Critiques Cinéma

SIN CITY (Critique)

SYNOPSIS: Sin City est une ville infestée de criminels, de flics ripoux et de femmes fatales. Hartigan s’est juré de protéger Nancy, une strip-teaseuse qui l’a fait craquer. Marv, un marginal brutal mais philosophe, part en mission pour venger la mort de son unique véritable amour, Goldie. Dwight est l’amant secret de Shellie. Il passe ses nuits à protéger Gail et les filles des bas quartiers de Jackie Boy, un flic pourri, violent et incontrôlable. Certains ont soif de vengeance, d’autres recherchent leur salut. Bienvenue à Sin City, la ville du vice et du péché. 

En avril 1991, l’auteur de comics, Frank Miller qui a déjà participé à des œuvres comme Daredevil ou encore Batman : Dark Knight, sort le premier de ses 7 tomes de la saga Sin city, qui le propulsera encore plus sur le devant de la scène du neuvième art, et qui attisera la convoitise de quelques noms du cinéma, notamment le réalisateur mexicain Robert Rodriguez. Celui-ci, avant de mettre entre parenthèse son gout prononcé pour la violence et de réaliser les trois premiers volets de la saga Spy Kids, avait été révélé au monde avec les deux premiers opus de sa trilogie El Mariachi puis par Une nuit en Enfer et The Faculty. Lui qui a toujours été fan de la bande dessinée Sin City rêve de pouvoir la transposer sur grand écran, mais son auteur Frank Miller ne désire pas voir son œuvre adaptée au cinéma. Pour le convaincre, Robert Rodriguez tourne en une journée, une scène « test » avec Josh Harnett et Marley Shelton, Frank Miller adora cette scène et donna alors son accord pour lancer l’écriture du scénario, Cette scène sera d’ailleurs également conservée et fera même l’ouverture du film. Sin City est principalement tiré des tomes Le grand carnage, Sin City et Cet enfant de salaud, chacune des histoires étant plus ou moins autonome. Pour y être le plus fidèle possible, le film est découpé en 3 parties bien distinctes, qui ne se croisent pas forcément mais qui sont liées soit, par un personnage, un détail important ou ne serait-ce déjà que par la ville où elles se déroulent.



On y découvre une histoire impliquant Bruce Willis incarnant un flic proche de la retraite qui se bat pour retrouver une fillette retenue en otage par un pédophile (Nick Stahl). Une seconde histoire nous montre Mickey Rourke se réveillant à côté d’une prostituée morte (Jaime King). Par soucis de vengeance, il va mener l’enquête pour découvrir le meurtrier. La dernière histoire nous présente un Clive Owen aux prises avec un flic violent (Benicio Del Toro) qui va perturber le délicat rapport de force négocié entre la police et la chef des prostituées de la ville (Rosario Dawson). En parallèle de ces trois histoires, on trouve le fil rouge, l’élément qui relie plus ou moins le tout : La corruption. Celle-ci est très profonde dans la ville et implique notamment un sénateur (Powers Boothe) dont le fils est non seulement le pédophile mais aussi le fameux « Yellow Bastard ». Le film nous dépeint un monde en noir et blanc, en prenant soin de faire apparaitre la couleur seulement pour le sang, les yeux de couleur verte, ainsi que les cheveux et le « bâtard » en jaune.


On y découvre des dialogues acerbes dans un univers malsain, sombre et empreint de sadisme. Visuellement le film utilise un style roman graphique ce qui instaure une ambiance et une atmosphère très sombre, jouant avec une profondeur intense. La réalisation étant entièrement numérique (hormis les acteurs, évidemment), ce fut un énorme risque, qui aurait pu laisser présager une catastrophe. Heureusement il n’en est rien, c’est une réussite totale, le rendu final nous offre un exercice de style éblouissant. Il y a dans ce film une véritable violence qui nous rappelle l’univers de Quentin Tarantino, celui-ci n’est d’ailleurs pas étranger au film, puisqu’il est crédité en tant que coréalisateur. Venu passer un jour sur le tournage il en a profité pour diriger une scène, celle avec entre Clive Owen et (une partie de) Benicio Del Toro dans la voiture. Le réalisateur de Pulp Fiction toucha un dollar pour la réalisation de cette scène. Il a en quelque sorte rendu la pareille à son ami Robert qui avait composé une musique pour Kill Bill Volume 2 pour un dollar également. Frank Miller est également crédité comme coréalisateur, tout d’abord parce que ses bandes dessinées agissent essentiellement comme les story-boards qu’il a réalisé et parce qu’il était sur le plateau tous les jours, interagissant avec les acteurs. Pour lui permettre d’apparaitre au générique, Robert Rodriguez n’a pas hésiter à quitter le syndicat professionnel The Directors Guild of America.



Toujours à un rythme électrique, mêlant virilité brutale et intelligence stratégique, il y a un savant mélange dans des dialogues décalés et animés par la folie de chacun dans sa quête personnelle, souvent déjantée, parfois sensuelle, très violente et surtout fascinante. Que ce soit Marv adepte de l’ultra violence pour se venger du meurtre de Goldie, le personnage sombre de Dwight qui doit résoudre les problèmes liés au meurtre de Jackie Boy, ou encore ce vieux policier Hartigan désirant sauver la tendre Nancy. L’usage de la voix off par le personnage principal de chaque morceau d’histoire, nous permet de comprendre pleinement son ressenti, ses sentiments et ses intentions. Les bandes dessinées ont tendance à exagérer les traits de leurs personnages et Sin City n’échappe pas à cela, les hommes sont dépeints comme excessivement machos et violents, les femmes comme des prostituées et des strip-teaseuses moralement douteuses, servantes et souvent victimes, mais elles sont également vues comme des déesses guerrières, magnifiques et lumineuses. Robert Rodriguez a fait le choix de conserver chacun de ces traits pour être le plus fidèle. Il a réuni un excellent casting avec des acteurs qu’on ne présente plus, Bruce Willis, Rosario Dawson, Clive Owen, Jessica Alba (entre autres) et Mickey Rourke dans un rôle qui lui va comme un gant. Tout ce beau petit monde s’en donne à cœur joie sur un fond musical de John Debney et Graeme Revell. Robert Rodriguez nous plonge avec cette adaptation dans l’enfer sordide et fébrile de Sin City et nous offre un tumulte de violence extravagante, de représailles et de terreur.

Titre Original: SIN CITY

Réalisé par: Robert Rodriguez, Frank Miller, Quentin Tarantino

Casting : Bruce Willis, Rosario Dawson, Clive Owen …

Genre: Action, thriller, policier

Sortie le : 1er Juin 2005

Distribué par: Pan Européenne Edition

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