Critiques

LE TUEUR DE L’OMBRE : LA MORT EST AVEUGLE (Critique Saison 2) Un dérapage non contrôlé…


SYNOPSIS: Enquêtant sur un crime resté impuni, la profileuse Louise Bergstein (Natalie Madueño) se lance dans une nouvelle investigation, véritable course contre la montre pour arrêter un impitoyable prédateur. Dans la campagne danoise, une seconde saison toujours aussi noire et efficace.

En septembre 2020, au moment de la diffusion de sa première saison sur Arte, nous avions pris le temps de faire un papier sur le Tueur de l’ombre, un show focalisé sur les pérégrinations de tueur(s) en série. La série se démarquait intelligemment via une thématique affirmée (en l’occurrence, à l’époque, les violences faites aux femmes) et un parti pris plutôt rare (n’est pas Columbo qui veut), celui de révéler dès le début du programme l’identité du tueur. Même si la série ne s’avérait pas incontournable sur le principe (le domaine prolifère tant de propositions qu’il y a suffisamment de matière pour ne pas nécessairement l’inscrire dans la liste des priorités) elle nous avait laissé un très bon souvenir. Étonnés par l’arrivée d’une seconde saison, c’est avec un a priori positif que nous nous sommes lancés dans cette suite que nous n’attendions pas. Et là, c’est le drame.
 
 
Nous parlions récemment en écrivant sur la seconde saison d’OVNI(s) qu’il était rare de voir une série faire un aussi grand bond qualitatif entre deux saisons. Pour Le Tueur de l’ombre c’est le contraire, la chute est rude. Dans cette suite, Natalie Madueño est de retour, toujours dans la peau de Louise Bergstein. C’est à peu près tout ce qui reste de ce que nous avons connu lors de la première saison. Tout le monde a quitté le navire, y compris l’inspiration. D’ailleurs, hormis le concept de base (révélation de l’identité du tueur dès le premier épisode) et la présence de Louise qui permettent de faire le lien avec nos frêles souvenirs, il pourrait s’agir d’une autre série tant nous n’avons pas retrouvé les qualités des épisodes précédents. Dans cette suite sans consistance, Louise, profileuse aguerrie, se lance dans une course contre la montre (sur le papier car les épisodes sont aussi palpitants qu’une partie de loto dans un Ehpad) afin de stopper un nouveau tueur. Course contre la montre car le tueur n’a ni plus ni moins dans son sillage de victimes que le fils d’une des proches de Louise, malheureusement atteinte d’une tumeur au stade terminal. Louise doit donc mettre le tueur hors d’état de nuire avant le décès de son amie. En parallèle, le tueur de l’ombre incarné cette année par Tobias Santelmann vaque à ses petites occupations nocturnes et destructrices. Le fait de resserrer le cadre de l’enquête sur une proche de Louise était déjà, à n’en pas douter, une très mauvaise idée. Mais ce ne sera malheureusement pas la seule tentative saugrenue de cette nouvelle fournée placée sous le signe de l’incompréhension. 
 
 
Nous ne nous rappelons pas si dans la première saison, Louise était un personnage aussi inintéressant mais le fait est que ce n’est pas très important car dans cette suite tout est parfaitement imbuvable : Louise, le tueur, l’enquête, l’histoire…il y avait bien Alice (la fameuse proche de Louise, atteinte d’une tumeur et incarnée par Solbjørg Højfeldt) qui avait du potentiel mais finalement non, le scénario décide d’en faire n’importe quoi. Dès le début nous sentions que quelque chose ne prenait pas, que la saison traînait la patte, que le tueur et ce qui l’entourait manquaient flagramment de consistance (là où la première saison s’avérait extrêmement riche et diversifiée) mais le clou du spectacle est intervenu dès la moitié de saison, en fin d’épisode 4 : grotesque, nous sommes restés circonspects devant le déroulé des événements. L’épisode 5 débute ensuite sur les mêmes bases de fumisterie et ainsi de suite jusqu’à la fin et son dénouement parfaitement ridicule (que leur est-il passé par la tête ? Mystère). Le coup est inattendu (le comble pour une suite que nous n’attendions pas), l’ennui palpable, le tout non-rythmé par des histoires à coucher dehors, sur Louise, son souhait de ne pas avoir d’enfant(s), son compagnon qui souhaite emménager avec elle, et qui lui, veut éperdument des enfants, et nous en passons et des meilleures. Le petit problème c’est que nous n’avons que faire de Louise et de ses tracasseries du quotidien. En tant que protagoniste elle s’avère désespérément fade et sans fulgurances. C’est bien simple, à aucun moment nous n’arrivons à y croire ou à nous dire que nous aurions envie de la suivre dans son enquête si nous avions le choix de parcourir les pistes avec ou sans elle. Nul besoin d’évoquer tous les autres personnages secondaires (la flic qui accompagne Louise étant à mettre dans le même panier de transparence, si ce n’est plus) qui ne méritent même pas que nous nous y attardions tant il n’y a rien à dire sur eux.
 
 

A priori assurée de revenir pour une saison 3 Le Tueur de l’ombre aurait peut-être mieux fait d’y rester…dans l’ombre. Ratage et déception sortis de nulle part, cette saison 2 loupe le coche à tous les niveaux. Devenue plate, la série doit impérativement se ressaisir et ne pas hésiter à se délester du personnage de Louise qui n’apporte définitivement aucune plus-value au show. Ce dérapage non contrôlé se termine là où il a commencé, dans le fossé, ce soir sur Arte, et peut toujours pour les retardataires être visionné sur arte.tv jusqu’au 15 avril. Entre nous, peut-être devriez-vous vous abstenir.

Crédits : Arte

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s