Critiques

PLATONIQUE (Critique Saison 1) Un postulat simple, basique, et sans grand panache…

SYNOPSIS: Malheureux en couple, Yann et Elsa quittent leur conjoint respectif pour s’installer ensemble, en toute amitié bien sûr ! A 35 ans passés, les deux meilleurs amis deviennent colocs… avec leur gamin qui débarquent une semaine sur deux. Entre célibat retrouvé et famille-amitié, Elsa et Yann pensent avoir trouvé l’équilibre parfait Mais peut-on vraiment faire famille entre amis ? Malgré leur volonté de vivre différemment, Yann et Elsa risquent à tout moment de s’embrasser sous la pluie…

Après les récentes Frérots, Hashtag Boomer, et Sentinelles, OCS continue sur sa lancée avec une nouvelle série : Platonique. A contrario de Sentinelles qui mettait en scène des soldats français au Mali et nous offrait un divertissement ambitieux et différent de ce que propose la plateforme habituellement, Platonique se rapproche davantage des deux autres séries citées précédemment (et qui ne sont pas dans le haut du panier…). Dans Platonique, Yann (Maxence Tual) et Elsa (Camille Rutherford), deux trentenaires, quittent leurs conjoints pour se mettre en colocation et débuter une nouvelle vie, basée sur la découverte de soi-même et la reconstruction. Si d’apparence les deux ami(e)s sont dans le même bateau, ils ont toutefois des situations initiales différentes. Yann a passé toute sa vie avec son ex-femme et ne connaît rien d’autre (et encore moins le monde des applications de rencontre), quant à Elsa elle a surtout passé son temps à tromper son ancien compagnon et vivait cette relation sans s’impliquer. Un point commun toutefois : Yann et Elsa ont chacun un enfant, et il va falloir prendre cette facette en compte pour la colocation.

Platonique part donc d’un postulat simple, basique, et sans grand panache pour se concentrer sur la nouvelle vie sans repères des deux protagonistes. Autour d’eux les amis, la famille, les complexes, les non-dits…un fond assez classique. Il faut le dire, Platonique commence qualitativement assez mal. Au bout des trois premiers épisodes (la saison en compte dix) nous regardions l’ensemble sans particulièrement savourer, persuadés que la série n’avait finalement ni grand-chose à dire, ni grand-chose à offrir. Puis à partir de l’épisode quatre, un léger soubresaut se produit, permettant de s’attacher davantage aux personnages, d’assister à leur rencontre via des flashbacks et donc d’approfondir leur relation et leur amitié. Dès lors le reste de la saison se suit bien (néanmoins sans feu d’artifice) avant d’accoucher d’un risible et assez incompréhensible (de par ses choix) dernier épisode qui gâche largement un tableau déjà peu reluisant.

Ledit dernier épisode, sans spoilers dans ces lignes, mérite à lui-seul que l’on s’y attarde tant il tombe comme un cheveu sur la soupe, apparaît vide de sens, convenu et ringard. Certaines thématiques développées dans les épisodes précédents sont ainsi totalement maltraitées durant cet étrange final : d’un coup les scénaristes décident de faire fi d’éléments dramaturgiques introduits précédemment, avant d’aller dans tous les sens sans que ça n’apporte finalement quoique ce soit d’intéressant au schmilblick. Pire, le cadre proposé comme toile de fond ne fonctionne pas du tout, entre manque de rythme, brassage de vent et aspect démodé (le comble pour une série « moderne » qui souhaite vraisemblablement introduire de la fraîcheur et du dynamisme). L’aspect téléfilm du lundi soir se fait tristement ressentir.

Le casting est pourtant doué et juste. Camille Rutherford incarne une Elsa pertinente et pétillante, Maxence Tual fait passer une tendresse naturelle et une sincérité tout à fait savoureuse et certains personnages secondaires tels que Elo (Allison Chassagne) et Quentin (Edgard-Yves Monou) proposent beaucoup de simplicité et d’humour (abstraction faite du catastrophique dernier épisode). Rappelons d’ailleurs que nous avions déjà récemment croisé Allison Chassagne dans Hashtag Boomer (série qui s’avérait encore moins intéressante que Platonique). N’oublions pas non plus les anciens conjoints d’Elsa et Yann, interprétés respectivement par Joséphine de Meaux et Baptiste Lecaplain qui sont tous les deux attachants et impeccables dans leurs interprétations.

Bien que nous comprenions tout à fait la vocation de Platonique, à savoir raconter une tranche de vie d’un cercle de trentenaires en pleine perdition et reconstruction tout en exploitant leurs amitiés et les éventuelles ambiguïtés qui pourraient y avoir cours, l’ensemble ne fonctionne pas très bien. Il manque indéniablement quelque chose. Le programme, certes un minimum divertissant, peine à décoller et n’arrive jamais à se détacher des précédentes incursions d’OCS dans le même registre (Vingt-cinq, Irresponsable ou même plus récemment Jeune & Golri, avaient déjà, via un prisme assez similaire, déblayé pas mal de thématiques du genre et en beaucoup mieux). Platonique manque donc d’identité, de folie efficace et de profondeur. Loin d’être un rendez-vous incontournable, la série confirme parfois qu’elle a quelque chose à narrer et à développer, avant de finalement nous donner la sensation inverse et nous faire relâcher notre attention. A découvrir ce 5 mai, même si avouons-le, ce n’est selon nous pas amené à devenir un produit phare d’OCS.

Crédits: OCS

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