Critiques

DJANGO (Critique Saison 1) Ca flingue, mais ça cogite !!

SYNOPSIS : Far West, dans les années 1860 – 1870. Hanté par le meurtre de sa famille huit ans plus tôt, Django continue de chercher sa fille, s’accrochant à l’espoir qu’elle ait pu survivre au massacre. Il est abasourdi de la retrouver à New Babylon, sur le point d’épouser John. Convaincu que la ville est menacée, Django est inflexible : il ne prendra pas le risque de perdre sa fille une nouvelle fois.

Trois réalisateurs différents pour cette création originale de Canal + avec Francesca Comencini pour les épisodes 1 à 4, David Evans pour les épisodes 5 à 7 et Enrico Maria Artale pour les trois derniers. Au-delà de l’adaptation très libre de Django, western culte signé Sergio Corbucci en 1966, l’idée de départ est comme de réaliser un western inclusif, introspectif et féministe avec des personnages qui tout en flinguant comme il se doit, n’ont pas de honte à mettre leurs sentiments sur la table. Ce qui est flagrant dans Django et qui surligne une intrinsèque qualité c’est cette place faite à l’esthétisme. Il est partout. Autant dans les scènes d’ultra violence, et il en existe quelques-unes, que dans les plans plus feutrés d’interaction prenante entre les personnages, vu les liens qui va les unir. C’est autant le sang que les émotions qui sont omniprésents, qui s’entremêlent. Cette alternance est vertueuse, car elle est comme fluide, naturelle. On se situe dans une forme de croisement entre Léone et Tarantino. Sans arriver au génie des deux susnommés, on s’éclate total pour autant. Ça pisse le sang, mais pas tout le temps, ça foisonne, ça explose, et clairement, nous on jubile.

Le premier épisode au-delà de classiquement poser le décor, installe aussi la dramaturgie et plante sournoisement ses griffes dans notre compartiment neuronal de l’addiction. L’intensité est au sommet dans l’épisode deux… L’utilité des flash-backs est manifeste et permet de s’inscrire avec toujours plus de sens et de passion dans le présent. C’est du western goût spaghetti mais revisité façon resto étoilé. Les chevauchées sur les plaines sont forcément fantastiques, la caméra qui s’inspire d’illustres pairs réussit à devenir imaginative et nous ballade, nous trimballe, dans une mise en scène jamais convenue, souvent étonnante, en tout cas qui donne un rythme effréné, sans être suffocant. De la grande réalisation pour une création originale, ça devient une marque de fabrique, on en redemande.

C’est costaud, prenant, ça flingue à tout va, mais ça cogite sévère sous les chapeaux, c’est du lourd. Les duels sont fratricides, ou bien plus que le risque de mourir se joue : « Ce n’est pas la première fois que le mort me semble la meilleure option ». Plus important, on parle dans Django de passion, d’honneur, de vengeance, de paternité, d’identité. Plus on avance, plus la série devient une véritable variation sur la force des émotions, sur la beauté des rêves. Le casting est clairement aussi puissant que tout ce qui touche à cette série. Matthias Schoenaerts est un Django complètement envoutant. Son petit regard en coin caché sous les cheveux dégueux du cow-boy solitaire est à tomber. Il n’est pas le super héros incassable où la moindre balle de son colt extermine celui à qui elle est adressée. Il prend des coups, et juste sait bien les rendre. Il est dans cette posture parfois même un peu attentiste, neutre. Django n’est pas LE héros de la série qui porte son nom. Simplement, c’est le parcours d’un homme, un destin forcément tourmenté, que l’acteur sait camper avec autant de force que d’authenticité.

Dans la même veine, Lisa Vicari dans le rôle de Sarah est juste merveilleuse de vérité. Sa justesse dans le moindre de ses battements de cils est juste prodigieuse. Ce rôle de femme forte dans un corps frêle, ne tombe jamais dans les clichés, et l’actrice alterne pour notre plus grand plaisir de multiples facettes. Elle cherche à s’émanciper d’un tragique trauma originel, et la douleur se lit sur le visage de la comédienne. Enfin, Nicholas Pinnock dans le rôle de John Ellis est tout aussi convaincant que ses camarades, dans l’expression de son utopie contrariée, il est un parfait chef de meute. Fort et juste là aussi. Et si dans Django, la violence, la poussière, les chevaux, le western, n’étaient pas finalement des prétextes pour nous dire au regard du projet initial de New Babylon, à quel point c’est si dur de bâtir le monde dont on rêve, et que chaucun-e- devra tenter de trouver sa liberté, quête universelle.

Crédits : Canal+

 

 

1 réponse »

  1. Je ne comprends même pas l’extase de votre chronique sur cette série ? C’est très mal joué, des plans rapprochés de regard interminable, des scènes hubuesques, on se demande on on est (musique d’Édith Piaf dans un bordel en 1870 ?) , Franchement c’est d’une nullité affligeante, rien n’est bon de quels acteurs que ce soit, c’est une série Z, on est très très loin d’une série comme 1883 par exemple.

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