Critiques Cinéma

DOCTOR STRANGE IN THE MULTIVERSE OF MADNESS (Critique)

SYNOPSIS: Dans ce nouveau film Marvel Studios, l’univers cinématographique Marvel déverrouille et repousse les limites du multivers encore plus loin. Voyagez dans l’inconnu avec Doctor Strange, qui avec l’aide d’anciens et de nouveaux alliés mystiques, traverse les réalités hallucinantes et dangereuses du multivers pour affronter un nouvel adversaire mystérieux.

Ce deuxième opus de Doctor Strange (devenu par sa promo, son thème et ses promesses une nouvelle pierre angulaire au sein de l’expansion multiverselle du MCU) nous pousse par sa surabondance de surprises, de lignes narratives et d’assemblages d’univers à mesurer chacun des mots de cette critique pour vous éviter autant que possible le désagréable divulgâchage d’un quelconque point de l’intrigue. Nous nous en tiendrons niveau spoiler au contenu des bandes-annonces, soyez rassurés. Pour son 28ème long-métrage qui fait suite aux évènements vécus par le Docteur Stephen Strange dans Spider-Man No Way Home en décembre dernier, Marvel pousse enfin les portes des univers parallèles à celui que l’on connaît pour y propulser son spectateur, entrouvrant alors un aperçu de ce à quoi le futur de leur MCU pourrait ressembler. Alors qu’il croise une adolescente appelée America Chavez possédant le pouvoir de voyager entre les mondes, Strange la prend sous son aile pour la protéger d’une menace plus grande que lui qui va l’emmener tout droit vers les méandres du multivers et de ses infinis possibilités. Sous la houlette de Sam Raimi qui se place derrière la caméra de Marvel façon voyage dans le temps méta, ce nouveau Doctor Strange ne sera donc pas seulement un film solo sur le chirurgien le plus magique du monde mais également une transition toute trouvée vers tout un nouveau pan (et probablement une nouvelle phase) de l’univers cinématographique Marvel. Et c’est peu dire que d’affirmer que c’est beaucoup pour un seul film, même pour le réalisateur d’Evil Dead.



Si le premier épisode de Doctor Strange était une origin story à la structure classique qui nous embarquait dans les dessous de la magie du MCU façon kaléidoscope et trip au LSD (on a trop peu parlé de la proposition de mise en scène assez inspirée de Scott Derrikson), ce Multiverse of Madness a d’ores et déjà un personnage principal assez bien ancré dans l’esprit des spectateurs. La mission confiée à Michael Waldron (scénariste du film, qui avait déjà officié à la tête de la super série Loki) n’est donc plus d’introduire, mais de plonger. Strange fait l’expérience d’un Multivers débordant d’apparences, de versions des personnages que l’on connaît et de nouveaux dangers. On pourrait presque dire qu’on nous offre 2 fois plus de magie, proposant qui plus est de suivre la suite de l’histoire de Wanda Maximoff après être sortie traumatisée des évènements de WandaVision. Waldron ouvre un nouvel arc pour dynamiter le tout, arc qui nous propose un contre-pied total et très frais de tout ce qu’on a pu voir dans l’univers Marvel jusque-là. Elizabeth Olsen est excellente dans l’interprétation de la flambant neuve Scarlet Witch qui vole souvent la vedette à ses camarades de jeu. A ses côtés, Benedict Cumberbatch est toujours aussi irréprochable dans le costume de Strange, en parfait compromis entre arrogance, pragmatisme et héroïsme. Et même si le héros semble plus subir les actes plutôt que d’y être véritablement central, la principale storyline du film reste entièrement centrée sur lui, et poussant un questionnement intimiste assez bien trouvé chez le docteur. On retrouve une flopée de grands noms au casting dont les personnages secondaires du premier volet, puisque reviennent Benedict Wong et Rachel McAdams, lui Sorcier Suprême à grande responsabilité et elle dans un rôle plus étonnant qui mène le cœur du film. Et petite nouvelle dans l’univers qui fait son entrée par la grande porte des étoiles, Xochitl Gomez campe America Chavez à la vie aussi mouvementée que peut être celle d’une adolescente qui s’éjecte de sa réalité quand elle subit une émotion trop puissante. On regrettera simplement qu’elle fasse figure de MacGuffin’ pendant la quasi-totalité du film, mais cela n’enlève rien à la bonne prestation de son interprète qui égale ses comparses sans problème.



Ce Multiverse of Madness est à l’image de l’histoire qu’il dépeint, à savoir un trip allumé, morbide et étrange à travers différents univers qui ne coïncident pas forcément les uns avec les autres. En allant chercher Sam Raimi pour mettre en scène cette chevauchée bizarre et psychédélique aux confins de la folie, Marvel fait un pari risqué qui semble payer tant on sent la vision du réalisateur dans ce joyeux bordel. On retrouve des évocations de ses travaux passés, des obsessions filmiques caractéristiques et un goût prononcé pour le weird de l’horreur. Au programme : combats de zombies, meurtres à la pelle et âmes damnés, tout ça au bord d’un traitement sauvage et complètement assumé du traumatisme et de la noirceur de l’esprit. Et si le film est probablement aussi malade que certains personnages, c’est parce qu’il est comme eux en décalage par rapport à l’univers qui tourne autour de lui. Multiverse of Madness est assurément une proposition étonnante et jouissive qui expand le film de super-héros dans les affres de l’occultisme et de la nécromancie pour ressusciter des cadavres à la pelle. A trop vouloir raconter, le scénario de Waldron finit par être relativement faible, et occasionne des soucis de rythme qui étirent le film, mais donne la sensation surréaliste d’un récit qui se trouve littéralement à plusieurs endroits à la fois et qui jongle entre les intrigues comme Strange et Chavez switchent d’univers.



Cette nouvelle aventure explosive et démente finit par apparaître comme un OFNI au sein de son univers, une expérience aussi jubilatoire qu’exténuante qui réinvente les contours du MCU pour y appliquer le style atypique et indéfinissable de Sam Raimi. Le metteur en scène semble s’amuser à peindre les aventures du Docteur tout en offrant la facette mystique de ce que représentait sa trilogie Spider-Man. Ce Multiverse of Madness est à n’en pas douter une des œuvres les plus surprenantes, les plus déroutantes et les plus denses que l’Arc post-Saga de l’Infini de Marvel nous ait apporté pour l’instant. Et même si on n’a pas encore très bien saisi pourquoi, ce Doctor Strange est une vraie petite réussite qui se paye même le luxe d’ouvrir une voie aux différents futurs du MCU par quelques caméos qui pavent la voie sans céder aux sirènes du fan service gratuit. L’univers Marvel est définitivement en pleine expansion, et il nous tarde de savoir sur quelles surprises on pourrait tomber au-delà des limites de la réalité…

Titre Original:  DOCTOR STRANGE IN THE MULTIVERSE OF MADNESS

Réalisé par: Sam Raimi

Casting: Benedict Cumberbatch, Elizabeth Olsen, Chiwetel Ejiofor…

Genre: Fantastique, Action, Aventure

Sortie le: 04 mai 2022

Distribué par: The Walt Disney Company France

TRÈS BIEN

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