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THE ENGLISH (Critique Mini-Série) Une belle petite découverte qui se dévore aisément…

SYNOPSIS : États-Unis, 1890. À la recherche de l’homme qu’elle tient pour responsable de la mort de son fils, Cornelia Lock part pour l’Ouest sauvage. Cette aristocrate anglaise croise alors la route d’Eli Whipp, Amérindien Pawnee et ancien éclaireur de cavalerie. Ils vont chevaucher ensemble, traversant des territoires violents, construits sur des rêves… et du sang. Cornelia comme Eli ont une idée précise de leur destin, mais ignorent qu’il est ancré dans un passé commun. Leur route est longue et les obstacles nombreux, comme autant de défis physiques et psychologiques à relever. Mais chaque épreuve surmontée les rapproche de leur destination : Hoxem, nouvelle ville du Wyoming. C’est là, alors que le shérif de la ville enquête sur une série de meurtres, qu’ils vont comprendre que leurs histoires sont intimement liées. Le temps est maintenant venu, pour eux, de faire face à leur avenir.

Bienvenue dans l’Ouest sauvage au sein de la mini-série américaine The English avec Emily Blunt et Chaske Spencer en têtes d’affiche. Cornelia Locke (Emily Blunt) quitte l’Angleterre bien déterminée à se venger de l’homme qu’elle considère comme responsable de la mort de son fils. Malheureusement pour elle, elle se retrouve vite prise au piège de la brutalité ambiante et des exactions qui parsèment les terres. C’est au cours de ce périple qu’elle fait la rencontre d’Eli Whipp (Chaske Spencer) issu du peuple Pawnee et ancien éclaireur dans la cavalerie américaine. Les deux comparses d’infortune vont vite se trouver une complicité et surtout une raison de rester ensemble pour accomplir une quête commune. La série s’empare du genre western en proposant de grandes étendues peuplées de personnages impitoyables et cruels où chaque vie peut être sacrifiée pour le vol d’une sacoche, par racisme primaire ou même juste par envie. Le voyage est-il à la hauteur de ses ambitions ?




Le pilote de The English est extrêmement convaincant et ce à tous les niveaux. On se retrouve immédiatement happés dans l’ambiance de ces terres sauvages via un casting imposant, des protagonistes attachants, des personnages secondaires distinctifs et malsains ainsi que des décors naturels magnifiques. Même le générique de la série est superbe, porté par un incroyable morceau de Federico Jusid que nous avons à date déjà bien saigné lors de nos multiples écoutes. Les minutes d’ouverture sont aussi assez jolies à découvrir, avec des premières lignes de dialogue à fleur de peau et bien écrites. On se dit alors que The English va nous en mettre plein les yeux et les oreilles et que la quête des protagonistes regorgera d’émotion. A la fin de son premier épisode le show avait tous les ingrédients pour devenir une grande mini-série.




Au final The English ne remplit qu’à moitié ses promesses du fait d’une narration parfois un peu étrange et aléatoire. Six épisodes c’est certes peu pour raconter quelque chose mais la série prend son temps et confirme que le problème ne vient pas forcément de son format mais plutôt de son écriture. Cornelia montre rapidement qu’elle est finalement pleine de ressources, qu’elle n’est pas venue dans les terres sans avoir déjà quelques précieuses compétences à son actif (comme le tir à l’arc), son évolution est donc moins fulgurante que son adaptabilité dans cette nouvelle vie, c’est ici où se situe l’enjeu mais il manque un peu de naturel. La notion du temps n’est par exemple pas très bien gérée, les personnages étant toujours en train de faire des déplacements extrêmement longs en vitesse éclair. Le fait de ne pas ressentir le temps qui passe atténue donc déjà un peu le ressenti global. Au même titre que l’évolution des personnages qui manque de sincérité. Oui Cornelia a un grand objectif à atteindre mais avant cela plusieurs quêtes secondaires pullulent. Et ces dernières nuisent davantage, en termes de ressenti, au développement de sa complicité avec Eli alors que paradoxalement elles sont supposées forger leur relation. On se retrouve donc avec deux personnages qui parlent, qui apprennent à s’apprivoiser, sans que cela ne soit forcément touchant outre-mesure mais plutôt assez mécanique. Même si l’histoire est attendrissante sur le principe et que nous avons de l’empathie pour les personnages principaux, avouons que tout cela est parfois étrangement raconté.



Le voyage proposé est toutefois agréable et immersif à sa manière. Nos deux héros vont rencontrer un certain nombre de péquins assez méprisants qui vont leur donner du fil à retordre et proposer par la même occasion quelques moments de bravoure dont le téléspectateur se délectera. The English a donc une évidente faculté à créer un contexte anxiogène pour ses personnages tout en proposant des adversaires à l’allure immédiatement reconnaissable et presque systématiquement effrayante. On aurait parfois aimé s’attarder davantage sur chacun d’entre eux puisque dans les faits ils se révèlent surtout être des mini-boss à expédier avant le boss de fin.




The English est donc une belle petite découverte qui se dévore aisément. On ne s’ennuie jamais et on s’attache instinctivement aux personnages principaux portés par deux interprètes qui crèvent l’écran. Elle passe toutefois largement à côté de la possibilité de devenir une série incontournable du fait d’une narration un peu balbutiante, de personnages secondaires superficiels (en dehors des bad guys) et de parti pris qui la desservent. Elle ne perd néanmoins jamais de vue son cap jusqu’à une conclusion un peu plate, encore une fois trop mécanique, mais tout de même satisfaisante. A découvrir sur Canal +.

Crédits: Canal+

 

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