

SYNOPSIS : Pour gagner sa vie, Laura accepte un emploi au service de Souria. Installée dans un hôtel particulier du triangle d’or par son amant, un riche prince saoudien, Souria vit dans l’attente de ses visites. Tandis que Laura doit s’adapter à cet univers de luxe démesuré et de surveillance constante, un lien fragile se tisse entre les deux femmes. Mais Laura pressent qu’un danger pèse sur Souria et que cette cage dorée pourrait bien se refermer sur elles deux.
Le triangle d’or est le premier long-métrage de la réalisatrice et scénariste Hélène Rosselet-Ruize et présenté en séance spéciale à Cannes en 2026. Inspiré de l’expérience personnelle de la réalisatrice, on pressent un cinéma sur le fil, avec notamment la présence de Malou Khebizi, véritable révélation de Diamant brut d’Agathe Riedinger, présenté en compétition officielle sur la Croisette en 2024. A noter qu’à l’écriture, avec Hélène Rosselet-Ruize, on retrouve Pauline Guena, qui est l’autrice de 18.3. Une année passée à la PJ, publiée en 2020 et qui est le livre dont s’est inspiré Domink Moll pour son chef-d’œuvre La nuit du 12 (2022). Le triangle d’or s’inscrit dans une forme de classicisme dans le genre rencontre de deux extrêmes qui finissent par se rapprocher. Pour autant, cette impression de déjà vu ne nuit pas réellement à l’œuvre du fait entre autres d’un dispositif par moment atypique dans la mise en scène. Avec une partie filmée en vidéo surveillance, tant Souria est constamment épiée. Un mode opératoire qui vient majorer le climat anxiogène qui plane autour de la prisonnière de cette cage dorée. Laura s’enferme fatalement aussi, ce dont on se rend compte précisément quand elle en sort. Tant son visage semble prendre la lumière en dehors de l’hôtel particulier. Elle se redresse, se relève même. Comme une libération. Elle semble davantage en vie.

Si la relation entre les deux femmes que tout oppose est assez convenue, un retournement des enjeux de pouvoir qu’on attendait certes, n’est pas inintéressant dans son installation et dans la force d’une forme d’inversion des situations. Il faut dire que la façon dont Souria nous est présentée, à savoir au travers de l’entretien d’embauche de Laure questionne. « Madame ne sort pas ». « Madame est exigeante« . On devine que Laura n’est pas la première à occuper le poste.
Un lien qui est fait de petites humiliations, mais d’un attachement que l’on sent poindre, car finalement on perçoit également que les deux femmes se jaugent, se sentent et vont avoir besoin l’une de l’autre. Provenant possiblement d’un milieu originel pas si éloigné qu’en primo apparence. Pas d’éclat particulier à nouveau mais une atmosphère pesante, une sympathique suffocation dans l’enfermement fortuné, qui à l’image passe bien et nous tient en haleine. On sent l’angoisse latente. Elle monte crescendo jusqu’à un épilogue qui accélère brusquement, comme une écriture un peu expéditive, mais là encore on se laisse faire, tant la mise en scène est suffisamment haletante et tient largement le rang.
Au casting, Malou Khebizi est clairement au rendez-vous. Elle délivre une interprétation toute en sobriété, avant de progressivement se lâcher. Un personnage aux deux facettes. Forcément plus renfermée au cœur de l’hôtel particulier et plus excentrique et de son temps en dehors. Dans cette alternance, l’actrice prend à chaque fois la lumière. En miroir inversé, mais avec la même force, Soundos Mosbah se dirige vers la vulnérabilité avec la même justesse et élégance dans le jeu. Le duo fonctionne très bien. On notera aussi la présence intéressante de Ziad Bakri, qui donne la froideur nécessaire et indispensable à son personnage. Une présence forte également. Au final, Le triangle d’or ne se manifeste pas par son originalité foisonnante, mais se regarde sans déplaisir aucun. L’ambiance générale nous convoque, nous invite, et on passe un bon moment !

Titre Original: LE TRIANGLE D’OR
Réalisé par: Hélène Rosselet-Ruiz
Casting : Malou Khebizi, Soundos Mosbah, Ziad Bakri …
Genre: Drame
Sortie le : 15 juillet 2026
Distribué par: Ad Vitam

BIEN
Catégories :Critiques Cinéma, Festival de Cannes 2026, Les années 2020








































































































































