Critiques Cinéma

SPIDER-MAN (Critique)

SYNOPSIS: Orphelin, Peter Parker est élevé par sa tante May et son oncle Ben dans le quartier Queens de New York. Tout en poursuivant ses études à l’université, il trouve un emploi de photographe au journal Daily Bugle. Il partage son appartement avec Harry Osborn, son meilleur ami, et rêve de séduire la belle Mary Jane. Cependant, après avoir été mordu par une araignée génétiquement modifiée, Peter voit son agilité et sa force s’accroître et se découvre des pouvoirs surnaturels. Devenu Spider-Man, il décide d’utiliser ses nouvelles capacités au service du bien. Au même moment, le père de Harry, le richissime industriel Norman Osborn, est victime d’un accident chimique qui a démesurément augmenté ses facultés intellectuelles et sa force, mais l’a rendu fou. Il est devenu le Bouffon Vert, une créature démoniaque qui menace la ville. Entre lui et Spider-Man, une lutte sans merci s’engage. 

L’année 2022, bien que rocambolesque, n’aura pas vu passer que des drames mais aussi de nobles anniversaires. Ce fut le cas de celui de Spider-Man, réalisé par notre éminent Sam Raimi, qui a fêté en juin dernier ses 20 ans. Une date qui ne nous rajeunit pas, nous qui l’avions découvert enfant au cinéma. Pour notre cercle, Spider-Man a toujours été un personnage à part depuis notre plus profonde jeunesse, principalement grâce à la série animée diffusée dans la seconde partie des années 1990 sur TF1. Puis est arrivé le long métrage de Monsieur Raimi qui signifie beaucoup de choses pour nous. C’est lui qui nous a fait investir dans nos premiers comics, poussés par la qualité du film qui nous avait mis des étoiles plein les yeux, puis amenés à faire l’acquisition de jeux vidéo (notamment The Amazing Spider-Man sur Game Boy et les Spider-Man sur PSone). Depuis, notre amour pour Peter Parker et Spider-Man ne s’est jamais éteint, bien au contraire. Nous avons continué à dévorer les comics et à découvrir de merveilleuses périodes sur notre tisseur préféré, y compris lorsque celui-ci était totalement réinventé (l’arc The Superior Spider-Man demeure pour nous l’un des meilleurs récits écrits à ce jour), à visionner diverses vieilles tentatives qui avaient de quoi laisser dubitatifs et qui mériteraient à elles seules leurs propres papiers en ces lieux (salutations à l’Homme Araignée de 1977), à aller voir les nouveaux opus post ère Raimi avec plus ou moins d’engouement et à découvrir des nouvelles propositions animées à la télévision jusqu’à se prendre une nouvelle claque, de nouveau au cinéma, avec Into the Spider-Verse. Lorsque nous contemplons notre collection, les trois films de Sam Raimi ont une place fédératrice qui se retrouve jusque dans la pluralité des supports acquis, ce qui est encore plus vrai pour le premier opus. VHS, DVD, Blu-ray…le film nous accompagne et nous accompagnera à n’en pas douter tout au long de notre vie. Parce que soyons lucides, hormis Spider-Man 2 de Raimi et dans son propre registre Into the Spider-Verse, personne n’a à ce jour mieux mis en valeur notre tisseur du Queens. 

Se replonger dans Spider-Man, même 20 ans plus tard (ce n’est pas comme si on ne le regardait pas presque tous les ans) a une saveur particulière lorsqu’il s’agit de prendre un peu de hauteur sur l’objet et l’influence qu’il représente. On se rend compte très rapidement d’une chose : il est toujours là. Dans le cœur des gens, dans l’imaginaire collectif, les opus de Raimi sont non seulement toujours une référence mais aussi toujours une histoire ouverte dont la page n’a jamais été tournée. Le fantôme du Spider-Man 4 que Raimi n’a jamais réalisé plane encore au-dessus des têtes et des esprits. On se surprend souvent à demander des nouvelles de Tobey Maguire (bientôt à l’affiche de Babylon de Damien Chazelle) comme si c’était un vieil ami qui se faisait trop rare dans les soirées bars ; on s’est longuement rongé les ongles tout en évitant les spoilers comme la peste noire les mois, les jours et les heures précédant le moment d’aller visionner No Way Home au cinéma et il n’est pas rare de demander ou de se voir demander si Tobey sera présent dans Across the Spider-Verse. Ou même de se dire « peut-être que Raimi va pouvoir faire son quatrième film maintenant qu’il a fait Doctor Strange 2« . Ça n’est pas fini. Peu de monde semble avoir envie que ça le soit un jour. Cette aura incroyable s’explique par un certain nombre d’éléments sur lesquels nous allons revenir, sans repartir d’une banale liste de radotage. En 20 ans tout a été dit sur cette pépite et un anniversaire c’est aussi et surtout l’occasion d’exprimer son amour. 

Si nous faisons le bilan, 2 décennies plus tard, Spider-Man version Raimi c’était avant tout une âme. Une candeur, un mal-être, une épopée, des drames toujours à taille humaine y compris et surtout dans l’extraordinaire. C’était avant que le marketing nous matraque bêtement via des affiches toutes dupliquées les unes sur les autres, agençant l’écriture de son personnage principal et de son univers en fonction des droits détenus par telle ou telle société. C’était une époque où nous pouvions nous mettre ce type de moments promotionnels sous la dent :

Vous en souvenez-vous ? Quel régal. C’était aussi et surtout un travail de réalisateur. Bien loin d’un Jon Watts interchangeable (No Way Home a entériné le fait que malgré les qualités du film, ce n’était pas sur sa réalisation qu’il fallait compter), Raimi nous a offert un Peter attachant et un Spidey qui arpentait réellement New-York via les fameuses rondes souvent incongrues du tisseur du quartier : un New-York incarné et fourmillant, que l’on ne retrouve plus maintenant hormis au sein de certains jeux vidéo qui le font plutôt bien lorsqu’ils ne nous noient pas de façon abusive sous des quêtes FedEx. Raimi a su où placer le curseur et ne l’a jamais perdu de vue, même lors de rapports conflictuels au cours du tournage du mal-aimé Spider-Man 3. C’est ce qui est extraordinaire : du fameux match de catch qui déclenche tout jusqu’à sa « conclusion » à la fin du troisième film, la trilogie ne se sera jamais perdue en route et aura toujours réussi à garder cette hauteur d’homme dans ses enjeux malgré la déferlante, toujours plus importante, de pouvoirs à l’écran. 

 

Spider-Man c’est aussi un casting. Des symboles incarnés par des visages qui 20 ans plus tard comptent et font toujours partie du paysage audiovisuel. Tobey Maguire, Kirsten Dunst, Willem Dafoe, James Franco (moins depuis les événements que nous connaissons malgré un projet annoncé dans lequel il incarnera Fidel Castro), J.K. Simmons, Elizabeth Banks…autant de noms (pour ne citer qu’eux) qui raisonnent encore pour la plupart d’entre eux à Hollywood. A contrario du modèle MCU (surtout depuis le déclin post Spider-Man Far From Home), les films de Raimi appartiennent à une ère où les Super-Héros pouvaient encore avoir leurs lettres de noblesse (alors que paradoxalement nous n’en étions qu’au balbutiement) et n’étaient pas apparentés à du pop-corn movie fast-foodesque où chacun va cachetonner. C’est peut-être aussi pour cela qu’on y tient à ce point : on aime ce qu’on a perdu et on ne pense pas le retrouver de sitôt…hormis peut-être en redécouvrant nos personnages quitte à être déçus comme ce fut le cas pour certaines personnes lors de No Way Home, plutôt encensé pour le traitement de ses Spider-Men, moins pour ceux de ses vilains (nous n’avons pas boudé notre plaisir malgré une réalisation au rabais). Les méchants parlons-en : c’est aussi à eux que l’on doit tant de succès (la naissance de l’homme sable, même au sein d’un épisode tourmenté, a marqué tout le monde) et c’est l’inoubliable Willem Dafoe en Bouffon vert qui a ouvert le bal ! « Au clair d’mon planeur, ma p’tite araignée, prête-moi ta toile, pour t’y étrangler ». Spider-Man version Raimi ne serait pas non plus le même sans les superbes musiques de Danny Elfman qui nous mettent un petit pincement au cœur dès qu’elles résonnent. 

Pour ses 20 bougies, le Spider-Man de Sir Raimi peut avoir l’esprit léger : il ne prend jamais d’âge. Aimé comme au premier jour, chacun l’attend presque comme une âme en détresse se languissant désespérément au port du retour de son âme-sœur : le monde a besoin de lui. Au cinéma certes mais peut-être qu’au fond ce qui nous manque aussi actuellement virevoltant au-dessus de nos têtes c’est bel et bien la petite araignée du quartier pour nous donner de l’espoir ? Et quoi de mieux qu’un peu d’espoir pour conclure cette année ?

Titre Original: SPIDER-MAN

Réalisé par: Sam Raimi

Casting : Tobey Maguire, Willem Dafoe, Kirsten Dunst …

Genre: Fantastique, Action

Date de sortie 12 Juin 2002

Distribué par: Columbia TriStar Films

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