Critiques Cinéma

THE GUILTY (Critique)


SYNOPSIS: Relégué au centre d’appels d’urgence, un inspecteur de police tente de sauver une interlocutrice au fil d’une rude journée riche en révélations et règlements de compte.

Sorti vendredi 1er octobre sur Netflix, The Guilty est le remake américain du film danois éponyme de Gustav Möller (2018), chroniqué sur nos pages. Jake Gyllenhaal en a rapidement acquis les droits d’adaptation et produit ce film tourné durant la pandémie en seulement 11 jours ! Une petite prouesse en soi quand on sait que le réalisateur Antoine Fuqua, contraint à l’isolement pendant le tournage, a supervisé les prises à distance. The Guilty s’inscrit dans la veine des thrillers sous haute tension tels que Phone Game (2002) et The Call (2013), lequel se déroulait lui aussi en partie dans un centre d’appel du 911. On pense également très fort à Locke de Steven Knight, lui aussi sorti en 2013, et dans lequel Tom Hardy, seul face à la caméra dans l’habitacle d’une voiture, incarnait un entrepreneur et père de famille dont la vie partait à la dérive au gré de plusieurs coups de fils. Si Jake Gyllenhaal n’est pas stricto sensu seul à l’image, on n’est vraiment pas loin du solo d’interprétation. Le héros de Donnie Darko, Zodiac ou encore Prince of Persia campe ici le rôle d’un flic, Joe Baylor, temporairement mis au placard à la suite d’un événement passé sous silence. Que lui est-il arrivé ? Qu’a-t-il fait ? Pourquoi est-il aussi en colère ? Autant de questions sur Joe qui nous feront remettre en question son équilibre psychique du début à la fin. Et c’est bien sur les non-dits que repose l’intégralité du film, qui multiplie les angles morts et les nuances d’interprétation. Un savant jeu de dupes entre les protagonistes et le scénariste, Nic Pizzolatto (True Detective, Galveston), qui entretient le doute chez le spectateur.

Dès les premières minutes, on est efficacement immergés dans le quotidien éprouvant de ces héros de l’ombre qui reçoivent quantités d’appels plus ou moins alarmants, reroutent, rassurent, questionnent… sans jamais savoir comment tout cela va finir. Simples passeurs de relais, les opérateurs du 911 sont prisonniers du bocal connecté dans lequel ils travaillent, mais leur imagination, elle, doit être en roue-libre perpétuelle. On mesure rapidement à quel point il est nécessaire d’avoir des nerfs d’acier et un self-control imbattable pour tenir un tel poste. Deux qualités qui semblent faire défaut à l’officier Joe Baylor (Jake Gyllenhaal)… La plupart des intervenants sont invisibles, rendus audibles via le poste d’appel de Joe. En vrac, et en VO, on entendra Peter Sarsgaard, Riley Keough, Ethan Hawke, Eli Goree ou encore Paul Dano. L’oreille aux aguets, le regard vissé à celui de Jake Gyllenhaal, on assiste, tout aussi impuissants que son personnage, à un drame déstabilisant. Le comédien envahit l’espace, mais pas seulement physiquement : il habite littéralement l’image, sature l’écran d’une palette d’émotions exacerbées par l’urgence de la situation, dans une interprétation sur le fil à la limite de la crise de nerfs. Tendus, déconcertés, choqués, on est suspendus aux échanges alarmants entre l’officier, qui paraît perdre pied un peu plus chaque seconde, et les appelants, tour à tour victimes, agresseurs, collaborateurs, obstacles… Notre imagination tourne à plein régime ! Qu’en est-il de la sienne ? L’officier est-il seulement sain d’esprit ?


Contraints nous aussi à l’immobilisme, nous allons suivre les tentatives désespérées de l’officier Baylor pour localiser la jeune femme qui l’a appelé à l’aide, pendant 1h30 sous haute tension dans cette sorte de huis-clos qui nous gardera prisonniers du centre d’appel. Les minutes s’écoulent, et ce qui ressemblait à du zèle prend des allures de croisade rédemptrice. Le scénario déroule son fil, implacable, parfaitement timé. S’il manque d’une touche d’originalité, il reste diablement efficace. On ressort de ce visionnage hébété, comme avec une grosse gueule de bois. Un thriller efficace donc, qui vaut surtout pour la prestation habitée de Jake Gyllenhaal, réceptacle tout autant que point de mire de ce film intelligent qui se plaît à jouer au plus malin. Pour sûr, il ne saura combler toutes les attentes, ni marquer durablement les esprits, mais il est rondement mené. Un conseil : écoutez attentivement.

Titre Original: THE GUILTY

Réalisé par: Antoine Fuqua

Casting : Jake Gyllenhaal, Christina Vidal, Eli Goree…

Genre:  Thriller, Drame

Sortie le: 1er octobre 2021

Distribué par: Netflix France

BIEN

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