

SYNOPSIS : Jacques se rend chez son ami Bruno pour lui annoncer une nouvelle importante : l’humanité toute entière vit dans une simulation…
Clôture de la Quinzaine des Cinéastes du 79ème Festival de Cannes, Le Vertige de Quentin Dupieux, avec Alain Chabat, Anaïs Demoustier et Jonathan Cohen s’annonce évidement comme un événement sur la Croisette. Tout fait toujours (un peu) surprise avec Dupieux, dont la légende, qui n’en est pas qu’une, laisse à penser que tout le monde dans le monde veut figurer dans ses castings toujours assez fous et foisonnants. Quentin Dupieux aura donc deux films pendant ce 79ème Festival de Cannes, dont celui-là qui est clairement apparu comme la surprise du chef. En effet, si l’existence de Full Phil, dans lequel il dirige Kristen Stewart et Woody Harrelson, était connue depuis longtemps, beaucoup ont appris celle du Vertige tout juste un mois avant le début du Festival. Qu’il s’agisse du pitch, toujours aussi lunaire et énigmatique pour ce cinéaste, que les premières images qui font penser au jeu vidéo Harry Potter sorti sur Playstation au début des années 2000, Le vertige qui porte déjà parfaitement son nom avant même de l’avoir vu, est fatalement une sacrée curiosité de la Croisette.

Film hybride, entre film d’animation et filmé en prises de vues réelles, Le vertige semble en tout point correspondre à la patte artistique et décalée de Dupieux. Et clairement, c’est efficace, on se marre et c’est bien le but, on réfléchit un peu mais pas trop quand même, et c’est l’idée aussi. Peut-être moins ampoulé et labyrinthique que d’habitude, la débilité des personnages aide aux dialogues plus directs. Puis le message pas vraiment subliminal n’est pas dégeu non plus. C’est comme une invitation à la légèreté. Une convocation à simplifier nos vies. Une incitation à moins se prendre la tête. Et qui passe par une première indispensable étape : arrêter de se regarder dans le miroir, au risque de ne devenir plus que son propre reflet. On arête de faire le tour de soi-même, sinon on passe à côté de la liberté, des autres, et donc forcément du vrai soi. C’est le cauchemar de l’humanité selon Dupieux, n’être que soi-même. Après, on va se calmer, ça reste une bonne grosse farce, où la femme accouche sur place avec le bébé qui tombe et qu’on lave des heures dans la baignoire juste en l’aspergeant de flotte. Et ce qui va tous les choquer c’est juste que le cordon n’a pas été coupé ! C’est beaucoup de vannes absurdes et insensées qui claquent. Des soupirs et des onomatopées en arrière son qui donne du relief à la bêtise de la réplique, et plein d’autres petites joyeusetés du style.

Et alors, forcément la mise en scène. Attraction majeure du Vertige. Au-delà de la Playstation 1, c’est sans doute une question de génération, mais on est davantage dans le monde de l’Amstrad CPC 464 et encore en couleurs, car l’option monochrome demeurera l’ordi le plus pourri de la terre (mais Dieu que c’était bon). Car en effet il buguait tout le temps, mettait trois heures à charger (c’était des cassettes et pas des disquettes), et l’image était une crapulerie sans nom. Lien direct avec les 265 bugs que Jacques explique à Bruno dans Le vertige.

Au casting, les avatars pourris et moches de Jonathan Cohen, Anaïs Demoustier et Alain Chabat font le job !! Leurs versions animées aussi laides puisent-elles être, sont particulièrement amusantes dans leur non verbaux figés, qui vient renforcer le permanent théâtre de l’absurde de Dupieux. Demeurent les voix des trois acteurs, qui assurent l’essentiel, surtout en étant quand même complètement cons, et on sent qu’il se sont clairement marrés et nous communiquent ainsi ce plaisir. Au-delà du sempiternel petit jeu de massacres favori, à savoir si c’est le meilleur Dupieux ou pas. Ou d’essayer de rentrer dans sa tête, ce qui est vain et pas le plus intéressant. Non, il faut prendre Le vertige comme une farce de plus, très bien réussie, car on se marre, ça ne se prend évidemment pas au sérieux, et on passe un agréable moment, et c’est déjà très bien ainsi !

Titre original : LE VERTIGE
Réalisé par: Quentin Dupieux
Casting: Alain Chabat, Jonathan Cohen, Anaïs Demoustier …
Genre: Animation, Comédie
Sortie le : 10 juin 2026
Distribué par : Diaphana Distribution

TRÈS BIEN
Catégories :Critiques Cinéma









































































































































