Critiques

TOUTOUYOUTOU (Critique Saison 1 Episodes 1×01 – 1×05) La montagne accouche d’une souris…

SYNOPSIS: Début des années 1980, région toulousaine, berceau de l’aéronautique française. Karine, 40 ans, mère de famille docile et discrète, voit sa vie bouleversée par la découverte de l’aérobic. Animé par la charismatique Jane, tout droit débar quée de son Texas natal, le cours du jeudi soir devient pour Karine et ses copines une planche de salut et l’arène de leur émancipation. Mais derrière les sourires, les justaucorps violets et les corps bronzés se cache une réalité bien plus complexe : et si Jane n’était pas celle qu’elle prétendait ? Et si ce rêve américain n’était qu’une illusion ?

Après un bel été d’accalmie (du moins en termes de fictions) c’est la rentrée, y compris pour OCS. L’année scolaire écoulée nous a permis de chroniquer un certain nombre de programmes dont l’inutile Frérots, l’immersive Sentinelles, la trop fade Hashtag Boomer ou encore la basique Platonique. C’est au tour de Toutouyoutou de tenter de nous éblouir, à compter de ce 8 septembre. Le moment de vérifier si cela sent bon l’aérobic. Toutouyoutou dispose sur le papier de pas mal de qualités supposées : un titre accrocheur, une ambiance colorée avec un déroulé d’intrigue dans les années 80 (période dont Stranger Things adore nous rabâcher le contenu international et que la douce 3615 Monique, dont nous attendons toujours la deuxième saison, avait elle aussi exploré), un casting dynamique et une musique du groupe Feu! Chatterton. Cette saison composée de dix épisodes d’une vingtaine de minutes semblait donc partir sur de bonnes bases. Malheureusement nous n’avons pas réussi à trouver la motivation pour aller au-delà du cinquième épisode. Explications.

La série débute comme nous l’évoquions au début des années 80 et se concentre sur Karine (Claire Dumas, déjà vue dans Platonique) une mère de famille à la vie triste comme la pluie, soumise à son mari Didier et peu respectée par sa fille qui ne voit en elle qu’un immense échec à tous les niveaux. Karine est une femme sans caractère et sans relief, sur qui tout glisse. Une vie sans panache et sans artifice dévouée à un entourage qui la méprise. Tout change le jour où Jane (excellente Alexia Barlier), une belle américaine dynamique très sportive emménage à côté de chez Karine et lui fait découvrir l’aérobic. Gymnastique méconnue par les gens du quartier, la discipline trouve en Karine et ses amies de nouvelles adeptes. Mais Jane semble cacher un secret qui pourrait nuire à la vie du voisinage.

Toutouyoutou souhaite parler de plein de choses : à priori d’une époque, d’aérobic, d’acceptation de soi ou encore d’émancipation et d’autonomie de la femme. Pourquoi pas. Après cinq épisodes, nous pouvons surtout dire que Toutouyoutou ne parle pas de grand-chose. L’aspect années 80 saupoudré d’aérobic n’est qu’un prétexte pour nous resservir d’une façon totalement éculée des intrigues extrêmement basiques : place de la femme à une époque où les mœurs évoluent, conflit avec ses enfants, modèle de vie, le tout enrobé dans un ensemble superficiel et sans intérêt que nous reprochions déjà à Frérots, Hashtag Bommer et Platonique. OCS semble donc multiplier ce type de productions, sûrement pas très coûteuses, mais diablement aseptisées, banales et surtout peu subtiles. Rien n’est fait pour tenter de raconter d’une façon ingénieuse ou amusante les pseudo péripéties de Karine, Jane et les autres. Pourtant le casting est bon avec une Sophie Cattani au potentiel comique évident, une Apollonia Luisetti intéressante, une Souad Arsane attachante ou des personnages secondaires qui ont de vraies « tronches » pour nous amuser. Malheureusement le scénario et les dialogues ne suivent pas du tout et on décroche assez rapidement.

Dès le deuxième épisode visionné nous avions déjà envie de faire autre chose en même temps, et arrivés au cinquième nous avions plus ou moins cessé de nous concentrer sur ce qui se déroulait à l’écran. Difficile de dire qui vise cette série, mais évidemment des gens qui ne seront pas très exigeants. Encore une fois il est dommage de voir une idée de départ exploitée aussi banalement avec une telle promesse d’univers derrière.  Que faut-il en retenir à part quelques perles de son casting ? Peut-être la musique de Feu! Chatterton car certains morceaux diffusés au cours des cinq épisodes étaient tout à fait appréciables. Pour le reste, rien ne sert de se faire du mal, nous ne poursuivrons guère l’aventure.

Pour une série qui mise sa promotion sur l’aérobic (alors que c’est finalement loin d’être le cœur des épisodes visionnés mais plutôt un prétexte) et le dynamisme, la montagne accouche d’une souris amorphe qui donne envie de zapper. Dommage, mais nous faisons confiance à OCS pour redresser la barre après ces quelques échecs qualitatifs qui commencent tout de même à s’accumuler. Après tout rien ne changera le fait que c’est une plateforme pour laquelle nous avons beaucoup d’affection. Le premier jour d’école n’étant pas représentatif d’une année scolaire, espérons qu’OCS aura un bon bulletin de notes à venir. Ce ne sera toutefois pas grâce à Toutouyoutou qui lui plombe indéniablement déjà la moyenne.

Crédits : OCS

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