Critiques Cinéma

FESTIVAL D’ANNECY (Jour 3)

Au programme d’Annecy aujourd’hui pour cette troisième journée, une exploration de l’Histoire sur de multiples continents, et la présentation de Netflix dans un contexte plutôt tendu pour le diffuseur…

Nayola

 

SYNOPSIS: Angola. Trois générations de femmes frappées par la guerre : Lelena (la grand-mère), Nayola (sa fille) et Yara (sa petite-fille), le passé et le présent s’entrelacent. Nayola part à la recherche de son mari disparu au plus fort de la guerre. Des décennies plus tard, le pays est enfin en paix, mais Nayola n’est pas revenue. Yara est devenue une adolescente rebelle, chanteuse de rap subversive.

Co-production mêlant plusieurs pays et plusieurs techniques d’animation, Nayola suit l’itinéraire de plusieurs générations de femmes dont le destin a été bouleversé par la guerre en Angola, depuis les années 90 jusqu’aux années 2010. On suit plus précisément le parcours de l’héroïne qui donne son nom au film, et dont on suit la quête sur les traces de son mari disparu au combat. Sur le papier, Nayola avait tout pour nous séduire, avec ses personnages féminins passionnants, son style visuel superbe sur sa 2D, ses thématiques fortes… Mais l’on déchante très vite, tant les différentes temporalités se coupent mutuellement et empêchent de rentrer réellement dans le film. Privant par la même occasion le spectateur de ressentir une quelconque émotion, le résultat se révèle désespérément froid en dépit de quelques scènes-chocs qui parviennent à restituer l’horreur de la guerre.

Un gâchis que même le final, davantage ancré dans le genre fantastique, ne peut sauver. En n’arrivant pas à choisir parmi ses personnages, préférant des morceaux de récits parfois hasardeux à une cohérence plus solide, Nayola se révèle être la première grosse déception de la compétition… Et c’est bien dommage.

Les secrets de mon père



SYNOPSIS : Dans les années 60, en Belgique, Michel et son frère Charly vivent une enfance heureuse dans leur famille juive. Leur père, taiseux et discret, ne livre rien de son passé. Les deux frères l’imaginent en grand aventurier, pirate ou chercheur de trésors… Mais que cache-t-il ?

En adaptant Deuxième génération : ce que je n’ai pas dit à mon père, une bande-dessinée de Michel Kichka, Vera Belmont signe ici, pour la première fois de sa carrière, un film d’animation autour d’un sujet douloureux et décidément bien présent dans la sélection : les camps de concentration et le traumatisme des rescapés d’Auschwitz. À travers le quotidien d’une famille belge dont le père est un rescapé qui tait son syndrome de stress post-traumatique à son entourage, c’est une exploration particulièrement touchante à laquelle on assiste.

Bien doublé par Jacques Gamblin et Michèle Bernier, le film, d’une durée de 1H10, se révèle extrêmement riche dans ses tranches de vie où le contraste d’une jeunesse insouciante cohabite sans le savoir avec les horreurs du passé. Avec humour, tendresse et tragédie dans son dernier acte, c’est avec un scénario très émouvant et bien écrit que Vera Belmont nous touche. 

Ce film est aussi un nouveau testament que cette année, à Annecy, c’est à travers l’animation que l’on peut revivre le passé, en l’occurrence la Seconde Guerre Mondiale, et espérer qu’il ne se reproduira plus.

 

Au programme également, la présentation Netflix Animation, qui a notamment vu Guillermo Del Toro et Kid Cudi présenter rétrospectivement leurs films Pinocchio (en stop motion) et EntergalacticOn a été agréablement surpris par les premières images de Nimona, projet rescapé de la fermeture de Blue Sky Studios et aux thématiques ouvertement queers,, et la séquence de Wendell & Wild d’Henry Selick promet un retour en forme pour l’un des grands maîtres du stop-motion.

Le monstre des mers

SYNOPSIS: À une époque où des créatures terrifiantes parcourent les mers, les chasseurs de monstres sont de véritables héros. Et aucun n’est plus adulé que le grand Jacob Holland. Mais lorsque la jeune Maisie Brumble embarque sur son navire légendaire, il trouve en elle une alliée inattendue. Ensemble, ils se lancent dans un voyage épique à travers des eaux inexplorées, et entrent dans l’Histoire.

Et juste après la présentation Netflix, on a pu découvrir le film d’animation estival du streameur : Le Monstre des Mers de Chris Williams, un grand nom de l’animation à qui l’on doit plusieurs films Disney de ces dernières années (Bolt, Vaiana, Big Hero 6…). Mélange de film de kaiju aquatique, d’exploration et de récit d’initiation, le film brille par ses visuels spectaculaires, plein de couleurs et dont l’échelle entre monstres, mers et humains permet de mieux saisir le scope de l’aventure dans laquelle on est plongés (sans mauvais jeux de mots) pendant près de deux heures.

Avec ses personnages attachants, son message écolo anti-chasse et pêche assené sans trop de subtilité mais qui fait du bien par où ça passe, Le Monstre des Mers se révèle être un chouette moment d’animation, au rythme effréné mais qui laisse ses personnages vivre. S’il ne brille pas par son originalité, et que l’influence de Dragons, King Kong est clairement présente, on ne boude pas son plaisir devant la générosité de l’entreprise. Les quelques faiblesses de l’ensemble – comme ces twists assez évidents, n’empêchent pas le film d’être à la hauteur de son ambition.

Le paradoxe, c’est que comme pour chaque film Netflix, il ne devrait pouvoir se découvrir que sur le plus grand écran possible pour mieux profiter du soin apporté à l’animation, et la hauteur démente de ses monstres…

 

 

 

 

 

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