Critique DVD

MADELEINE COLLINS (Critique)

SYNOPSIS: Judith mène une double vie entre la Suisse et la France. D’un côté Abdel, avec qui elle élève une petite fille, de l’autre Melvil, avec qui elle a deux garçons plus âgés. Peu à peu, cet équilibre fragile fait de mensonges, de secrets et d’allers-retours se fissure dangereusement. Prise au piège, Judith choisit la fuite en avant, l’escalade vertigineuse

Après ses débuts avec Song, Les gouffres et Le Dos rouge, Antoine Barraud revient pour son quatrième film. Avec Madeleine Collins, il s’attaque à un thriller psychologique avec des airs de Vertigo, le tout porté par Virginie Efira. Celle-ci incarne le rôle de Judith, une traductrice à succès qui mène une double vie entre la Suisse et la France avec deux hommes différents avec qui elle a des enfants. Judith est traductrice et surtout une travailleuse sophistiquée et occupée dont le travail est la couverture parfaite pour ses nombreux voyages loin de chez elle. En effet celle-ci voyage toute la semaine pour entamer sa double vie, de l’autre côté des Alpes où elle se fait appeler Margot, vit avec un autre homme et a une petite fille. Une grande partie du pouvoir initial de Madeleine Collins réside dans ses mystères, et reconstituer le puzzle vous permet de rester engagé dans le film. Le réalisateur place le spectateur dans le doute, pleins de questions lui viennent en tête, où habite-t-elle réellement. ? Est-ce en Suisse dans un appartement avec Abdel (Quim Gutiérrez) et sa petite fille ? Ou est-ce dans un endroit glamour en France, avec Melvil (Bruno Salomone) et leurs deux fils adolescents ? Des mystères apparaissent sous les mystères. Melvil et Abdel sont-ils au courant de la double vie de leur compagne comme ils en donnent parfois l’impression ? Comment Judith/Margot a-t-elle pu dissimuler des mois de grossesse à Melvil ? Quelles sont les raisons qu’ils l’ont poussée à faire cela ? Une temporalité ambiguë qui participe au délabrement progressif de la tricheuse et révèle des drames occultés. Une fois que ses motivations sont comprises, cela ouvre tout un monde de questions complexes. Le scénario d’Antoine Barraud n’est pas s’en rappeler Vertigo d’Alfred Hitchcock, où le personnage incarné par Kim Novak y menait deux vies, et finissait par perdre pied. Ici Antoine décide d’aborder des thèmes tels que la parentalité, la classe, le privilège et le sexe. 


En montrant une mère qui s’élance entre deux familles, l’une secrète pour l’autre. Le réalisateur invite le spectateur à remettre en question ses idées préconçues sur la maternité et l’indépendance. Invariablement, ces pères passent plus de temps avec leurs enfants que leur mère, qui est celle qui se déplace, ostensiblement pour son travail. Mais les thèmes qu’il explore ne mènent pas nécessairement à une fin facile et satisfaisante. Comme la vie qu’il dépeint, celle-ci est quelque peu stressante, avec des hauts et des bas, mais il y a aussi quelque chose d’addictif dans ce sujet. Vous aurez envie d’en savoir plus sur Judith et Margot, sans oublier le désir de découvrir pourquoi le film s’appelle Madeleine Collins.


Côté casting nous retrouvons Quim Gutiérrez, Bruno Salomone et Nadav Lapid, le réalisateur israélien du lauréat cannois Le Genou d’Ahed. La grande Jacqueline Bisset incarne la mère volontaire de notre héroïne et dans le rôle-titre on retrouve Virginie Efira, après sa sublime performance dans Benedetta. Elle incarne ici une femme menant une double vie, et elle nous démontre une fois de plus tout son talent. Bien qu’elle soit une femme sophistiquée et mondaine qui a clairement l’habitude d’être en contrôle, il y a des indices qu’elle commence à laisser apparaitre, la pression de deux existence s’avérant trop forte pour elle. Lorsqu’une amie française et une amie suisse se rencontrent par hasard, elle est plongée dans une confusion totale, forcée de se cacher ou de mentir (encore). 


Dans ses relations, elle trouve la force, la faiblesse et surtout la douleur. Mené de façon plus rigoureuse, le film aurait été plus réussi car on peut reprocher un manque de rigueur au scénario, ce qui atténue beaucoup la densité d’un thriller psychologique comme celui-ci. Le naufrage final d’une femme qui perd ses repères, son identité et bien plus encore est trop prévisible. Le spectateur suit l’intrigue avec le sentiment qu’elle aurait pu mieux fonctionner. En effet, celle-ci est très forcée, faussement sophistiquée, et n’est pas tout à fait convaincante, au point que la majorité de ses choix s’avèrent assez maladroits.

Titre Original: MADELEINE COLLINS

Réalisé par: Antoine Barraud

Casting : Virginie Efira, Bruno Salomone, Quim Gutiérrez…

Genre: Drame

Sortie en DVD le: 22 avril 2022

Distribué par: Blaq Out

BIEN

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