Critiques

HP (Critique Saison 2) Un dynamisme sans faille…

SYNOPSIS: Entre un co-interne interné et un hôpital sous pression financière, Sheila, notre jeune interne  en psychiatrie, doit tenter de rester humaine au sein d’un système qui ne l’est plus.

HP nous revient dès aujourd’hui dans une deuxième saison sur OCS. La série n’ayant pas forcément eu beaucoup de visibilité publique jusqu’à présent, nombreuses et nombreux sont celles et ceux qui ne savent peut-être pas de quoi il retourne : HP suit les tribulations de Sheila (la pétillante Tiphaine Daviot), jeune interne en psychiatrie au sein, comme l’annoncent les initiales de la série, d’un hôpital psychiatrique. Oscillant entre drame et comédie la série nous entraîne dans le quotidien de Sheila, de ses collègues mais aussi et surtout dans la psyché des différents patients. Si la première saison posait les bases et montrait l’intégration de Sheila et la découverte d’une réalité bien moins humaine et glamour que prévue, cette suite enfonce le clou en se focalisant cette fois sur le manque de moyens financiers et le fonctionnement de plus en plus bancal de l’HP. Les nouvelles directives sont claires : les soignants doivent multiplier les actes médicaux et n’accepter que des patients suivis pour une courte durée. En parallèle la saison continue sur la lancée de la première en poursuivant en filigrane l’exploration du cas de Jimmy (l’excellent Raphaël Quenard vu récemment au cinéma dans le sympathique Fragile), interne devenu patient après de multiples comportements borderlines.

La série jouit toujours de cette aura et de ce ton particuliers qui avaient fait son attrait précédemment. Cette nouvelle saison est donc à la hauteur du fait d’un dynamisme sans faille et de son aspect choral toujours aussi efficace via des patients torturés et hauts en couleurs. Des personnages qui ne seraient bien sûr rien sans les actrices et acteurs qui les incarnent. Marie-Sohna Condé interprète toujours Elizabeth la chef de service, prise en étau entre les nouvelles directives applicables à l’établissement, sa hiérarchie et ses subalternes qui décident pour certains de se mettre en grève suite à une accumulation d’évènements malencontreux. Marie-Sohna Condé est impressionnante de spontanéité et de justesse et apporte indéniablement beaucoup à la série avec ce talent et cette énergie. Côté staff nous retrouvons aussi le professeur VDB (Eric Naggar) ainsi que Baya (Holy Fatma) nouvelle arrivante, deux personnages intéressants, mis en avant ponctuellement de façon stratégique. Mais c’est bien sûr du côté des patients qu’il faudra se pencher pour compléter le tableau : Mlle Clarac (incroyable Gaëlle Lebert), plus complexe qu’elle ne semblait l’être, qui cache de lourds secrets ; Rémi (Benoît Thiébault) individu lunaire qui se prend pour un stagiaire ou un médecin à ses nombreuses heures perdues, quitte à pratiquer des soins directement sur le bâtiment qu’il pense malade ; Gudz (Marc Citti) qui est persuadé d’être mort et d’errer en enfer…et beaucoup d’autres. La série fourmille d’allées et venues, montrant tantôt des « habitués », tantôt des patients un peu plus one shot comme ce monsieur persuadé que son chat a été enlevé et remplacé par un autre.

Bien que les patients soient l’un des gros atouts de la série et aussi l’une de ses spécificités, Sheila demeure le personnage principal. C’est donc par ses yeux et ses propres failles que le spectateur se laisse entraîner. Dans cette saison, Sheila gagne en assurance mais aussi en désillusion : impuissante face au manque de moyens, elle perd ses repères et le sens qu’elle voyait dans sa mission, tandis qu’elle se cherche également personnellement. Depuis sa séparation avec son copain, et la douloureuse prise de conscience qu’elle n’a jamais eu d’orgasme de sa vie, Sheila peine à se trouver. Il ne sera d’ailleurs pas tellement plus aisé d’aider les autres puisque chacune de ses bonnes intentions trouvera le plus clair du temps un refus ou une multitude d’obstacles pour pouvoir les concrétiser. A moins d’enfreindre les règles. Son fidèle comparse Jimmy, un coup patient, un coup patient et médecin, l’aidera à sa façon dans les différentes pérégrinations…du moins lorsqu’il ne sera pas lui-même ravagé par ses propres démons…

Certains « arcs » de la saison paraissent parfois un peu retomber comme un soufflé et auraient mérité de se clore avec un plus grand impact, néanmoins la trame globale tient la route et propose des idées intéressantes comme cette fameuse excursion au Paradis. Dommage que la série ne pousse pas les choses plus loin, mais peut-être se garde-t-elle des billes en stock pour une troisième saison. Jamais réellement triste, jamais glauque, HP sait quand même à sa façon remuer le spectateur lorsqu’il le faut mais toujours avec la pudeur qui la caractérise malgré cette impression de joyeux bordel permanent dans les couloirs de l’établissement.

Si vous avez eu la chance de découvrir la première saison, cette deuxième fournée est dans la même veine, avec toujours cette patte caractéristique et atypique qui en fait un show à part de tout ce qui est diffusé actuellement. Imparfaite mais juste et spontanée, cette deuxième saison est aussi une belle occasion de découvrir la série, en rattrapant de préférence au préalable la première saison. Le format de 10 épisodes d’une vingtaine de minutes par saison est à ce titre une porte d’entrée accessible.

Crédits: OCS

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