Critiques Cinéma

GLASS ONION : UNE HISTOIRE A COUTEAUX TIRES (Ciritque)

SYNOPSIS : Direction la Grèce pour le célèbre détective Benoit Blanc, qui doit élucider un mystère entourant un milliardaire de la technologie et son groupe d’amis hauts en couleur.

Rian Johnson avait frappé un grand coup avec son génie créatif hilarant dans A couteaux tirés (2019). Netflix s’est à prix d’or récupéré les deux prochains épisodes des aventures de Benoit Blanc (Daniel Craig) avec Glass Onion donc, et un autre futur long métrage. Une approche mercantile qui pouvait nous faire craindre le pire, et pourtant avec ce Glass Onion, on récolte le meilleur.  Glass Onion, c’est tout de suite très inventif et assez génial. C’est un peu A couteaux tirés, mais de plein pied dans le 21ème siècle et c’est bien avec le mot oignons dans le titre, ce qui dit beaucoup de l’état d’esprit pleinement potache du film. Glass Onion étant également une chanson des Beatles (présente sur l’Album blanc en 1968). Le Cluedo, que pourtant Benoit Blanc dit détester, va s’installer mais sur un mode hyper high tech. Tout est d’emblée réuni pour nous faire comprendre que tout Benoit Blanc qu’il est, il risque d’avoir fort à faire face au supposé génie Miles Bron (Edward Norton) et ses ami-e-s tout aussi brillants que déjantés. Mais Benoit Blanc demeure ce génie mi Columbo, mi Sherlock Holmes, tout en décalage, qui use de « saperlipopette »… Si Glass Onion semble un tantinet moins feutré et cérébral que l’esprit du huis-clos absolu du premier opus, il se distingue par son aspect davantage glamour, mais toujours aussi élégant et jamais artificiel pour un sou. Le film ne tombe pas dans le piège du renouvellement de l’esthétisme, car il conserve les ficelles d’A couteaux tirés, tout en inscrivant sa singularité. Ce n’est pas A couteaux tirés 2, et c’est très bien ainsi. Miles Bron, dans la folie des grandeurs significative de certains ultra riches veut par sa dernière trouvaille, comme toucher l’immortalité de la Joconde, dont le patronage mystique est aussi déconcertant que d’imaginer Hugh Grant dans une apparition aussi furtive que complètement lunaire. Une suite qui est donc totalement à la hauteur, tant l’intrigue est multiple, prenante, mais accessible, haletante et cynique sur le pouvoir dégoulinant et ridicule de l’argent. Le style hyper décalé de Benoit Blanc, les vannes qui défilent et claquent, les boissons énergisantes alcoolisées à l’effigie de Jared Leto, le burlesque de répétition, foisonnent et rythment l’enquête rebondissante sur un mode déjanté et clairement jouissif. Le mise en scène est épique, spectaculaire et suit la frénésie de l’intrigue et des évènements. Les couleurs sont assez folles et totalement pétaradantes, les arrières plans multiples et dont la créativité est susceptible de nous donner la clé de l’énigme et sollicite nos sens en permanence. C’est du grand art.

C’est aussi toute la vanité et la vacuité de la superficialité des ultra riches qui en prend justement pour son argent, avec une galerie de personnages autant faussement iconiques que désespérément avides d’une stérile reconnaissance publique et financière. C’est l’avènement d’un empire fallacieux qui en fait, tombe en ruines, et un vernis qui une fois gratté à la truelle est d’une abyssale pauvreté intellectuelle. Et on se marre, tant les prétendus super héros potes de Miles sont surtout des immenses « têtes de con« , comme le balance à tout va la vengeresse Hélène, digne de Béatrix Kiddo dans Kill Bill (2003).

Face à eux, avec Benoit Blanc, c’est la victoire de la modestie triomphante et de l’intelligence de chaque instant devant les multiples attaques syntaxiques et décervelées d’une ribambelle de cerveaux vides aux proches pleines…. Qui sont finalement les vrais perturbateurs ? Glass Onion n’est pas complétement cette fable anarchiste mais s’érige quand même en destructeur de l’artifice contemporain, et que ça fait du bien !!! C’est toute la verve de punk rock de Rian Johsnon qui s’exprime ici.

Daniel Craig, tout en classe et en flegme est ahurissant de talent et de drôlerie, donnant corps et vie à un Benoit Blanc, qui devient une franchise à lui tout seul. La malice de son jeu, tantôt sa retenue, tantôt sa folie sont une source ineffable de jubilation. Un immense acteur pour un très grand rôle.  Edward Norton campe ici un Miles Bron qui se fait dévorer avec un infini plaisir. Presque aussi atterrant que la bêtise intersidérale de Brad Pitt dans Burn After Reading (2008), il nous éclate et nous capte. Si la bande des vrais faux perturbateurs nous livre des prestations assez inoubliables, Janelle Monáe dans le rôle de… Andi ? Helen ? (Mystère…) est ébouriffante de virtuosité. Elle est complètement énervée et emporte tout sur son passage, un tourbillon de kiff que de voir l’actrice tout exploser. Glass Onion est un pur moment de jubilation, c’est diablement incisif, supérieurement intelligent et pleinement satirique. On se réjouit d’avance du troisième volet à venir, mais d’ores et déjà il convient de s’éclater avec tout d’abord A couteaux tirés pour ceux qui sont passés à côtés, puis Glass Onion, tous deux disponibles sur la plateforme noire au N rouge. Clairement idéal pour se divertir et réfléchir tout en même temps dans cette période de fêtes.

Titre original: GLASS ONION : A KNIVES OUT MYSTERY

Réalisé par : Rian Johnson

Casting:  Daniel Craig, Edward Norton, Janelle Monáe…

Genre: Policier, Comédie

Sortie le:  23 Décembre 2022

Distribué par : Netflix France

EXCELLENT



 

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