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Alors, on regarde quoi ce soir ? (Sélection Sorties Vidéo Novembre 2021)

En février, taille ta vigne ; en novembre, laboure ton champ et achète des blu-ray ! (dicton français – 1864). Cela tombe bien car voici une petite sélection à ne pas rater. Un uppercut émouvant avec Médecin de nuit, un prometteur film de SF français avec Le Dernier voyage, une adaptation fidèle et réussie d’un chef d’œuvre de Stephen King, une balade hippie euphorisante et nostalgique d’Arthur Penn, et un western spaghetti brutal qui a inspiré Quentin Tarantino. De quoi combler les amateurs de cinéma et les vignerons. Bon visionnage.

Médecin de nuit

Réalisé par Elie Wajeman

Avec : Vincent Macaigne, Pio Marmaï, Sara Giraudeau, Sarah Le Picard

Durée : 1h22

Date de sortie : Le 2 novembre 2021 chez Diaphana

SYNOPSIS: Mikaël est médecin de nuit. Il soigne des patients de quartiers difficiles, mais aussi ceux que personne ne veut voir : les toxicomanes. Tiraillé entre sa femme et sa maîtresse, entraîné par son cousin pharmacien dans un dangereux trafic de fausses ordonnances de Subutex, sa vie est un chaos. Mikaël n’a plus le choix : cette nuit, il doit reprendre son destin en main.

Film noir et tragique, plongée âpre et poisseuse dans la nuit parisienne en forme de purgatoire blafard porté par un immense Vincent Macaigne, Médecin de nuit est un film rare et profondément humain, un portrait fiévreux et dense, proche du documentaire, qui saisit avec brio les contradictions d’un anti-héros humaniste plongé au cœur d’un Paris insomniaque sous tension. Certes, certaines pistes narratives sont un peu maladroites, mais la prestation de Vincent Macaigne, le cœur et l’âme de ce film ténébreux peuplé d’âmes perdues, est absolument remarquable et Médecin de nuit est au final un uppercut brillant et sec, émouvant et fragile, bref, indispensable.

Le saviez-vous ? C’est Vincent Macaigne qui devait initialement jouer Dimiti, le cousin pharmacien du médecin interprété par Pio Marmai. Mais au cours de l’écriture, Elie Wajeman, le réalisateur, a vu en Vincent Macaigne la possibilité qu’il puisse incarner ce personnage à la fois doux et violent…  

Le Dernier voyage

Réalisé par Romain Quirot

Avec : Hugo Becker, Jean Reno, Paul Hamy, Lya Oussadit-Lessert

Durée : 1h27

Date de sortie : Le 3 novembre 2021 chez Tandem Films

SYNOPSIS: Dans un futur proche, une mystérieuse lune rouge est exploitée à outrance pour son énergie. Alors qu’elle change brusquement de trajectoire et fonce droit sur la Terre, Paul W.R, le seul astronaute capable de la détruire, refuse d’accomplir cette mission et disparaît. Traqué sans relâche, Paul croise la route d’Elma, une adolescente au tempérament explosif qui va l’accompagner dans sa fuite.

Long-métrage ultra référencé, élégant, et poétique, Le dernier voyage est une très belle surprise, un premier film visuellement splendide et maîtrisé, qui promet de beaux lendemains à son réalisateur. Le point de départ du film est un court-métrage du même réalisateur, Le dernier voyage de l’énigmatique Paul W.R. (2015) qui avait été présélectionné aux Oscars. Peut-être aurait-il fallu partir d’une idée neuve, car c’est malheureusement le scénario plutôt décevant et parfois puérile qui plombe un peu cette œuvre ambitieuse. Mais si l’inventivité et le talent de Romain Quirot ne parviennent pas toujours à gommer les facilités du scénario, le désir et la générosité du réalisateur qui nous propose un voyage souvent surprenant, bluffant et de vrais beaux moments de cinéma finissent par nous convaincre que l’on assiste sans doute au début d’une très belle carrière.

Le saviez-vous ? Parmi les lieux de tournage, la station essence avait déjà servi quelques années plus tôt pour le remake du film La colline a des yeux (2006) réalisé par Alexandre Aja. Les carcasses de voitures américaines que l’on aperçoit sont celles laissées là par l’équipe de tournage.

Le Bazaar de l’épouvante (1993)

Réalisé par Fraser C. Heston

D’après un roman de Stephen King

Avec : Max von Sydow, Ed Harris, Bonnie Bedelia, Amanda Plummer

Durée : 2h

Date de sortie : Le 22 novembre 2021 chez Rimini Editions

SYNOPSIS: Leland Gaunt, vieux monsieur apparemment inoffensif, vient d’ouvrir une boutique à Castle Rock. Un endroit incroyable où chacun peut trouver, pour un prix dérisoire, ce dont il a toujours rêvé. Mais les intentions de Leland Gaunt ne sont pas aussi bienveillantes qu’il l’affirme, et bientôt la petite ville va sombrer dans le chaos.

C’est en 1993, deux ans après la sortie du roman Bazaar de Stephen King, que Castle Rock Entertainment, la société de production de Rob Reiner née suite au succès de Stand by me produit Le Bazaar de l’épouvante réalisé par Fraser C. Heston (fils de…) qui a remplacé au pied levé Peter Yates, initialement prévu. La version cinéma, ici en HD, est une adaptation plutôt efficace et très correcte, qui dénonce la bêtise humaine, les dangers du capitalisme, la cupidité et qui décrit brillamment la montée de la haine et des tensions exacerbée par l’énigmatique Leland Gaunt. Mais la cerise sur le gâteau de la très belle édition Rimini, c’est en bonus la version longue inédite, certes en SD (de plutôt bonne qualité), mais qui permet, avec une heure de plus, de développer certains personnages ainsi que leurs arcs narratifs. Si Le Bazaar de l’épouvante, contrairement au roman, n’a pas connu un gros succès lors de sa sortie, il fait clairement parti des adaptations réussies et respectueuses de l’œuvre de Stephen King. De plus le film est porté par un casting brillant, Max Von Sydow et Ed Harris en tête, et sublimé par la musique de Patrick Doyle et la photo de Tony Westman.  Indispensable pour les fans de Stephen King.

Le saviez-vous ? C’est le scénariste W.D. Richter, à qui l’on doit L’invasion des profanateurs en 1978, Dracula de John Badham en 1979, Brubaker en 1980 et même le cultissime Les Aventures de Jack Burton en 1986 qui fut chargé d’adapter les 800 pages du roman de Stephen King.

Alice’s Restaurant (1969)

Réalisé par Arthur Penn

Avec : Arlo Guthrie, Pat Quinn, James Broderick

Durée : 1h50

Date de sortie : Le 16 novembre 2021 chez Rimini Editions

SYNOPSIS: Arlo, 22 ans, tente de trouver sa place dans l’existence grâce à la musique. Sa vie, il la partage entre les visites à l’hôpital où son père est mourant, les concerts et ses amis Alice et Ray qui viennent d’ouvrir un restaurant en ville. Mais un incident dans ce restaurant obligera Arlo à faire des choix qui mettront à l’épreuve sa liberté et ses convictions… pour toujours.

Avec Alice’s Restaurant, Arthur Penn nous immerge dans le mouvement hippie au cœur des années 60 et nous offre à travers les pérégrinations d’Arlo Guthrie qui joue ici son propre rôle, jeune chanteur folk qui vit entre New York et la communauté hippie de ses amies Alice et Ray, une métaphore du mouvement hippie, de son enthousiasme, de ses rêves, ses illusions mais aussi malheureusement de ses désillusions et de son délitement. Cette captation des espoirs et du malaise d’une partie de la jeunesse américaine par Arthur Penn, qui se déroule sur la période qui a vu le mouvement hippie atteindre son apogée puis son déclin est une belle réussite, une balade euphorisante et nostalgique dans un chapitre de notre histoire qui n’a pas trouvé le happy end qu’il aurait mérité.  C’est un film simple et beau, souvent très drôle, mais qui nous laisse une fois le générique passé légèrement mélancolique, presque un peu triste. Un film à redécouvrir chez Rimini Éditions, accompagné du CD-audio de la bande originale du film. A signaler la très bonne interview de Jean-Baptiste Thoret dans les bonus.

Le saviez-vous ? Alice’s Restaurant est inspiré d’une chanson du musicien américain Arlo Guthrie, Alice’s Restaurant Massacree écrite en 1967, elle-même inspirée d’une histoire vraie vécue par le musicien en 1965.  

Django (1966)

Réalisé par Sergio Corbucci

Avec : Franco Nero, José Bodalo, Loredana Nusciak, Angel Alvarez

Durée : 1h32

Date de sortie : Le 3 novembre 2021 chez Carlotta Films

SYNOPSIS: À la frontière mexicaine, deux bandes rivales se disputent la suprématie du pays : celle du major Jackson, américain et fanatique raciste, et celle du général Rodriguez, mexicain et révolutionnaire. Un étranger, Django, traînant derrière lui un cercueil, arrive dans ce pays de désolation. Et avec lui, le vent de la violence…

Quelques mois après l’énorme succès de Pour une poignée de dollars de Sergio Leone, Sergio Corbucci marque lui aussi de son emprunte le western spaghetti avec une œuvre violente et hypnotique, porté par le charismatique Franco Nero, Django. Brutal, nihiliste, pessimiste et idéaliste, le western de Corbucci n’épargne personne, ni les américains, ni les mexicains, ni les hommes, ni les femmes, et marque le genre par sa violence graphique et narrative qui a inspiré Quentin Tarantino pour son film hommage, Django Unchained. C’est dans la collection Édition Prestige Limitée que Carlotta nous propose le western culte de Sergio Corbucci, dans une très belle restauration 4K. Un must accompagné d’une pléiade de bonus dont une présentation du film par le réalisateur Alex Cox ou une interview de l’acteur Franco Nero.

Le saviez-vous ? Si les westerns avec le nom Django dans le titre se comptent par dizaines, que ce soit pour attirer le spectateur ou pour rendre hommage au film initial comme Django Unchained de Tarantino, de Quelques dollars pour Django à Le Retour de Django en passant par Django le Bâtard ou même Sukiyaki Western Django de Takashi Miike, la seule suite officielle est sorti en 1987, Django 2, Il grande ritorno de Nello Rossati toujours avec Franco Nero dans le rôle de Django.

 

 

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