Critiques

LA PETITE MAISON DANS LA PRAIRIE (Critique Série) Ensemble, toujours….

SYNOPSIS: Suivez les aventures d’une famille de pionniers américains, les Ingalls, avec leurs trois enfants, dans la petite ville de Walnut Grove. De la joie aux drames, leur vie est une série d’épreuves.

Une légère toute petite instru… La musique s’emballe, un air bien guilleret et entraînant démarre, un couple avec leur charrette tout sourire, trois enfants courent dans un champ, une se vautre, mais se relève. La charrette entre dans un village et nous voilà parti pour 45 minutes dans la vie bien tourmentée des Ingalls… La chute de la petite Carrie, qui n’était pas prévue, car c’est une vraie chute, va pourtant devenir une légende et comme une allégorie de tous les tombereaux de drames que vont traverser les Ingalls. D’ailleurs, après cette première gamelle, aucune des jumelles qui jouaient Carrie, à savoir Sidney et Lindsay Greenbush n’ont voulu rejouer la scène de peur de tomber à nouveau, et oui les enfants et leur craintive sagesse, leurs inamovibles obstinations. On se rappelle de la chute de Carrie, mais on oublie trop vite qu’elle se relève, et reprend courageusement son chemin…. Justement, c’est un peu tout ça dans La Petite maison dans la prairie. On tombe, mais on repart… La série débarque en 1974 sur NBC. Elle est adaptée librement des romans autobiographiques (1932-1943) de Laura Ingalls Wilder. La petite maison dans la prairie, ou cette accumulation abracadabrantesque d’apocalypses, qui tombe sur la famille tous les trois épisodes au moins. Des incendies, des maladies, des handicaps, des vols, des morts, de la pauvreté, des ruines, mais Charles Ingalls cultive sa bonne humeur, et son envie d’y croire, il sort son violon et nous calme tous. Ce mec incarne la résilience à lui seul. Tant qu’il restera du bois à couper… Caroline, certes, elle, fait beaucoup de tartes, et sur les 9 ans de diffusion, aurait pu ouvrir plusieurs enseignes de pâtisseries dans toute l’Amérique du Nord. Mais au-delà, elle est cette épouse et mère aimante, cultivée et tellement chaleureuse. Il y a bien sur les enfants, Laura Ingalls donc, l’héroïne de départ, qui va grandir quand nous on va vieillir, tout comme Carrie ou encore Grace. Et puis, on va beaucoup mais alors beaucoup pleurer au regard de ce qui attendra Mary (Melissa Sue Anderson) et Albert (Matthew Laborteaux)


C’est aussi ça La Petite maison dans la prairie, la force ardente et bouillonnante d’un clan, un amour familial fou, et toujours un collectif valeureux pour s’en sortir, qu’il s’agisse du cercle familial des Ingalls ou de tout le village de Walnut Grove, car les escapades à Sleepy Eye, dans la grande ville à proximité, se soldent toujours par des échecs, par manque de simplicité dans les relations, et ce qui s’apparenterait aujourd’hui à l’évocation des violences urbaines. Dans La petite maison dans la prairie, on est bien ensemble, en famille et à la campagne. Souvent raillée pour son aspect moralisateur ou dégoulinant de bon sentiments, notamment religieux, cette série est pourtant le symbole de nombre de luttes humanistes et une vraie leçon d’altérité qui résonne aujourd’hui. C’est du communisme que portent Charles et sa bande. Et si les caricatures peuvent être assez désopilantes comme celle de Les Nuls – La petite maison dans la niaiserie –, il n’empêche qu’à chaque fois les accueillants, ceux qui acceptent la différence et se déploient avec générosité et intelligence face aux méconnaissances crasses du rejet, ce sont les Ingalls !! Et clairement, au-delà de la critique lointaine un peu basique d’une série guimauve, ce qu’elle peut effleurer parfois, face aux médiocrités du monde contemporain, subsistent dans cette série de belles réponses. Pas dur de s’en rendre compte par soi-même avec des diffusions permanentes qui font maintenant partie de la légende de La petite maison dans la prairie.


Il n’empêche qu’à renfort d’empathie et de générosité, dans de multiples épisodes, les Ingalls vont toujours être en avance sur leur temps, sur les questions raciales (bon même si Caroline est ambiguë sur la question Indienne ok), celles de justice sociale, et de préservation de l’environnement. Le meilleur truc à faire pour s’en convaincre demeure encore de regarder la série, car depuis sa création en 1974, elle est littéralement multirediffusée. Depuis 1995, c’est à peu près 35 fois que l’épisode pilote est passé sur vos petits écrans. C’est une de ces séries que vous pouvez regarder avec vos enfants en se disant qu’au même âge, vous la regardiez avec vos parents… La Petite Maison dans la prairie, c’est aussi des épisodes bien traumatisants. Nous sommes nombreux à avoir été dévastés par l’épisode 18 de la saison 6 et l’incendie de l’école pour les enfants aveugles (Feu déclenché par Albert qui clope en douce… ), entraînant la mort du bébé de Mary, et d’Alice Garvey… Mais aussi plein d’autres galères pas possibles, entre autres les épisodes 21 et 22 de la saison 4, quand Mary devient aveugle… La Petite maison dans la prairie, c’est bien sûr une galerie de personnages, dont certains sont clairement devenu iconiques. Charles évidemment, le big boss, le travailleur inlassable, l’humaniste visionnaire. Une forme de modèle de piété et de compassion. Michael Landon, au parcours personnel jalonnée de carences, génie contesté, alcoolique, était considéré sur le tournage par les un-e-s comme ignoble, fou, sexiste mais aussi très généreux et attentionné, par les autres. Il a en tous les cas donné à Charles une incroyable identité, et a fait passer à travers lui nombre de valeurs. Sur ce registre, l’épisode 1 de la saison 2 est assez fort. Même en cumulant les emplois (mal payés), Charles n’arrive pas à payer ses dettes, y compris à cette satanée Madame Oleson. Charles s’interroge sur sa propre dignité d’homme et de père dans cette misère financière qui est la leur. Drôle de résonance quand même. Les Oleson incarnant ici symboliquement le grand capital écrasant le camp des travailleurs pauvres !! Et comme à chaque fois dans la série, dans cet épisode, le salut passera par la famille, qui va solidairement bosser, trouver des solutions, et venir chambrer cet antéchrist d’Harriet Oleson, ce qui fera évidemment bien marrer, son mari Nels. Cet épisode résume un peut tout ce qu’est la série.


Il aurait juste manqué cette abominable Nellie Oleson, digne fille de sa mère, qui réinvente à elle seule le concept de peste… Mais que la série prend un malin plaisir à la ridiculiser à la hauteur de ses petites infamies perpétuelles. Comme lors de l’épisode 2 de la saison 3, où elle surjoue un handicap, Laura s’en rend compte et lui fait dévaler la pente en fauteuil roulant pour une chute dans l’eau inoubliable !! Elle se calmera après avoir rencontré l’amour en la personne de l’atypique Percival DaltonAlison Arngrim, l’actrice qui incarnait Nellie ayant beaucoup de mérites tant il fut difficile de jouer une petite horreur pareille !!! Alors qu’à la ville, elle était autant copine avec Melissa Gilbert, qui incarne Laura que ennemies absolues dans la série. Elle a tourné dans « uniquement » 104 épisodes (la série en compte 205) mais est devenue une forme d’icône absolue. Elle surfera légitimement sur cette vague, afin d’arrêter de se faire insulter dans la rue !!! avec un spectacle humoristique façon Stand Up Confessions d’une garce de la prairie depuis 2006. Et puis, il y a le sage et doux Docteur Hiram Baker, grand humaniste, personnalité importante et appréciée de Walnut Grove. L’épisode 17 de la saison 1 L’idylle du docteur Baker sera très émouvant et dira beaucoup de lui. Nous, on l’adore !!Et il y a bien sur Isaiah Edwards, autre personnage emblématique, car très touchant et à l’histoire personnelle poignante. Sa relation avec Laura est inoubliablement résiliente. Son interprète, Victor French mènera un véritable compagnonnage avec son grand ami Michael Landon dans Les Routes du Paradis (1984-1989), mais c’est une autre histoire, là aussi à dimension très humaniste. L’intégralité de La Petite maison dans la prairie comprend 205 épisodes (87 réalisés par Michael Landon himself) et 3 téléfilms, En tous les cas, s’il existe une magistrale démonstration de l’anticapitalisme latent très romantique de la série, c’est bien lors du tout dernier épisode, qui sera en fait un téléfilm, Le dernier adieu (1984). Michael Landon, réalisateur scénariste va se servir de la destruction réelle des décors pour clôturer habilement la saga. C’est bien tout le village qui fait la nique au grand capital incarné par Lassiter, en lui laissant ses terres, mais pas ce qu’il y a dessus, qui ne lui appartient pas, en faisant donc sauter et littéralement exploser chaque maison et commerces de Walnut Grove. Ils s’en vont comme qui rigole en chantant, reconstruire ailleurs…  Et tout ça…Ensemble, en groupe, toujours cette force folle du collectif. C’est tout ça La petite maison dans la prairie, ensemble, toujours….

Crédits: NBC

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