Critiques Cinéma

Baby Boss 2 : UNE AFFAIRE DE FAMILLE (Critique)

SYNOPSIS: Dans la suite de BABY BOSS, les frères Templeton – Tim et Ted, ex-Baby Boss – sont désormais adultes et se sont perdus de vue. Tandis que Tim est père au foyer, Ted est patron d’un fonds spéculatif. Mais un nouveau Baby Boss au caractère bien trempé s’apprête à ressouder les liens entre les deux frères… 

Le premier Baby Boss partait d’un postulat intéressant, à savoir comment un garçon, fils unique et habitué à ce confort, vivait l’arrivée d’un petit frère au sein de la famille et du temps que ce dernier accapare de la disponibilité parentale. Avec au final une histoire mettant en avant l’imagination d’un enfant, le résultat était sympathique, mais en rien exceptionnel. Il faut dire que les gags n’étaient pas forcément nombreux, et que la lecture d’une histoire revisitée par l’imagination d’un enfant n’était pas forcément accessible aux plus jeunes. Cependant, le succès commercial du film fut au rendez-vous et une suite voit à présent le jour. Cependant, comment réitérer le concept initial (comment une simple histoire devient une aventure incroyable dans les yeux d’un enfant), avec les mêmes protagonistes, sans pour autant reprendre les mêmes rebondissements ? Avec un concept abracadabrantesque, de l’enfant de Tim, personnage central du premier opus, qui fait aussi partie de Baby Corp, avec une nouvelle mission, et replongeant le duo de frères rivaux dans leur corps d’antan. Et c’est certainement le plus gros point faible du film, celui de ne pas avoir la double lecture qu’offrait le film d’origine. Là où tout se déroulait dans l’imaginaire de l’enfant auparavant, ici, tout est réel. Le rajeunissement est réel puisque les protagonistes interagissent avec de nombreux personnages, dont l’aînée de Tim, et leurs actions d’enfant ont un réel impact sur le monde du film.



Car si le prétexte pour qu’ils retombent en enfance – une virée entre frères – était parfait pour développer le propos  à savoir retrouver les liens familiaux que l’on crée dans notre jeunesse, cet alibi finit par n’être plus que ça et ne permet pas de double lecture entre le réel et l’imaginaire. Au-delà de l’importance de reconnecter sa famille, un autre message finit par monopoliser l’intrigue, celui du travail de parent pour permettre l’épanouissement de leurs enfants. Un second message amené avec beaucoup de sincérité, mais avec maladresse. Petit plus, c’est qu’au-delà de l’utilisation (classique) des set-up/pay-off, ceux-ci se révèlent être suffisamment nombreux pour ne pas tomber dans trop de facilité, justifiant de nombreuses scènes et dénouement tout au long du film. L’humour est à peine aussi présent que dans le premier opus, avec quelques gags qui font véritablement effet (notamment sur la version 3D de Spirit), le film, en se concentrant sur l’histoire, finit par diluer son potentiel comique (du moins pour un adulte). Même le personnage de Wizzy, qui faisait auparavant de nombreuses références au Seigneur des Anneaux, a perdu de sa verve pour se concentrer sur les mêmes blagues, encore et encore.



Au niveau du casting vocal VO, si on retrouve l’essentiel du premier film (notamment Alec Baldwin toujours impeccable dans son rôle), on retrouve deux nouveaux acteurs, notamment Jeff Goldblum dans le rôle du méchant de l’histoire. Un personnage visiblement écrit pour lui tant les mimiques du personnage collent parfaitement au phrasé du comédien. James Marsden remplace Tobey Maguire dans le rôle de Tim adulte, et force est de reconnaître que le remplaçant n’arrive pas à avoir la chaleur et le confort que l’interprète du premier Peter Parker (live) arrivait à distiller pendant quelques phrases lors des dernières minutes du film. Parmi les points forts de Baby Boss 2, force est de reconnaître la qualité de l’animation. C’est dynamique, plein de petits détails et avec une palette de couleur variée. Mention spéciale pour l’animation de l’eau lors de la séquence de la boîte. Le montage est, à l’instar du précédent opus, toujours aussi dynamique et rythmé, n’hésitant pas à faire reposer l’histoire lors de moments se voulant touchants. La musique du film ne dénote pas forcément de thème mémorable, si ce n’est l’utilisation de Time Warp (issu du Rocky Horror Picture Show) qui reste en tête encore après la fin du film. Et c’est dans un sens dommage puisque les deux scènes musicales n’ont pas de refrains ou de thèmes pouvant laisser une empreinte mémorable, que Disney parvient plus souvent à faire de son côté. Baby Boss 2 est, au final, une véritable réussite technique, mais un échec scénaristique, ne parvenant pas à mêler l’insouciance et l’inventivité de l’enfance avec une intrigue à double sens permettant aux enfants et parents de s’unir autour d’un message commun (mais compris différemment), pour au final, leur offrir deux messages différents, ce qui va un peu à l’encontre la logique d’union familiale que veut proposer le film.

Titre Original: THE BOSS BABY : FAMILY BUSINESS

Réalisé par: Tom McGrath

Casting : Jérôme Commandeur, Miles Christopher Bakshi, Alec Baldwin…

Genre: Animation, Comédie, Famille

Sortie le : 18 août 2021 

Distribué par: Universal Pictures International France

PAS GÉNIAL

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