

SYNOPSIS : Espagne 1932, 1937, 2017. Trois hommes. Trois époques. Un même fil invisible de désir, de douleur et d’héritage. LA BOLA NEGRA traverse le temps pour révéler ce qui les unit.
Les réalisateurs de La Bola Negra Javier Calvo et Javier Ambrossi surnommés « Los Javis » sont de véritables stars en Espagne et se sont fait connaître surtout grâce à… une série ! Fin 2024, arrivait sur nos petits écrans une série espagnole qui aura fait beaucoup parler, La Mesías, qui raconte la bascule d’une mère et de ses enfants dans une secte ultra-catholique, des années 1980 aux années 2010. Une série foisonnante, sacrément intelligente, avec une mise en scène particulièrement audacieuse et qui joue avec force sur les temporalités. Les deux créateurs ont même reçu la bénédiction de Pedro Almodovar. Le synopsis de La Bola Negra, en sélection officielle pour ce Cannes 2026, évoque une forme de fil invisible dans trois moments clés de l’histoire espagnole, qui unit les destins de trois hommes homosexuels. L’idée est de rendre hommage au poète espagnol Federico Garcia Lorca, assassiné par les nationalistes espagnols en 1936. « Le film parle d’un héritage, de ces choses qu’on continue à ressentir au fond de nous en tant que personnes queer, aujourd’hui encore, même si nous avons conquis des libertés » nous dit notamment Javier Carlo.

C’est pour autant deux noms de femmes au casting qui déjà nous enflamme avec les noms de Penélope Cruz et de Glenn Close !! Clairement, c’est du très grand cinéma, ample, dense, vaste. Il y en a sur tout l’écran. La mise en scène est folle et foisonne, il faut avoir l’œil partout. Les qualités remarquées dans La Mesias éclatent sur grand écran et qui plus est sur La croisette. C’est aussi très excentrique et l’imprégnation d’Almodovar est forcément bien présente dans l’esprit des réalisateurs de La Bola Negra. On y retrouve le même souci explicatif permanent, avec peu d’ellipses, et des tiroirs partout, où on a des fois envie de leur dire de ranger leur chambre. Si on n’est pas trop encombrés par tout ce bazar ambiant, alors on peut se laisser prendre par l’émotion devant La Bola Negra. Pour autant, dans la comparaison avec l’illustre pair, question d’époque et de génération surement aussi, l’approche est ici plus touchy, plus contemporaine.

La Bola Negra évoque la guerre menée par les Républicains en Espagne, qui va servir de décor chaotique et offrir forcément des scènes hautement spectaculaires. Pourtant c’est une autre bataille qui va être la plus terrible. Celle de pouvoir vivre la vie que l’on a choisie, peu importe l’orientation sexuelle. C’est donc forcément une ode puissante à la liberté et à la création artistique. Une véritable fresque même au regard de la durée de La Bola Negra, presque trois heures, et des trois récits qui sont distincts au moins dans un premier temps. Sauf que le propos n’est pas toujours très éloquent, souvent substitué par des cris, voire des hurlements, des chants, avec cette volonté un peu trop démonstrative de mettre en scène massivement. Tout en conservant ce qui fait le sel de l’écriture des créateurs, à savoir une véritable exigence d’auteur. L’intention est louable et aurait pu donner du très lourd, sauf que cet entre deux s’avère davantage être une forme de non choix et pénalise l’ensemble. Avec autre problème, une véritable difficulté pour entrer en empathie avec les personnages, dans un récit parfois un peu tortueux car si multiple. Par séquence, on y arrive, avec quelques scènes quand même qui nous tiennent en haleine.

Au casting, Penélope Cruz fait au final une apparition plutôt furtive dans le rôle d’une danseuse de cabaret. Tandis que Glenn Close tient bien sûr le rang, mais sans non plus avoir un rôle qui prête à de l’inoubliable. Qu’il s’agissent de Guitarricadelafuente dans le rôle de Sebastien, de Carlos González dans le rôle d’Alberto et de Miguel Bernardeau dans celui de Rafael, c’est un engagement total des trois, avec une sensibilité forte notamment pour le premier nommé, qui prend la lumière avec beaucoup de présence. Au final, La Bola Negra souffre d’une forme de lourdeur du dispositif qui peut nuire au propos, et qui offre un film par toujours très cohérent. Il n’empêche que c’est du grand cinéma, et qu’il sera particulièrement marquant pour quiconque entrant dans ces histoires.

Titre Original: LA BOLA NEGRA
Réalisé par: Javier Calvo, Javier Ambrossi
Casting : Guitarricadelafuente, Miguel Bernardeau, Penélope Cruz …
Genre: Drame
Sortie le : Prochainement
Distribué par: Le Pacte

BIEN
Catégories :Critiques Cinéma, Festival de Cannes 2026, Les années 2020









































































































































