Critiques

SEVERANCE (Critique Saison 1) Un ton unique…

SYNOPSIS: Mark Scout travaille pour Lumon Industries, où il dirige une équipe dont les employés subissent une opération chirurgicale de séparation entre leurs souvenirs liés à leur vie professionnelle et ceux liés à leur vie privée. Cette expérience risquée de l’équilibre entre travail et vie personnelle est remise en cause lorsque Mark se retrouve au cœur d’un mystère qui le forcera à affronter la vraie nature de son travail… et la sienne. 

C’est de plus en plus une évidence : en matière de séries, Apple TV+ devient un compétiteur vraiment intéressant. Pas encore au-delà de la qualité d’HBO/HBO Max qui reste supérieur au reste (plateformes de streaming et chaînes de télévision inclues), mais petit à petit, chaque proposition de la plateforme née en 2019 crée une impression durable avec un bouche-à-oreille flatteur. L’une de leurs premières séries de 2022 n’y a pas échappé, et effectivement, on ne peut que s’incliner devant la qualité de Severance. Créée par Dan Erickson, et réalisée en grande partie par Ben Stiller, Severance propose un high concept terrifiant : des personnes acceptent de se soumettre à une puce implantée dans leur cerveau, qui efface leurs journées de travail une fois sortis de leur entreprise, Lumon. Ces personnes mènent donc deux vies dissociées : l’une à l’intérieur de Lumon, l’autre le reste du temps, entre week-ends et soirées post-travail. Évidemment, l’arrivée d’une nouvelle recrue va bouleverser l’équilibre terriblement parfait de Lumon Industries, et perturber l’harmonie du mystérieux département de Raffinement des Macro-Données. Dès son pilote fascinant, Severance impose son ton unique. Un mélange de comédie de bureau où l’humour parfois vaseux de The Office – indéniable référence en la matière, côtoie la mystery box, la mélancolie et même la tension inhérente à un excellent thriller. Avec sa mise en scène froide mais justifiée par l’esthétique enneigée de la petite ville adjacente au siège de Lumen, et les murs aveuglants de l’entreprise, Ben Stiller installe une ambiance trouble. Le mystère s’y épaissit en même temps que l’envie d’Holly, la nouvelle recrue, de s’échapper de Lumon, devient pressante.


En neuf épisodes pour sa première saison, Severance aborde un nombre de sujets assez conséquents : le deuil, notre asservissement au travail, le concept de « bullshit job » et même la question du bien-être au travail à travers une galerie de personnages croqués avec assez d’intelligence pour qu’on s’y attache vite. Adam Scott y trouve le plus grand rôle de sa carrière, bien aidé en seconds rôles par le couple Christopher Walken/John Turturro qui forme un couple inattendu et pourtant attachant, avec cette romance de bureau interdite, et faite de moments volés ensemble. Chez les femmes, Britt Lower trouve enfin un premier rôle à sa hauteur, et Patricia Arquette s’impose en sbire de Lumon. Un casting parfait qui aide à faire passer les épisodes davantage fillers de la mi-saison ; il faut passer les épisodes 4 et 5 avant d’être lancés à 100% dans les intrigues et d’enfin avoir des réponses à nos questions, quand bien même certaines ont l’air de transcender la mort…


Avec une partition obsédante de Theodore Shapiro qui nous hante dès son générique de début, prompt à alimenter les cauchemars des plus sensibles d’entre vous, sa sensibilité et son écriture intelligente, cette saison 1 de Severance est un régal de mystery box dont l’ambiance unique et ses personnages vous accrochent dès son pilote. Il faudra en tout cas se munir de patience, puisqu’après le formidable final de sa première saison, la saison 2 n’a pas encore commencé son tournage. Mais les mystères de Lumon commencent à peine à être dévoilés, et le voyage, s’il est du même acabit que la saison 1, s’annonce passionnant sur la durée.

Crédits: AppleTV +

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