Critiques Cinéma

THE GUILTY (Critique)

SYNOPSIS: Une femme, victime d’un kidnapping, contacte les urgences de la police. La ligne est coupée brutalement. Pour la retrouver, le policier qui a reçu l’appel ne peut compter que sur son intuition, son imagination et son téléphone. 

Un homme, une caméra. Le cinéma nous a proposé ces dernières années des histoires centrées sur un seul personnage : Moon de Duncan Jones, All is Lost de Robert Redford, Seul sur Mars de Ridley Scott ou encore Tom Hanks dans Seul au Monde de Robert Zemekis. Mais les films qui se rapprochent le plus de ce The Guilty sont probablement Buried de Rodrigo Cortes et Phone Game de Joel Schumacher. Ici, comme les films précités, l’homme est dans un endroit confiné avec pour seul outil son téléphone et y subit une situation désespérée. Il est intéressant de noter qu’à l’heure de la surenchère des effets spéciaux et de la multiplicité des personnages, le second film du réalisateur danois Gustav Moller apparait comme une vraie alternative. On redoute toujours devant ce genre de film la fausse bonne idée du synopsis, l’exercice de style pompeux mais le metteur en scène évite les écueils en mettant son spectateur en tension permanente et en jouant parfaitement avec les effets.

Tout d’abord, on est assez captivé par ce milieu dans lequel travaille le personnage principal. On le verra au fur et à mesure du film mais dans un tel métier, on est amené à traiter de la petite anecdote anodine (vol, personnes totalement avinées, bagarre) à une situation urgente comme un enlèvement. L’empathie est immédiate puisqu’on imagine le détachement qu’il faut avoir par rapport à telle ou telle situation. On apprend d’ailleurs rapidement que le personnage principal a un passé plutôt trouble et qu’il est suivi psychologiquement ce qui apparait en totale contradiction avec ce métier stressant où le calme et la sérénité doivent prédominer. L’immersion est également réussie grâce à la qualité de l’interprétation de Jakob Cedergren, déjà vu dans Antigang de Benjamin Rocher. De tous les plans, il donne une vraie épaisseur à son personnage d’homme brisé.

Mais la vraie force du film est de tenir le spectateur en haleine tout au long de ses 1h25 dans ce trip claustrophobe où l’étau se resserre au fur et à mesure sur ce flic cherchant une rédemption par tous les moyens (en témoigne cette scène digne d’un film d’horreur, avec cette lumière rouge agressif faisant penser au Red October de McTiernan). A l’image de Buried, un aspect littéraire se dégage du film où l’imagination marche à plein régime puisque chaque interlocuteur, chaque situation donne lieu à une représentation subjective. On s’imagine physiquement cette camionnette dans laquelle se retrouve cette femme kidnappée, le tout dans une tension permanente. Le metteur en scène fait ainsi beaucoup travailler le spectateur pendant ce film. La dernière partie vient magistralement parachever tout ce que Gustav Moller a semé pendant cette première heure. Les certitudes se cassent les unes après les autres, la mise en scène se resserre petit à petit jusqu’au final choc et la cohérence du récit nous saute aux yeux irrémédiablement dans ce thriller hitchcockien. Il faudra dorénavant suivre ce cinéaste.

Titre Original: DEN SKYLDIGE

Réalisé par: Gustav Moller

Casting :  Jakob Cedergren, Jessica Dinnage, Omar Shargawi

Genre: Thriller

Sortie le : 18 Juillet  2018

Distribué par: ARP Sélection

EXCELLENT

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