Critiques Cinéma

DANS LES YEUX DE TAMMY FAYE (Criitque)

SYNOPSIS: Partis de rien, Tammy Faye et son mari Jim Bakker parviennent – dans les années 1970 et 1980 – à créer la plus grande chaîne de télévision évangélique au monde, ainsi qu’un parc à thème d’inspiration religieuse. On les adule alors pour leur message d’amour, de tolérance et de prospérité. Tammy Faye devient une icône avec ses faux cils permanents, ses talents très singuliers de chanteuse et son irrépressible envie de tendre la main à tous ceux qui croisent sa route. Mais sous ce vernis, les malversations financières, les manigances de rivaux et les scandales vont bientôt provoquer la chute de cet empire si minutieusement bâti… 

God bless Jessica Chastain ! Pour son rôle dans Dans Les Yeux de Tammy Faye, l’actrice américaine a décroché fin mars son premier Oscar de la meilleure actrice, face à une compétition qualitative. Une preuve de plus de la surabondance de biopics parfois médiocres mais pourtant récompensés diront certains (en face, chez les hommes, ce constat peut également s’appliquer à Will Smith), une preuve du talent de l’actrice diront les autres. Et si au fond, la vérité était entre ces deux points de vue ?


Réalisé par Michael Showalter, déjà à la mise en scène du sympathique The Big Sick avec Kumail Nanjiani et Zoe Kazan, Dans Les Yeux de Tammy Faye raconte l’ascension fulgurante et la chute non moins spectaculaire du couple Bakker. Peu connus en France, ils étaient des télévangélistes américains incroyablement populaires et, dans le cadre de Tammy Faye, étonnamment précurseurs sur des domaines pourtant méprisés par les représentants du christianisme aux Etats-Unis. Le titre ne ment pourtant pas, c’est bien Tammy Faye précisément que l’on suit, sur quasiment chaque scène, pendant une quarantaine d’années. Son mari Jim Bakker, lui, davantage dans la lumière à l’époque pour ses scandales, est ici au second plan, joué par un Andrew Garfield étonnant en religieux aux dents longues et aux mains baladeuses. Jessica Chastain, qui disait avoir été enthousiasmée par la personnalité aimante et pleine de bienveillance de Tammy Faye, la joue parfaitement, modifiant son timbre de voix, son flux de paroles, son apparence, avec ce maquillage voyant et carrément tatoué sur sa peau – comme un symbole du fait que son corps, finalement n’appartient qu’à elle malgré les moqueries sur son apparence. Le film, cependant, finit fatalement par ressembler à son couple principal : ils ont le même but, mais ont des visions différentes de comment y parvenir.

Pour une Chastain qui y croit à fond, premier degré et cheville au corps pour incarner et rendre hommage à Tammy Faye le plus sincèrement possible, le reste de l’équipe la joue davantage comme une comédie noire particulièrement cinglante sur les conséquences du télévangélisme et le cynisme qui va avec. C’est le cas de Garfield, gendre idéal à première vue, mais dont l’hypocrisie et la soif intarissable de pouvoir, de sexe et d’argent finissent par emporter l’empathie dont Jim Bakker est capable pour sa famille aux oubliettes. Si Garfield et Chastain forment un duo très différent mais à l’alchimie parfaite, l’ensemble semble donc désynchronisé, ne jouant pas sur la même gamme. Achevant de faire de ce biopic un OVNI qui commençait de manière conventionnelle, avec des flashbacks sur l’enfance profondément religieuse de Tammy Faye, le film ne sait plus sur quel pied danser, ni filmer ses personnages. C’est dommage, car entre ces deux approches, on a plus envie de croire à la sincérité de Chastain, qui, on se répète, donne tout, dans la peau de Tammy Faye. La scène la plus discutée du film, est à l’image de l’engagement des deux femmes. On y voit en effet l’évangéliste discuter par satellite, en direct à la télévision, d’homosexualité, de SIDA et de rejet, avec un jeune malade gay atteint du virus. Une révolution pour l’époque, évidemment très conservatrice, et la meilleure preuve de la mentalité de Tammy Faye, qui n’était qu’amour, pour tout le monde, même quand ses proches ont commencé, eux, à ne plus l’aimer. Et c’est somme toute ce qu’il y a de plus déchirant de voir ce portrait d’une femme qui, à force de vouloir aimer tout le monde, n’aura pu prévoir sa propre perte, sa propre déchéance. Si Dans les Yeux de Tammy Faye se suit sans déplaisir grâce à ses interprètes et son histoire incroyable mais vraie, il aurait mérité à l’image de son héroïne, une vision plus maîtrisée et radicale que celle proposée ici.

Titre Original: THE EYES OF TAMMY FAYE

Réalisé par: Michael Showalter

Casting : Jessica Chastain , Andrew Garfield , Cherry Jones…

Genre: Drame, Biopic

Sortie le: 22 mars 2022

Distribué par: Disney Plus

BIEN

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