Critiques

HUNTERS (Critique Saison 2) Un Western international qui questionne la vengeance et la justice sous toutes leurs formes…

SYNOPSIS: En 1977 à New York, une bande de chasseurs de nazis découvre que des centaines de hauts dignitaires du régime déchu vivent incognito parmi eux et complotent pour instaurer un IVe Reich aux États-Unis. L’équipe hétéroclite de Hunters se lance alors dans une sanglante quête visant à faire traduire ces criminels en justice et à contrecarrer leur projet de génocide. 

Après une pause de 3 ans hors des écrans, la chasse aux nazis d’Amazon Prime est à nouveau ouverte. Imaginée par David Weil sous la production de Jordan Peele, Hunters présentait au cœur de sa première saison une revisite historique de l’Opération Paperclip via le prisme d’un jeune orphelin juif recueilli par un riche survivant des camps qui va l’initier à la traque aux nazis. A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, l’Amérique a accueilli sur son territoire des scientifiques, militaires et autres hauts-dirigeants de l’Allemagne Nazie, dans l’optique de s’approprier les avancées technologiques du 3e Reich et d’empêcher leur éternel rival, l’URSS, de s’octroyer ce pouvoir. Une Opération qui a permit une implantation nazie dans toutes les strates de la société américaine au moment où la série débute, à la fin des années 70. Jonah vient de perdre sa tante, la seule famille qui lui restait, et se retrouve recueilli par le riche et influent Meyer Offerman, qui lui ouvre les portes de sa Famille : une troupe hétéroclite de chasseurs de nazis, où l’on retrouve pêle-mêle une nonne, un acteur has-been ou un couple âgé spécialisé dans les explosifs. Une belle troupe aussi pop et absurde que l’univers dépeint dans Hunters, qui mélangeait dans sa première saison le récit initiatique, le comic book movie, le drame historique et la série policière, par le personnage de Millie, agent du FBI qui chasse les chasseurs. Au fil de ses épisodes, Hunters a révélé tant d’humour délicieusement noir, de séquences génialement référencées, d’action jouissive et sanglante au possible, de parodies drôles à souhait et d’émotion frappante. Une saison 2 était à prévoir, et ce en plus d’un cliffhanger qui aura hérissé les poils des fans en toute fin de parcours, lorsque le big bad ultime de la série se dévoile à moitié autour d’une table, et que les théories fusent alors sur la direction que va prendre la suite.



Nous sommes désormais 3 ans plus tard. Dans la vraie vie, mais aussi dans la série. Pendant ce laps de temps, les Hunters ont sillonné l’Europe à la poursuite de survivants nazis, avant de brusquement se séparer après un drame. En 1979, Jonah – qui va par le prénom Sam – a gagné autant en assurance qu’en pilosité faciale, et s’est installé à Paris avec sa fiancée Clara, à qui il cache tout de ses petites escapades nocturnes à la pêche aux infos nazis. Lorsqu’il est mis sur la piste du big bad à la source de tous leurs maux (dont vous pouvez deviner l’identité aisément même sans avoir vu la saison précédente), Jonah retourne en Amérique pour s’associer avec Millie dans la quête d’une vie. La vengeance de tout un peuple en tête, le duo réunit à nouveau l’équipe, avant de tomber sur l’intrigante et familière Chava (la nouvelle recrue du show Jennifer Jason Leigh) qui poursuit le même objectif qu’eux…



On prend les mêmes et on recommence… Ou pas vraiment, en fait. Hunters poursuit son bout de chemin avec une saison 2 en forme de saison finale, proposant de conclure tous les arcs narratifs entamés dans sa première salve d’épisodes. A la différence près que cette fois, c’est Jonah qui se retrouve à la tête de l’équipe, la place laissée par Al Pacino en fin de saison dernière ayant été laissée vacante. Mais pas de panique, le comédien est bel et bien de retour dans ces nouveaux épisodes, reprenant son costume double facettes de Meyer Offerman qui revient sur les origines de la formation des Hunters plusieurs années en arrière. En 1979, la série prend une tournure beaucoup plus mature, presque plus sombre à la lisière du thriller policier, où la traque nazi va se généraliser dans un écrin géopolitique. Exit les métaphores de partie d’échec de la première saison, nous sommes désormais sur un plateau de Risk, séparé entre l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Amérique du Sud. Hunters voyage beaucoup dans ces nouveaux épisodes, et pour cause : il faut aller vite, parce que la série doit se boucler à la fin du 8ème épisode.



Pour cette clôture, David Weil a prévu un polar international qui se sépare beaucoup de l’aspect pulp qui faisait l’identité première de la saison 1, au profit d’un propos bien plus direct. On suit alors la ligne d’indices récoltées par l’équipe pour localiser son antagoniste (très solidement incarné par Udo Kier) à travers le monde, et qui les mènera en fin de parcours à deux épisodes très singuliers qui visent avec une grande précision l’ambition première de la série. Dans son épisode 7, Jonah nous présente une histoire dans l’histoire, génialement contée. Un couple de personnes âgées, pendant la Seconde Guerre Mondiale, reçoit la visite d’une brigade SS à la recherche de familles juives – et enclenchent une série d’évènements tragiques, de révélations flamboyantes et d’action complètement délurée. Son final sanguinolent façon Maman, j’ai raté l’Avion donne à cet épisode riche en rebondissements une vraie identité qui tranche avec le reste de la saison pour mieux se lier avec dans ses plans finaux. C’est ainsi que l’épisode final, le huitième, propose d’emmener l’uchronie d’Hunters encore plus loin pour un évènement historique et propice à de nombreuses explorations thématiques. En revenant à son point de départ – aux Etats-Unis – pour faire le bilan du monde et rendre justice aux victimes du régime nazi, David Weil propose un final très juste et particulièrement bien amené, proposant à des personnages secondaires de prendre la vedette quelques temps afin d’honorer les mémoires des défunts et de questionner les devoirs des générations suivantes. Si cette saison manque un peu le coche en ce qui concerne le traitement de ses personnages principaux (à part Jonah et Millie, les autres font simplement acte de présence), Hunters saison 2 finit sur les chapeaux de roue avec un final particulièrement intéressant qui trace sa propre route au-delà des références pop-culturelles saisies par la première saison. Plus sérieuse, plus sombre, plus adulte : quelque part, le ton d’Hunters reflète la personnalité de son protagoniste. Jonah était un ado passionné par les super-héros qui apprenait à mener sa nouvelle – et violente – vie ; il est désormais un leader malgré lui, profondément traumatisé par des évènements majeurs qui lui ont laissé un désir de vengeance profond. Logan Lerman est toujours au rapport, brillant comme à son habitude, au centre du casting originel qui se reforme autour de lui avec élégance (Jerrika Hinton, Carol Kane, Tiffany Boone, Josh Radnor, Kate Mulvany et Louis Osawa Changchien). Les bad guys sont toujours aussi savoureux et terrifiants – le Colonel campé par Lena Olin et le sadique salopard Travis Leitch incarné avec brio par Greg Austin – et apportent un contre-poids de luxe à cette saison 2. Le final d’Hunters n’est peut-être pas parfait, il reste néanmoins explosif, bourré d’action, de retournements de situation et de manipulations sordides. La chasse au nazi prend (presque) fin dans une dernière ligne droite qui évoque autant le devoir de mémoire que l’actualité politique terrifiante des Etats-Unis (la montée de l’extrême-droite et de certains groupuscules néo-nazis). Hunters saison 2, c’est un Western international qui questionne la vengeance et la justice sous toutes leurs formes, dans un cocktail enflammé et uchronique qui boucle très bien la boucle pour la laisser finalement encore plus ouverte…

Crédits: Amazon Prime Vidéo

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