Critiques Cinéma

JEEPERS CREEPERS, LE CHANT DU DIABLE (Critique)

SYNOPSIS : Les vacances d’été sont enfin arrivées et, comme chaque année, Trish et Darry, deux étudiants, frère et soeur, prennent la route pour rendre visite à leurs parents. Sur le chemin, un routier agressif emboutit l’arrière de leur voiture sans raison apparente. Quelques kilomètres plus loin, Trish et Darry revoient le même camion, à côté d’une église abandonnée. Ils aperçoivent le conducteur, entièrement vêtu de loques, qui jette un corps dans une canalisation. Malgré les protestations de Trish, Darry veut en avoir le coeur net. Dès que la voie est libre, il va voir et s’engage dans le conduit. Il va y faire une découverte terrifiante.

Alors qu’une nouvelle version de la licence va apparaître sur nos écrans l’année prochaine, Jeepers Creepers (sous-nommé “Le chant du diable” en France) est un film d’horreur qui fête ses 20 ans cette année. Retour sur un film qui ressemble à tout ce qui s’était fait à l’époque quant au cinéma d’horreur, tout en étant différent. Si le postulat initial peut faire penser à Duel de Steven Spielberg, celle d’un frère et d’une sœur étant en prise avec un conducteur fou, la narration part dans une direction très différente et en se raccrochant à des références plus proches de son genre : le slasher. Qu’il s’agisse de Ça (le téléfilm ou le roman de Stephen King), Urban Legend, Alien ou les récits de Clive Barker (Hellraiser notamment), les influences sont nombreuses et se ressentent. Qu’il s’agisse de la narration ou des visuels, Jeepers Creepers ressemble à un melting-pot, qui pourrait l’expurger de toute identité propre. Cependant, en suivant du début à la fin les deux mêmes protagonistes, le film se détache des codes du slasher, pour distiller une atmosphère anxiogène au fur et à mesure du film, et tenter d’offrir un nouveau monstre mythique, à l’instar d’un Freddy Krueger.



On ressent une envie de la part du réalisateur Victor Salva de rendre son vilain iconique, en le dévoilant petit à petit, comme a pu le faire Ridley Scott avec son xénomorphe. D’une menace métaphorique avec son camion, puis une silhouette pour évoluer visuellement et dévoiler la forme complète de l’antagoniste, ce choix se retrouve à certains moments particulièrement risible, atténuant de fait l’impact horrifique voulu initialement, malgré d’excellentes idées esthétiques dans l’allure de l’entité, et un look final et complet assez effrayant. Le film ne mise pas forcément sur les effets gores et cherche plus à mettre en place de la tension, en n’hésitant pas privilégier le hors-champ ou l’arrière-plan, pour ne jamais faire retomber la tension. Une tension qui aurait pu se perdre à mi-chemin, et qui, par un simple appel, parvient à offrir un nouvel axe et une dimension plus large à l’univers développé par le film, en ouvrant son environnement, et en accroissant le nombre de personnages, montrant ainsi comment réagissent des personnes extérieures aux événements mortels qui arrivent (à l’instar d’Halloween Kills sorti il y a peu). Une ouverture sur l’extérieur bienvenue pour éviter de s’enfermer dans un huis-clos. Certes, cet aspect de huis-clos est légèrement de retour sur la fin du film, mais elle n’offre pas de sensation étouffante que ceux-ci peuvent offrir, atténuant par ailleurs la dimension stressante qui pourrait découler du film.



Des choix de réalisation dans l’ensemble cohérents, qui permettent au film de se doter d’une atmosphère propre à elle, qui finit par donner envie de voir un peu plus la filmographie de Victor Salva, afin de vérifier s’il s’agit d’un véritable réalisateur talentueux ou juste d’un coup de chance. Il faut dire que le réalisateur s’est chargé des deux suites du film, avant d’être écarté du prochain opus qui vise à offrir un reboot au monstre, attitré à une musique. Jeepers Creepers vient en effet d’un morceau de musique de jazz des années 30, qui retentit à chaque fois que l’entité démoniaque va agir. Une excellente idée, qui n’est malheureusement pas suffisamment présente dans le métrage pour véritablement créer du frisson lorsque les premières notes de cuivres retentissent.


Au niveau du casting, Justin Long soutient tout le film, qui parvient à être suffisamment touchant pour que l’on s’attache à son personnage, là où Gina Philips (qui interprète sa sœur) manque malheureusement d’empathie pour créer le même affect. Les autres personnages sont relativement peu présents pour pouvoir juger de leur prestation.

Titre Original: JEEPERS CREEPERS

Réalisé par: Victor Salva

Casting : Justin Long, Gina Philips, Jonathan Breck…

Genre: Epouvante-horreur, Aventure, Drame, Thriller

Sortie le: 03 juillet 2002

Distribué par: Bac Films

BIEN

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