Critiques Cinéma

LES BONNES ÉTOILES (Critique)

SYNOPSIS: Par une nuit pluvieuse, une jeune femme abandonne son bébé. Il est récupéré illégalement par deux hommes, bien décidés à lui trouver une nouvelle famille. Lors d’un périple insolite et inattendu à travers le pays, le destin de ceux qui rencontreront cet enfant sera profondément changé. 

4 ans après sa Palme d’Or pour Une Affaire de famille, Kore-Eda Hirokazu était de retour sur la Croisette cette année pour présenter son nouveau film : Les bonnes étoiles. Son premier film en coréen, avec un casting coréen (mais pas son premier film en langue étrangère, souvenons-nous du mineur mais plaisant La vérité). Un sacré défi mais un territoire loin d’être inconnu pour le réalisateur japonais qui va encore nous parler d’une famille, encore plus dysfonctionnelle et éclatée que les autres de sa filmographie… Puisant son inspiration dans le système des “baby box”, qui permet aux jeunes mères d’y déposer les bébés dont elles ne peuvent/veulent pas assurer la garde, Les bonnes étoiles va donc partir de ce postulat pour tisser une réflexion sur ce phénomène plus si tabou que ça en Corée. Pourquoi abandonner son enfant ? L’aime-t-on, et peut-on l’aimer même s’il est recueilli par une autre famille ? Et peut-on marchander un enfant, mettre un prix sur sa tête pour le revendre à des parents qui désirent en acheter un ? Ce sont des questionnements éthiques extrêmement durs mais Kore-Eda arrive à traiter les dilemmes de ses personnages avec suffisamment de finesse et d’empathie pour que l’on puisse comprendre, dans une certaine mesure, leurs gestes et leurs réflexions. En mettant un binôme de policières aux trousses d’un duo de malfrats qui veut revendre le bébé d’une jeune prostituée qui les accompagne, Kore-Eda fait basculer son film dans une dimension plus tendue, avec un fil rouge qui affaiblit le reste.

Comme si le récit avait besoin d’antagonistes – qui ne le sont au final pas tant que ça, et ce grâce aux performances de ses actrices dont la toujours excellente Bae Doona. On comprend la nécessité de Kore-Eda d’avoir plusieurs perspectives sur les sujets qu’il traite – et tout simplement de rappeler au spectateur l’illégalité totale de ce que ses protagonistes sont en train de commettre. Mais tout cela finit par peser sur le road-movie qui n’est pas déplaisant à suivre, avec ses rebondissements plus ou moins drôles.


La mise en scène de Kore-Eda se révèle toujours aussi efficace pour capter les tourments de ses personnages – on repense à cette scène sublime entre Bae Doona et son mari au téléphone. Où à ce moment de reconnaissance collective où chacun se dit qu’au fond, il est heureux que les autres soient nés. Le souci, c’est que le script est bien trop long et aurait mérité une dizaine de minutes en moins. Résultat : sans forcément s’ennuyer, on finit par rester de marbre devant les multiples rebondissements et trahisons – c’est un comble, mais plus de simplicité aurait amélioré l’ensemble.



On se sent déçus d’être passés à côté de l’émotion de Les bonnes étoiles, mais accordons au moins à Kore-Eda le mérite d’avoir su transcender son casting et d’avoir servi à un sujet très sensible un plateau en or, sans misérabilisme ni jugement moral. Même si on est loin des sommets de sa filmographie, le voyage reste malgré tout à faire pour apprécier le savoir-faire de l’un des réalisateurs japonais les plus passionnants de son époque.

Titre Original: BEULOKEO

Réalisé par: Hirokazu Kore-Eda

Casting  : Song Kang-Ho, Dong-won Gang, Doona Bae

Genre: Drame

Sortie le: 07 décembre 2022

Distribué par: Metropolitan FilmExport

BIEN

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