Critiques Cinéma

L’ARME FATALE 3 (Critique)


SYNOPSIS: Roger Murtaugh, brillant sergent de la police de Los Angeles, se prépare à partir à la retraite. Mais, à la suite d’une imprudence, son coéquipier Martin Riggs dit « Arme Fatale » et lui-même se voient rétrogradés au rang de simple flic. Les deux amis décident alors de poursuivre pour leur propre compte une enquête qu’ils avaient engagée sur un trafic d’armes volées dans leur commissariat.

L’arme fatale 3 prolonge la pleine incarnation de l’esprit buddy movie dont le charme a déjà tellement opéré dans les deux premiers opus grâce aux personnages de Riggs et Murtaugh créés par le scénariste Shane Black alors qu’il était âgé de 23 ans. Le réalisateur, Richard Donner n’était pas qu’un poète, mais ses réalisations sont carrées et très efficace, ce qui émerge incontestablement dans la tétralogie. Générique de début, c’est un frisson de plaisir intense… Ce bruit de briquet… Claquement de doigt… La guitare de Clapton… La voix de Sting…. Les images du feu…. Le film atteint sa 22ème seconde et presque déjà les larmes aux yeux…. Cœur de cinéphile… L’arme fatale 3 ne fait que commencer…. « It’s hard to say it… I hate to say… But it’s probably me »… serait-ce la bande originale au monde qui incarne le mieux son film… Là maintenant tout de suite… Comment penser autrement?… Puis un début tonitruant pour une scène d’introduction follement réussie et qui reprend tous les truismes et codes du duo déjanté. Riggs enchaîne les vannes à la Riggs : « y’a plus de plastique que dans Cher » devant la bombe. Après que le chat leur ai fait peur en sautant sur le toit de la voiture… « On a frôlé la chatastrophe hein ??? » Dans un sourire de psychopathe totale à la Riggs… Dans cette introduction, chaque phrase peut faire l’objet d’une chronique…  Sans parler du fil rouge ou bleu pour ne pas faire sauter tout le building… « Roger, attrape le chat !!!!« ….  Dieu que c’est bon… Et ce qui est juste formidable avec le cinéma, c’est que ça reste. On peut se le mater autant de fois que la raison ne saurait compter, les montrer à nos arrières petits-enfants avec le même sourire niaiseux. L’arme fatale 3 ne fait que commencer…



Il est notable de penser que L’arme fatale 3 soit moins sombre et radical que les deux premiers opus, y compris car pour une fois, Riggs ne va pas connaitre l’horreur du deuil amoureux. Même si on est bien sûr très contents pour lui, cette noirceur nous manque quand même un peu, car elle apportait à la franchise cette profondeur qui contrebalançait aux quelques platitudes très hollywoodiennes des bonnes grosses productions. Comme par exemple la scène des obsèques de Darryl avec le mythique It’s so hard to say goodbye to yesterday (1991) des Boyz II men, qui respire une forme d’émotion assez factice, bien trop travaillée pour être sincère, et qui flirte avec une cucuterie assez inutile. Mais nous dirons qu’elle est d’époque et fait partie du décorum du film, qui est bavard, excessif et cherche toujours à surdoser ce qu’il démontre. On a tellement envie de trouver des excuses aux défauts du film , tant le charme iconique de l’esprit Lethal Weapon opère quand même sur la durée dans le 3.



D’ailleurs, pour illustrer ce dessein de noirceur du projet Arme Fatale, dans l’esprit de Shane Black, Riggs devait mourir à la fin du deux. Si on peut se réjouir que ce chemin ne soit pas suivi, à partir du 3, et fatalement plus dans le 4, il y a un début de bascule dans une forme de soap-opéra, complétement hors de l’état d’esprit initial. Car même un cran en dessous, ce qui peut très vite devenir une affaire de puristes, les ficelles qui firent le sel de la saga, sont belles et bien présentes dans ce numéro 3, : Des méchants certes moins méchants qu’avant, mais toujours aussi méchants quand même, des discussions interminables entre Murtaugh et Riggs (on va évidemment y revenir) qui en font, bien au-delà de l’univers classique du buddy movie, un véritable couple d’amoureux professionnels !! ; L’épaule déboitée qui se remet « manuellement » dans un cri et des yeux exorbités de Riggs contre une poutre ou autre,  des « Ok » frénétiques de Léo, des « On y va à trois » ou « A trois on y va« , le talent très canin de Riggs, la scène de baston finale contre le big boss, des vannes sur la psy, et bien sûr le patrimonial « J’suis trop vieux pour ces conneries » de Murtaugh.Les combats avec notamment les coups de boules et autres uppercuts de Riggs sont toujours aussi spectaculaires, auxquels il faut ajouter pour cette édition les coups de pied retournés de Lorna (Rene Russo) qui font l’admiration folle de Riggs et qui viennent se prolonger par l’anthologique scène de comparaison des blessures, dans des préliminaires sensuels de deux grands abîmés de la vie qui se sont parfaitement trouvés. Cette tétralogie fera des envieux : souvent copiée, jamais vraiment égalée, sans doute car ici l’énergie est multivitaminée à la testostérone, avec un art évident de la punchline, et qui se fait avec une telle grâce dans la mise en scène, à savoir dans des innovations permanentes dans les fights et scènes d’actions, en termes de rapidité d’exécution et d’un spectaculaire toujours exagéré. Bon, même si Riggs sur le pare-brise du métro, n’est pas aussi fort que Bebel dans Peur sur la ville (1974) qui, lui, monte sur le toit.



Mais ce qui fera éternellement la recette savoureuse de la série est ce lien entre les deux flics, cette alliance des contraires, qui tourne ici à l’alchimie la plus totale. Riggs, le chien fou solitaire a trouvé un ancrage, une attache auprès de Murtaugh et des siens, lui bien plus typique de la famille américaine moyenne. Il s’agit de deux grands affectifs qui l’air de rien passent leur temps à se dire je t’aime, tout en flinguant et cognant à tout va. Il existe une telle sincérité, une authenticité dans leur lien, qui va se forger au fil des épisodes. Renouant avec les plus beaux duos du genre en matière filmique ou littéraire, Ils alternent une forme de méticulosité dans le souci du détail sur n’importe quel sujet, tout en n’ayant plus aucun filtre, peu d’intimité, c’est au final un vrai couple. Faire autant fonctionner un duo sans tomber dans le stéréotype est d’une grande complexité. L’arme Fatale y parvient, le 3 ne déroge pas à la règle, et c’est en ce point que les 3 films composent une succes story. L’affect, toujours l’affect… Nous sommes ici typiquement dans un « feel cop movie ». Rene Russo apporte enfin la touche féminine dans un cinéma américain à l’époque très patriarcal, qui plus est dans un film de genre, où jusqu’à son arrivée, la femme était globalement cantonnée à un affligeant rôle de cantinière…  Danny Glover et Mel Gibson sont clairement ici moins désespérés, on l’a dit, mais toujours aussi impliqués et survoltés, ne se contentant pas de s’endormir sur des acquis. Leur jeu à deux est d’une complémentarité folle et parfaite. L’arme fatale 3, comme ses trois frangins s’inscrit dans du bon gros blockbuster d’action, mais va évidemment bien au-delà, tant les recettes déployées précédemment fonctionnent, en termes d’innovation filmique, mais surtout dans ce lien fou entre deux hommes pour qui finalement, tout fait lien, et tout fais sens ensemble. Un tantinet en dessous les deux premiers, mais largement supérieur à celui qui suivra, L’arme Fatale 3 n’en demeure pas moins un véritable kiff et pour nous, clairement, « C’est Ok«  !!

Titre original: LETHAL WEAPON 3

Réalisé par : Richard Donner

Casting: Mel Gibson, Danny Glover, Joe Pesci

Genre: Action, Comédie, Policier

Sortie le:  12 Août 1992

Distribué par : Warner Bros. France

EXCELLENT

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s