequel il noue une relation qui va très vite devenir une question de désir. Mais deux garçons qui s’aiment au sein d’une communauté isolée refermée autour de ses traditions religieuses ne sont évidemment pas vus d’un très bon œil… Après un « exorcisme » forcé pour retirer les « pensées impures » de leurs esprits, les deux adolescents découvrent qu’ils sont maintenant poursuivis par une créature. Et cette entité possède un moyen terrifiant pour approcher ses victimes : prendre la forme de la personne qu’ils désirent le plus. Bien sûr, Naim voit Ryan – et inversement.

Premier long-métrage du réalisateur Adrian Chiarella, Leviticus évoque immédiatement une filiation évidente avec le It Follows de David Robert Mitchell : une créature traque inlassablement une pauvre victime désignée en prenant la forme d’un être humain. Mais là où le film de 2014 jouait avec la peur constante d’être surpris par un quelconque figurant sorti de la foule ou marchant lentement vers la caméra au fond du cadre, Leviticus simplifie le concept en réduisant la menace à une seule apparition – ce qui a comme principale qualité de centrer l’horreur sur le lien affectif entre les deux protagonistes. A ce niveau-là, c’est l’émotion qui l’emporte quand l’épouvante débarque, offrant un intelligent jeu d’apparences dans son cadre de film de monstre.

Sous la photographie impeccable de Tyson Perkins, laquelle habille l’obscurité d’une aura inquiétante et d’un équilibre parfait entre les gros plans intimistes et les grands espaces vides inquiétants (notamment dans les scènes où la créature est invisible lorsqu’elle est vue par un personnage en périphérie de la malédiction), Leviticus surprend surtout par son allégorie centrale, certes relativement simple à lire mais redoutablement efficace dans les émotions qu’elle distille au fur et à mesure de son récit. En faisant du monstre les conséquences d’une communauté oppressive et homophobe qui utilise la religion pour isoler l’individu de son groupe (le titre du film évoque le Livre du Lévitique, lequel dit – on cite – « Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable; ils seront punis de mort: leur sang retombera sur eux. »), Leviticus balise son horreur d’un sous-texte moderne très efficace, qui ne réinvente jamais le genre et qui souffre un peu d’une certaine prévisibilité (une bascule de point de vue à quelques instants clés aurait pu surprendre encore plus, ce qui donne l’impression de quelques actes manqués notamment la dernière partie du film), mais qui donne lieu à un premier film habile et amplement maîtrisé.

Adrian Chiarella compose une œuvre intelligente dans un contexte frais et original, offrant derrière l’ambiance haineuse et l’horreur indicible une vraie histoire d’amour adolescente entraînante et souvent touchante – notamment grâce aux performances emballantes et spectaculaire de Joe Bird et Stacy Clausen qui fournissent une alchimie savoureuse au sein du récit. Car, et on n’attendait pas ça de ce Leviticus, mais il est possible qu’il soit (de manière surprenante pour un film de monstre) l’une des romances les plus réussies de l’année. Encore un signe, s’il en fallait un, que l’horreur moderne gagne à faire bouger les lignes en mélangeant les genres.

Titre original : LEVITICUS
Réalisé par: Adrian Chiarella
Casting: Joe Bird, Stacy Clausen, Mia Wasikowska …
Genre: Epouvante-Horreur, Romance
Sortie le : 7 Octobre 2026
Distribué par : Originals Factory

TRÈS BIEN
Catégories :Critiques Cinéma, Les années 2020










































































































































