

SYNOPSIS : Le propriétaire de la boutique de comics, Stuart Bloom, est chargé de rétablir la réalité après avoir accidentellement brisé un appareil conçu par Sheldon et Leonard, provoquant ainsi une apocalypse du multivers. Stuart est aidé dans cette quête par sa petite amie Denise, son ami géologue Bert, et le physicien quantique/baratineur de service Barry Kripke. En chemin, ils rencontrent des versions alternatives des personnages de « The Big Bang Theory » que nous connaissons et aimons. Et comme le suggère le titre, les choses ne se passent pas très bien.
Personnage attachant mais rarement placé sous le feu des projecteurs dans The Big Bang Theory, Stuart Bloom semblait pourtant l’un des candidats les moins évidents pour porter un spin-off. Son humour désabusé et son éternelle malchance faisaient merveille en second plan, mais difficile d’imaginer qu’ils suffiraient à tenir une série entière. C’était sans compter sur Chuck Lorre, Zack Penn et Kyle Newacheck, qui prennent tout le monde à contre-pied en envoyant leur libraire passionné de comics dans une aventure de science-fiction complètement déjantée.
Dès les premières minutes, Stuart Fails to Save the Universe annonce la couleur. Au lieu de reprendre la formule qui a fait le succès de The Big Bang Theory, les créateurs prennent un virage radical et propulsent leur héros dans une aventure de science-fiction où les réalités alternatives, les paradoxes et l’apocalypse deviennent le quotidien. Un choix audacieux qui aurait pu tourner au gadget, mais qui insuffle au pilote une énergie communicative.
Le résultat est un épisode qui file à toute vitesse. Les situations absurdes s’enchaînent sans laisser le moindre temps mort et l’on pense parfois, toutes proportions gardées, à l’esprit irrévérencieux des ZAZ. Ce n’est évidemment pas le même humour, mais cette capacité à empiler les idées les plus folles avec un sérieux imperturbable procure une sensation assez proche. À plusieurs reprises, le pilote donne également l’impression de croiser les univers de Sliders et de Code Quantum. Les passages d’une réalité à une autre, les univers qui semblent familiers avant de révéler d’infimes différences… autant d’éléments qui viennent enrichir un récit aussi imprévisible que ludique.
Le plus amusant reste finalement de voir Stuart évoluer dans cet environnement. Grand amateur de comics depuis toujours, il donne presque l’impression d’être devenu malgré lui le héros d’une bande dessinée de science-fiction. Ce décalage permanent fonctionne d’autant mieux que Kevin Sussman conserve tout ce qui faisait le charme du personnage d’origine : sa maladresse, son côté loser magnifique et cette capacité à rester profondément humain au milieu du chaos le plus total. Autour de lui gravitent également Denise (Lauren Lapkus), déjà aperçue dans The Big Bang Theory, ainsi que Bert Kibbler (Brian Posehn), l’ancien géologue de Caltech, et Barry Kripke (John Ross Bowie), dont les retrouvailles participent largement au plaisir de ce premier épisode.
Le pilote bénéficie également d’un soin particulier apporté à son identité. Le générique, porté par une chanson originale de Danny Elfman, donne immédiatement le ton avec une autodérision réjouissante qui prolonge parfaitement l’esprit de l’épisode. On sent que les créateurs prennent un plaisir évident à jouer avec les codes de la pop culture et de la science-fiction sans jamais se prendre au sérieux.
Cette folie assumée constitue d’ailleurs la principale qualité… mais aussi la principale condition pour apprécier la série. Stuart Fails to Save the Universe demande au spectateur une véritable suspension d’incrédulité. Ceux qui espèrent retrouver une sitcom dans la continuité directe de The Big Bang Theory risquent d’être déroutés. En revanche, ceux qui acceptent dès les premières minutes que tout puisse arriver seront récompensés par un pilote aussi surprenant que rafraîchissant.
Impossible, après un seul épisode, d’affirmer que la série tiendra cette cadence sur la durée. Mais une chose est sûre : ce premier rendez-vous dépasse largement les attentes que pouvait susciter un spin-off consacré à Stuart. Drôle, inventif, généreux et totalement imprévisible, il donne une seule envie : découvrir jusqu’où cette joyeuse folie est capable d’aller.
Crédits : HBO Max









































































































































