Critiques Cinéma

BABYLON (Critique)

SYNOPSIS: Los Angeles des années 1920. Récit d’une ambition démesurée et d’excès les plus fous, BABYLON retrace l’ascension et la chute de différents personnages lors de la création d’Hollywood, une ère de décadence et de dépravation sans limites. 

Avec Whiplash et La La Land, on a aimé le cinéma de Damien Chazelle avec une force et une déraison que seules génèrent les grandes histoire d’amour. Si, malgré ses immenses qualités, First man était moins immédiatement aimable et si sa tentative sérielle avec The Eddy était très en deçà de nos attentes, l’envie et l’excitation que ses nouveaux projets provoquent n’ont pas bougé d’un iota. Aussi, quand Babylon s’est avancé avec son casting de feu, son sujet en or et ses promesses de provocation et de stupre, nous étions déjà acquis à sa cause avant d’en avoir vu la moindre image. Et force est de constater que Damien Chazelle frappe à nouveau fort. Très fort. Avec ce mastodonte de plus de trois heures, trip musical et incontestable rollercoaster, le réalisateur franco-américain nous convie à une véritable expérience, qui, qu’on l’aime ou pas, ne peut en tout cas pas laisser insensible. En plongeant dans les coulisses du cinéma des années 20, l’âge d’or des studios et du cinéma muet, des stars qui se font et se défont au gré des exécutifs qui n’ont d’yeux que pour la nouvelle superstar qui entérinera leurs positions privilégiées puis en racontant le glissement progressif vers le cinéma parlant, Damien Chazalle signe un film étonnant de modernité et véritable lettre d’amour au septième art dont il a beau raconter les frasques mais qui n’en demeure pas moins un regard enamouré pour une époque incroyable.  Dans Babylon, Chazelle raconte ce temps où tout était possible à Hollywood, où se faire une place au soleil n’avait rien d’infaisable mais où le miroir aux alouettes pouvait aussi vous avaler et vous recracher tout aussi vite. Un monde en coulisses totalement dépravé où les scandales étaient légion et où la passion des artistes qui étaient aux manettes était proportionnelle à leur tendance auto-destructrice et dépourvue de la moindre once de moralité.

Chazelle ne se contente pas de filmer cette décadence, il montre aussi le cinéma en train de se faire, les tournages faits de bric et de broc, les films faits simultanément sur d’immenses plateaux, une frénésie de création qui n’était pas encore régulée de manière industrielle et qui se rapprochait plus d’un artisanat, jusqu’à ce que l’arrivée du parlant ne redistribue totalement les cartes et la place des stars établies, bientôt rangées au rang de vieux souvenirs. Babylon est un film fou et démesuré mais qui dégage aussi par moments autant une fantaisie débridée qu’un mauvais goût patent tout en se permettant également d’exhaler une mélancolie poignante. La grande force de la dynamique mise en scène de Damien Chazelle est de vous propulser dans l’usine à rêves et à cauchemars de l’époque avec le sentiment quasi non stop de se trouver dans le tambour d’une machine à laver d’où l’on ressortirait totalement essoré. Car Babylon est aussi épuisant qu’enthousiasmant, aussi étonnant que grandiloquent, aussi subversif que pathétique, aussi cynique que drôle, aussi cruel que démonique et a le mérite de faire passer par toute la gamme des sentiments durant ses plus de trois heures de projection qui passent en un éclair. Un film comme une piqure d’adrénaline qui vous fait dresser les cheveux sur la tête, une œuvre dingue qui fait passer par tous les états.

Babylon tutoie le cinéma, ne craint pas les excès délirants et le rythme tonitruant, il parle autant en creux des stars de l’époque et évoque clairement le classique de Stanely Donen, Chantons sous la pluie lors de son dernier tiers. Le film raconte le star-system, les espoirs, la vanité, la tentation, les excès et les dérives avec un enthousiasme et une pêche qui vous électrisent littéralement. Que ce soit cette intro où il est question d’un éléphant à transporter, des stars ou des films évoqués avec un amour du cinéma constamment palpable, de cette séquence surréaliste dans des sous-sols improbables, Babylon est un film incroyable. Bien sûr tout le monde ne sera pas sensible à cette évocation pleine de bruit et de fureur, certain.e.s seront peut-être même outrés de ce déballage parfois borderline, mais comment ne pas tomber sous le charme vénéneux d’un Brad Pitt irrésistible et d’une Margot Robbie on fire qui n’en finit pas de nous émerveiller.

Comment ne pas être séduit par le très bon Diego Calva en insider dépassé par les évènements ou par les trajectoires des personnages incarnés par Li Jun Li et Jovan Adepo? Et enfin comment ne pas être complètement happé par la composition de Justin Hurwitz qui épouse totalement le propos de son complice Damien Chazelle avec une bande originale qui fera date. Bourrée de surprises et d’idées ébouriffantes, assumant autant sa grandiloquence que l’amertume qu’il finit par dégager au final, Babylon est un shoot ascensionnel phénoménal qui permet à Damien Chazelle de signer une fresque étourdissante sur le cinéma et les outrances d’Hollywood où les incroyables Brad Pitt et  Margot Robbie sont les symboles d’une chute inéluctable. Grandiose jusqu’à la démesure.

Titre Original: BABYLON

Réalisé par: Damien Chazelle

Casting : Brad Pitt, Margot Robbie, Diego Calva …

Genre: Historique, Drame

Sortie le : 18 Janvier 2023

Distribué par: Paramount Pictures France

TOP NIVEAU

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s