Critiques

RAY DONOVAN le film (Critique)

SYNOPSIS : Après des décennies d’épreuve de force, les Donovan font leur retour à Boston où chacun va devoir faire face à son passé et à son héritage. Alors que Mickey est en cavale, Ray est plus que jamais déterminé à combattre son père pour mettre un terme à ses agissements. Mais, il va d’abord lui falloir le retrouver.

ATTENTION SPOILERS : 

Cet article révèle certains rebondissements 

et nous vous conseillons sa lecture

 après le visionnage de la série et/ou du film de conclusion 

Lorsque Showtime a annulé de manière inattendue Ray Donovan après la fin de sa septième saison explosive en janvier 2020, les fans étaient confus et bouleversés. Non seulement la fin abrupte est sortie de nulle part, mais le dernier épisode a laissé un certain nombre de personnages dans le vent, ne ressemblant en rien à un dernier mot sur la saga de Ray et sa famille fracturée. L’équipe créative prévoyait une huitième saison lorsqu’elle a appris la nouvelle, heureusement pour Hollander et les fans fidèles cette conclusion arrive sous la forme du satisfaisant Ray Donovan : le film, qui mêle les débuts de Ray et Mickey Donovan à la fin de leur saga violente. Co-écrit par Hollander et la star Liev Schreiber, Ray Donovan : Le film ne ressemble jamais à du fan-service bon marché, il laisse entrevoir ce qu’aurait pu être une huitième saison mais offre néanmoins un sentiment de conclusion tout en évitant des fins faciles pour la plupart de ses personnages. Formellement le film est visuellement plus ambitieux que la série, mais surtout et ce qui compte pour ses aficionados c’est que la série a été autorisée à se terminer selon ses propres termes. C’est le dernier travail que Ray Donovan méritait. La septième saison s’était achevée par la mort soudaine de Smitty (Graham Rogers), le mari de Bridget Donovan (Kerris Dorsey), lors d’un deal, orchestré par Mickey Donovan (Jon Voight), le père que Ray Donovan (Schreiber) a désavoué à plusieurs reprises, qui a terriblement mal tourné. Le film reprend alors que Donovan s’enfuit à Boston avec les actions de Declan Sullivan et le sang de son petit-fils sur les mains. Naturellement, Ray donne la chasse, bien que le film mette en place une structure dans laquelle on voit très rapidement un Ray abattu parler à son thérapeute (Alan Alda) de ce qui va se passer : « J’ai tué mon père » transformant le film en un mystère sur la façon dont les évènements se sont déroulés. Ray infligera-t-il enfin à Mickey la punition qu’il mérite depuis des années ? Bien sur c’est un peu plus compliqué que cela .Alors que Ray se dirige vers Boston, Hollander et Schreiber poursuivent la structure de flashback qui a rendu la septième saison si convaincante, donnant d’avantage de substance au passé du jeune Ray (Chris Gray) et de Mickey (Bill Heck). L’arc père-fils tout au long de la série gagne en profondeur alors que le film est essentiellement l' »origin story » de notre nettoyeur: un long métrage vient se tourner à Boston, transformant Mickey en une star locale et enseignant au jeune Ray certaines des compétences de sa profession qui le définiront dans les premières saisons de la série.

La partie la plus intéressante de Ray Donovan : le film se trouve dans ces flashbacks, riches en termes d’écriture, d’action et de technique. Bill Heck en particulier parvient à donner au jeune Mickey un charme dangereusement désinvolte qui rappelle le danger qu’on retrouvait dans les performances de Jon Voight au début de la série sans tomber dans l’imitation. Hollander et Schreiber ont clairement beaucoup d’idées sur la façon dont Ray et Mickey sont devenus de ce qu’ils sont, et le coup de maître du film est de savoir comment relier la fin de l’histoire de Ray et Mickey à ce premier chapitre fondateur. Ray nettoie depuis longtemps derrière son père et, à bien des égards, Ray Donovan : le film représente le jour où il a décidé d’arrêter de le faire.Si Ray Donovan : le film se concentre sur la dynamique des relations entre Mickey et Ray, les scénaristes prennent du temps pour les autres personnages, donnant à la plupart des acteurs clés des intrigues qui sont certes plus des ellipses que de véritables chapitres mais qui évitent de tomber dans le piège, pour une série qui a souvent traité des zones grises, d’offrir des conclusions trop « propres » et artificielles à chacun. Sans doute une saison entière aurait elle permis de donner plus de finalité à leurs destins mais Hollander et Schreiber donnent à la famille Donovan assez de récit pour offrir une conclusion satisfaisante. La plupart de ces interactions familiales surviennent au début du film alors que Terry (Eddie Marsan), Bunchy (Dash Mihok) et Daryll (Pooch Hall) se réunissent après les funérailles de Smitty, qui tournent vite au tapage et à l’ivresse. La dynamique familiale dans Ray Donovan s’est développée au fil des ans à mesure que les frères de Ray devenaient pour lui plus une source de problèmes à gérer que ses missions de nettoyeur. Qu’il s’agisse de la dynamique presque paternelle de Terry avec sa nièce ou de la façon dont Bunchy a permis à ses démons de faire dérailler son bonheur. Les dimensions et l’épaisseur qu’ont apporté ces seconds rôles, la façon dont leur liens se sont forgés dans leurs traumatismes communs ont permis d’élever la série qui tournait dans sa première saison autour d’intrigues plus « flashy » sur les dessous d’Hollywood.

Tout n’est pas parfait quelques éléments narratifs semblent précipités, en particulier en raison de la rapidité avec laquelle ces personnages complexes passent de la fin de la saison sept à leurs dernières minutes. Mais cela est compensé par des interprètes comme Marsan et Mihok qui reçoivent de beaux adieux qui permettent d’imaginer ce que les Donovan pourraient faire après la fin de l’histoire sans avoir l’impression d’avoir été coupés au milieu d’une phrase, comme ils l’auraient été sans ce film. Pendant des années, Ray a été le témoin de situations violentes et n’y a vu que des problèmes qui doivent être résolus passant à côté du coût humain de la violence car il a dû le payer lui-même. Trahi par une masculinité superficielle et toxique, des institutions qui devraient protéger les enfants comme l’Église et la famille. La série s’était considérablement améliorée en permettant à son personnage principal de vraiment approfondir ces idées, et ce déballage se poursuit et se termine à bien des égards dans le film. Est-ce la fin pour Ray Donovan ? Probablement. Si on est jamais sur de rien et malgré les accès récurrents de nostalgie télévisuelle Ray Donovan : le film ressemble à une véritable fin pour le personnage, un homme qui a toujours nettoyé les dégâts laissés par les autres jusqu’à ce qu’il ait à affronter ceux que son père a fait à l’intérieur de lui-même. Ray Donovan a toujours traité de la douleur et de la perte, et c’est ici, qu’elles se traduisent finalement par une vengeance ou un pardon.

Titre Original: RAY DONOVAN THE MOVIE

Réalisé par: David Hollander

Casting:  Liev Schreiber, Kerris Dorsey, Jon Voight

Genre: Drame, Thriller, Policier

Sortie le: 19 janvier 2022 sur Canal+

TRÈS BIEN

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