Critiques Cinéma

LOIN DU PERIPH (Critique)

SYNOPSIS: Dix ans après avoir fait équipe, Ousmane et François, deux flics que tout oppose, reforment à contrecœur leur tandem de choc. Pas franchement ravis de se retrouver, ils mettent le cap sur une petite ville des Alpes pour enquêter sur un meurtre particulièrement sordide. Mais, alors qu’ils pensent avoir élucidé l’affaire, Ousmane et François découvrent une réalité bien plus terrifiante ! De surprises en rebondissements, leur escapade loin du périph les pousserait même à s’apprécier …

Dix ans après De L’autre côté du périph  (2012), fort de ses un peu plus de deux millions d’entrées, la suite sort donc directement sur Netflix. Louis Leterrier s’y colle, il fut un des réalisateurs de Lupin  (2021), honorable spectacle divertissant bien que convenu, où il avait donc déjà dirigé Omar Sy, qui livrait là une prestation convaincante, devenant l’égérie hexagonale de la plateforme au N rouge. Cette dernière ayant récemment prouvé avec par exemple Apollo 10 ½ les fusées de mon enfance  (2022) que, n’en déplaise aux puristes, il était tout à fait possible de sortir des pépites malgré la visée hautement commerciale et mercantile de la multinationale concernée. Alors voilà, Loin du périph, c’est du grand spectacle, on le sait avant, et on le sent tout de suite… Tout est typique du film plateforme… dans quasi ce qu’il peut y avoir de pire, y compris avec un scénario qui tient sur un mini post-it format 4.4 * 1.2 centimètre… Si De l’autre côté du périph avait comme unique mérite une pseudo qualité d’écriture, ici, le verbiage est bavard, sans aucune imagination et très souvent vulgaire au premier degré. C’est comme si le film avait décidé d’exploser les records de la prévisibilité, façon incroyable surprise du lapin qui sort d’un chapeau… Une façon de passer le temps devant, est de prévoir deux minutes avant chaque situation et répliques tout ce qui va se passer, ça fonctionne plutôt pas mal.

En terme d’écriture : « C’est pas parce qu’on est flic, qu’il faut s’habiller à Emmaüs »… résume le tout… C’est à peu près la réplique la plus marquante des premières 15 minutes, voire de la première heure, en fait de tout le film… C’est sans inspiration, parfois laid et souvent triste. Il faut s’accrocher fort pour aller jusqu’au bout et la prouesse mériterait un an d’abonnement gratuit à la plateforme concernée. Rien ne respire la sincérité dans l’intention. Des costumes en passant par la photographie, sans parler de la mise en scène, qui elle a sauté du périph… Tout sonne faux, est hyper calculé dans un unique souci de clinquant, pour plaire à son public cible, celui adepte du jetable, c’est une niche, c’est du commerce mais pas de l’art.



Les tentatives d’humour veulent jouer sur le burlesque, mais le ratage de l’absurde qui parfois malgré lui peut justement devenir amusant, ne fonctionne même pas tant la paresse est ici exponentielle, existentielle. La succession de scènes, ne fait pas un film et offre une bouillie indigeste façon le sketch Hôpital  (1992) des Inconnus : « Ha il a tout vomi ? Ha non non, il a pas encore touché  »… La lourdeur abyssale de l’ensemble finit même par écraser les scènes d’actions, qui pourtant doivent avoir une forme de valeur pour les amateurs du genre. Sur deux heures de film, il y a en gros une heure 58 de trop…Le pire est qu’en voulant s’attaquer au fléau du racisme, on se demande si malgré lui, Loin du périph ne finit pas par servir les intérêts de de qu’il dénonce, tant la satire du fascisme mérite un vrai traitement pour ne pas tomber dans la caricature de la caricature. En cet objet, le « film » est même légèrement insultant en ne se cantonnant pas à une tentative de divertissement. Un peu comme la façon dont on se met à niveau de son adversaire dans n’importe quelle compétition sportive, la prestation d’Omar Sy est à la hauteur du film… Peut-être que la récente contractualisation avec la plateforme qui diffuse, inclut une clause d’alignement à la qualité du spectacle… C’est justement car on connaît et apprécie le potentiel fou du camarade Omar, même sur Netflix, que l’on est droit d’attendre toute autre chose et de le dire. Laurent Lafitte aura le mérite d’au moins essayer de nous amuser et il faut admettre que son humour à froid, s’il est répétitif, c’est une contrainte du script, peur faire décocher un ou deux gentils sourires. Ceci n’est pas du cinéma… C’est de l’industrie. Sans doute conçue pour ne pas être regardé, mais pour être consommé, il y aura de toute façon un public et tant mieux pour lui.

Titre Original: LOIN DU PERIPH 

Réalisé par: Louis Leterrier

Casting : Omar Sy, Laurent Lafitte, Izïa Higelin

Genre: Comédie, Action

Sortie le: 06 mai 2022

Distribué par: Netflix France

ASSEZ MAUVAIS

 

 

 

 

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