Critiques Cinéma

THE ARTIST (Critique)

SYNOPSIS: Hollywood 1927. George Valentin est une vedette du cinéma muet à qui tout sourit. L’arrivée des films parlants va le faire sombrer dans l’oubli. Peppy Miller, jeune figurante, va elle, être propulsée au firmament des stars. Ce film raconte l’histoire de leurs destins croisés, ou comment la célébrité, l’orgueil et l’argent peuvent être autant d’obstacles à leur histoire d’amour. 

Après nous avoir tellement fait hurler de rire dans le délire décalé des OSS 117 , la folle créativité de Michel Hazanavicius explose ici avec The Artist. Lors de la cérémonie des Oscars 2012, il va rafler les statuettes pour le meilleur film, la meilleure réalisation, le meilleur acteur (Jean Dujardin), les meilleurs costumes, la meilleure musique…. La même année aux Césars : Meilleur film, meilleure réalisation, meilleure actrice (Bérénice Bejo), meilleure photographie, meilleurs décors, meilleure musique. A Cannes, en 2011, Jean Dujardin emportera le prix pour l’interprétation masculine. Et nous vous épargnons les récompenses dans ces compétions que sont les BAFTA, les Golden Globes etc etc etc…. Mise en abyme ultime du cinéma, le film sera tourné dans des vrais studios d’Hollywood. La passion du camarade Michel, la force de filmer la fin d’un genre en réhabilitant celui-ci, dans des périodes pourtant trop verbeuses, aux images ultra masterisées, et où justement, la beauté et la poésie passent ici par l’épure, le silence, le noir, le blanc. Cet amour du cinéma de Michel Hazanavicius est passionnément communicatif… Il rend ici hommage aux auteurs du genre muet qu’il connaît et aime profondément tels que Fritz Lang, Ernst Lubitsch, Billy Wilder et Friedrich-Wilhelm Murnau. Parmi les influences les plus citées par le réalisateur, qui irriguent The Artist on retrouve Une étoile est née (1937), Les lumières de la ville (1931) et Les temps modernes (1936)



Action !! : Irrésistible George Valentin. Le sacre du Frenchie Dujardin qui passe de Jean des Nous ç nous à la coqueluche du tout Hollywood, premier acteur Français oscarisé. Le duo magnétique formé avec la sublimissime Bérénice Bejo, iconique et devenu culte. Un duo pensé en amont par Hazanavicius qui ne pouvait imaginer le film sans eux, tant physiquement l’alchimie est totale. Ici, tout est grâce. La mise en scène, la direction d’acteurs, l’inventivité, l’intelligence infinie d’une réalisation qui dit tout sans un son. Sans dialogue, la puissance passe par tout le reste. Et ce reste, le réalisateur surdoué en fait un monde qui s’ouvre, d’une furieuse splendeur. Prédominance évidemment de la bande son dirigé par Ludovic Bouce. Qui, elle, parle et donne souffle et vie à la narration. Musique, qui s’impose comme un hommage aux références multiples, notamment à nombre de très grands compositeurs holywoodiens.  C’est du génie, du grand art, car juste, chaque scène est un film. Chaque minute est un chef-d’œuvre, c’est du Tarantino en mieux, la poésie avec, le verbe en moins… C’est du prodige.



Terrible drame sur l’oubli, sur un homme qui en refusant de parler, ne veut pas voir, et finit par rester à quai. La dimension allégorique avec ce terrifiant sentiment très universel que le monde s’écrit sans nous est un vertige bouleversant. Se conformer, rester soi, trouver le chemin pour ne pas mourir, pour finalement se réinventer, c’est bien ici la quête de toute une vie. Être et avoir été, construire sur la base d’une déchéance… Le vertige de l’oubli et de l’indifférence. A nouveau, c’est sans un mot que The Artist nous dit tout ça… Rien que ça… « Le public n’a jamais tort » … Cette épouvantable assertion prononcée par le producteur au cigare, uniformise et donc divise. Elle n’est que saccage et destruction de l’émotion singulière, de l’art pluriel. Dans le rôle de Peppy Miler, Bérénice Béjo est envoutante de charme, de sensualité folle, d’une présence totale, d’une vérité de chaque instant dans le jeu délicieux qu’elle déploie. Elle dira s’être inspirée de la claquettiste Eleanor Powell et de Marlene Dietrich, à laquelle elle a emprunté le charme artistique du clin d’œil. Clifton, rien de moins que James Cromwell, qui est bouleversant d’humanité et son visage dit tout. Et juste John Goodman pour le rôle du producteur qui incarne avec force, à lui seul l’antéchrist du cinéma qui s’industrialise… Et Uggie the dog, parfait dans sa fidélité d’amour ultime à son patron.



Parlons-en de ce patron… Jean Dujardin, qui entre dans l’histoire à tout point de vue avec une interprétation qui au-delà des multi récompenses légitimes reçues, fait partie du panthéon des plus belles prestations du cinéma planétaire. Il est tour à tour virevoltant, charmant, décadent, désespéré, il EST Georges Valentin. Disant s’être inspiré de Douglas Fairbanks, ayant travaillé 4 mois un numéro de claquettes pour les deux minutes de scène finale, Il résumera le tout simplement : « Maintenant je vais me taire… car ça me réussit pas mal ! ». The Artist va bien au-delà de son objet initial d’hommage au cinéma hollywoodien des années 1920… Ce bijou de créativité et de romantisme est composé avec le sel de ce qui fait un chef-d’œuvre, la méticulosité, la folie et l’amour irrationnel mais savant quand même… C’est notre rapport au son qui est ici bouleversé, dans sa confusion avec le bruit. The Artist est une confrontation permanente entre ce qui est et ce qui paraît. C’est notre rapport à l’art qui est questionné et donc le sens de nos vies, c’est puissant et immensément grand…

Titre Original: THE ARTIST

Réalisé par: Michel Hazanavicius

Casting: Jean Dujardin, Bérénice Béjo, James Cromwell …

Genre: Romanc, Drame, Comédie

Sortie le: 12 Octobre 2011

Distribué par: Warner Bros. France

CHEF-D’ŒUVRE

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