

SYNOPSIS : Juin 1940. La France s’effondre et signe l’armistice. Au milieu du chaos, un homme refuse de céder. Seul contre tous, ce général inconnu s’échappe vers Londres pour sauver ce qu’il reste d’un rêve : la liberté. Sans armée, sans appui, sans espoir. Mais avec une folle conviction : la France, sa France, n’a pas déposé les armes. Il tente un ultime pari : convaincre le monde que la bataille de France n’est ni terminée, ni perdue. La réalité est têtue, et lui donne tort. Mais peu à peu se lèvent autour de lui en Angleterre, en France et en Afrique des résistants de l’ombre, des lycéens révoltés, des soldats déterminés. Leur foi, leur audace, leur rage de liberté défient l’Histoire qui semblait pourtant écrite d’avance.
La bataille de Gaulle : L’âge de fer d’Antonin Baudry, déjà bien remarqué avec son premier long métrage Le chant du loup en 2018, s’annonce comme l’un des événements majeurs du cinéma français cette année. Présenté en Sélection Officielle, Hors Compétition de ce festival de Cannes 2026, il est le premier volet d’un diptyque historique voulu comme assez majestueux pour cette superproduction à la Française. Adapté de l’ouvrage de référence de l’historien Julian Jackson, le film se concentre sur le tournant de juin 1940 et ce moment où un général alors inconnu refuse l’armistice et s’envole pour Londres, porté par la conviction alors très solitaire que la France n’a pas encore perdu la partie. Un point de vue sans doute assez différent sur De Gaulle, avec cette difficulté à installer la France libre, vu de Londres, et qui va s’intéresser à la vie du général dans la capitale britannique. Point de vue rare.

Le casting est quand même un peu fou, avec Simon Abkarian, Benoît Magimel, Niels Schneider, Anamaria Vartolomei, ou encore Mathieu Kassovitz. Clairement, La bataille De Gaulle est le grand spectacle attendu. C’est une puissante fresque, redoutable, magistrale et efficace à souhait. Fascinante grande histoire, autant que les petites, qui la nourrissent. « Ce que signe Pétain n’engage pas la France« . « Je suis De gaulle, je suis la France » ou encore « Mieux vaut la mort que la capitulation« . Tout le film est là, et si on savait que ce combat n’était pas gagné d’avance, il est ici disséqué, et c’est passionnant. Du romanesque à tiroirs, car tant d’histoires dans l’histoire nous sont racontées avec minutie dans le propos et talent dans la mise en scène. La relation De Gaulle/Churchill à elle seule est totalement pépite.
– « Vous êtes seul Général »
– « Nous sommes seuls Winston«
Ces moments entre le grand échalas De Gaulle, coincé et raide face à Churchill tout tassé, en rondeur et lapidaire sont épiques. Ils incarnent tous les deux comme l’ensemble de leur pays, et sont habités par la fonction, la mission. Le propos toujours chevrotant, majestueux face à la faconde décalée et cash offrent de grands moments d’histoire autant que de cinéma. Une rencontre folle, en tensions, avec des colères parfois ingérables. Mais avec à cœur et en commun la défense de l’honneur et de la liberté. Deux intarissables audaces, et quelque part deux romantismes. « A l’Angleterre la force, à la France le verbe » dira le Britannique au Français dans leur savant jeu de pouvoirs.

C’est toute la difficulté du Général à faire entendre sa voix, après son appel. Certaines huiles bien planquées à l’ombre et à Londres qui osent parler d’indignité concernant De Gaulle. Histoire d’hommes qui se trompent ou encore la honte sur la honte. Peu de partisans de la France libre au début, ce n’est rien de le dire. Les bataillons sont maigres ou même imaginaires et avec des épées en bois. Sauf qu’un homme se lève, se dresse. De Gaulle c’est une carcasse, un aigle majestueux. Pour autant, jamais le film ne verse dans la glorification facile. Ceci n’est pas un biopic. Tant De Gaulle est aussi gentiment moqué sur ses manières, sa posture, sa démarche, son intransigeance. Le revers de la médaille de cette fascinante détermination. C’est surtout le portrait d’un homme en lutte. Mais on le voit aussi dans des moments savoureux et des plans audacieux notamment sur le sol africain. Face à la prolifération des moustiques, réponse du général à ceux qui veulent l’en préserver : « Les moustiques ne piquent pas De Gaulle« . Devant La bataille De Gaulle, on vibre et dès fois on se marre. Il y a le De Gaulle extérieur et nous avons aussi ici accès à son intériorité. Passionnant, encore. Les français parlent aux français. Mais à Dakar, c’est les français qui tirent sur les français. Enfin, l’amiral Darlan qui tire sur De Gaulle. Ce dernier se refusera de rétorquer au risque de tout perdre. Un peu plus tard, le sort de la France libre, donc de la France va dépendre d’une averse de pluie au Cameroun. Nous sommes en effet dans un film de guerre, aussi bien dans les salons où l’on dessine les stratégies que sur le terrain. Où les héros anonymes défendent la patrie dans le feu, la poussière et le sang. L’erreur de ne pas montrer n’est pas commise dans ce premier opus de La bataille De Gaulle.

La mise en scène est puissante et grandiose. Elle est ponctuée par des images d’archives qui ancrent toujours plus le film dans son récit et nous offrent une immersion toujours plus forte et authentique. On avait beaucoup aimé Bernard Farcy et Lambert Wilson dans leurs respectives interprétations de De Gaulle, mais là… Quel numéro de Simon Abkarian. Il n’imite jamais, il incarne tout le temps. Un engagement total, saisissant et même troublant. Simon Russel Beale joue exactement dans la même cour, en interprétant Churchill et c’est un bonheur infini. Leur duo nous donne une sacrée clé de compréhension. Benoit Magimel est emporté dans la détermination lui aussi. Mathieu Kassovitz est abominablement froid et implacable. Une des rares erreurs de De Gaulle aura été de penser, notamment à l’heure des traitres et autres résistants de la dernière heure que l’histoire retiendrait, que lui le Général et les siens, n’étaient qu’une poignée de fous. Alors qu’à chaque seconde, il entre dans l’histoire, ce que démontre magistralement cette première partie. On attend la deuxième, J’écris ton nom avec déjà une folle impatience !!

Titre original : LA BATAILLE DE GAULLE : L’AGE DE FER
Réalisé par: Antonin Baudry
Casting: Simon Abkarian, Simon Russell Beale, Florian Lesieur…
Genre: Historique, Thriller
Sortie le: 3 juin 2026
Distribué par : Pathé Films

EXCELLENT
Catégories :Critiques Cinéma, Festival de Cannes 2026, Les années 2020








































































































































