Fiction Unitaire

L’INVITATION (Critique Fiction Unitaire) Une invitation à la déception…

SYNOPSIS: Sophie et Nicolas Gravel laissent la capitale derrière eux et s’offrent une nouvelle vie en province avec leur jeune fils, Maxime. Ils font rapidement la connaissance de leurs voisins, Angela et Patrice Maupin. Un après-midi, Angela invite Maxime à venir jouer avec leur fils du même âge. Peu de temps après, Sophie trouve son fils quelque peu éteint et découvre des marques étranges dans son dos. Suspicieuse, elle se met à fouiller la vie et le passé des Maupin
 

Ce jour OCS Max nous présente son premier film estampillé OCS Signature. Ledit label est souvent capable de soutenir les meilleures productions (Vingt-cinq, Irresponsable, Les Grands, Jeune et Golri, Missions…cette dernière débutant d’ailleurs sa troisième et dernière saison cette semaine) mais aussi d’accoucher des pires (Nu, Mike et récemment Frérots). Listes non exhaustives. Chapeauté par Fred Grivois à la réalisation et au scénario d’après une idée originale de Nicolas Brigaud-Robert qui co-écrit également le film, L’invitation nous embarque dans la vie du couple Gravel, tout juste installé à la campagne avec leur jeune fils Maxime. Mais le départ de Paris pour cette nouvelle aventure va bientôt laisser place à l’incompréhension et à l’inquiétude du fait d’un voisinage aux intentions pour le moins mystérieuses.

En effet Sophie Gravel (Margot Bancilhon, découverte en ce qui nous concerne dans l’excellent Five) et son mari Nicolas (Guillaume Gouix, qui a récemment réalisé son premier long métrage Amore Mio) font la connaissance d’autochtones pour le moins étranges : Angela Maupin (Alysson Paradis, qui restera toujours pour nous la merveilleuse Candice Doll de Q.I.), son mari Patrice (Hubert Delattre, consacré dans Zone Blanche), ainsi que leurs enfants Bryan et David. D’apparence très ouverts, libertins et passablement beaufs, Angela et Patrice semblent cacher quelque chose, surtout que le fils des Gravel revient de chez eux avec d’étranges marques sur le corps…

Disons-le tout de suite, L’invitation est une véritable énigme : pour ce premier film Signature, était-il indispensable de jeter l’argent par les fenêtres en choisissant ce projet insipide et vain plutôt qu’un autre ?

Entendons-nous, le casting est de qualité (malgré des personnages au ras des pâquerettes) et nous ne pouvons que remercier les interprètes de nous offrir au moins ça à sauver au milieu de cette purge, même si nous étions malgré tout navrés pour Alysson Paradis et ses risibles dialogues en franglais qu’elle a toutefois réussi à restituer avec crédibilité.

Le problème de L’invitation est à l’image du dialogue d’ouverture et de conclusion : scolaire et sans âme. Il est indispensable d’arrêter avec ce genre de films, qui nous montrent 1h30 de brassage de vent pour amener une conclusion supposée nous révéler le pot aux roses : ça ne s’improvise pas, il faut une idée solide sinon ça ne fonctionne pas, c’est daté, on ne peut pas montrer un film vide avec des réactions incohérentes de la part des personnages pour au final liquider les stocks du bon sens (ou pas) dans les quinze dernières minutes. Et encore ici, même la chute est ratée, autant dans l’écriture que dans son exécution totalement plate et expédiée.

Concrètement quel est le contenu du film ? Dans sa construction celui d’un mauvais thriller ou film d’horreur, gorgé de clichés, de comportements et de situations vus et revus. Des voisins sympathiques vont peu à peu représenter une potentielle menace. Maxime, l’enfant des Gravel, va ainsi revenir de chez ces voisins avec d’énormes marques inexplicables au niveau des épaules, sans que les parents et le premier concerné (bien pratique de le rendre muet les 3/4 du temps) ne se bougent outre-mesure à ce sujet, ce qui fait d’ailleurs d’emblée perdre toute sa portée à la fin. Des évènements étranges vont ainsi s’enchaîner : un cambriolage, des animaux morts, un voisin qui rode en permanence (sans que pareil, cela ne choque grand-monde, les scénaristes s’en servent bêtement et scolairement comme d’un pion fonctionnel)…des aléas présentés de façon extrêmement bateau en somme, sous l’angle du thriller, appréhendés de façon assez peu crédible par les protagonistes pour, comme nous le disions, accoucher d’une conclusion qui fait un gros flop tant en matière d’écriture, que de réalisation et de montage.

Il est aisé de comprendre ce qu’a voulu faire l’équipe créative avec ce film, mais ce qui pouvait, indépendamment du ton, fonctionner avec l’Orphelinat, Les Autres ou même Haute Tension, fait ici une extraordinaire (dans le mauvais sens du terme) sortie de route. Le voyage est vain, et aboutit à une conclusion qui devrait viscéralement nous happer, nous prendre aux tripes, nous laisser hagards sur le bord de la route… mais qui est amenée tellement naïvement, rapidement et académiquement qu’on en reste largement déçus et dubitatifs.

Nous ne doutons pas que cette erreur de parcours, qui est clairement un accident industriel, sera bientôt suivie d’un second film bien mieux réussi et préférons oublier la perte de temps que représente l’Invitation qui n’est rien d’autre qu’une invitation à la déception. S’accrocher pendant plus d’1h30 pour ne même pas être récompensés à la fin, gageons que cela ne mérite pas un très long papier.

Crédits: OCS

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