Critiques Cinéma

PASSÉ VIRTUEL (Critique)

SYNOPSIS:  Passionné de logiciels et des années trente, Hannon Fuller est parvenu à recréer l’époque qu’il affectionne, dans laquelle il peut se projeter. Au cours d’un de ses voyages virtuels, il fait une découverte aussi fascinante qu’effrayante, dont il cherche à faire part à son associé, Douglas Hall. Malheureusement, il est assassiné avant d’avoir pu communiquer son secret. Pour l’inspecteur McBrian, Douglas devient le suspect idéal. Pour prouver son innocence, Douglas décide de trouver l’assassin de son ami dans son passé virtuel. 

La sortie de Réminiscence et sa possibilité de revivre des événements passés, a fait comme un écho à une œuvre de 1999, sous-estimée et tombée dans l’oubli : Passé Virtuel. Il faut dire que proposer un film de SF parlant de monde virtuel peu de temps après Matrix était la garantie d’un échec. Un échec pas forcément mérité lorsque l’on prend le temps de replonger dans le long-métrage, plus de 20 ans après sa sortie. Le postulat est simple : Fuller, un riche concepteur vient d’être assassiné, et Douglas, le suspect principal n’a aucun souvenir de ce qui s’est passé au moment du crime. Sa seule façon de s’innocenter est de trouver les indices laissés par Fuller, indices qui se trouvent dans un Los Angeles virtuel des années 30 qu’ils ont conçu ensemble. Amorcé comme une enquête policière teintée de SF, le film échoue dans sa dimension policière à proposer une enquête passionnante mais préfère se concentrer sur la découverte du protagoniste de la simulation et de l’impact que la simulation a d’un point de vue psychologique, ainsi que ses conséquences. En ne cherchant pas à étendre son univers pour annoncer quelque chose de plus vaste, et en se concentrant au contraire sur les seuls éléments qu’elle amorce, l’histoire se contient à elle seule et ne se perd pas dans trop d’intrigues secondaires.

C’est pourquoi, lors de la révélation du twist, la narration poursuit son dernier tiers pour dénouer complètement son intrigue et clôturer l’ensemble des différentes questions que le scénario a su poser tout au long des 1h40 du film… Si la révélation du twist peut nous permettre de réfléchir sur le monde qui nous entoure, il s’agit du véritable intérêt du film, mais malheureusement vu à de multiples occasions de nos jours, ce qui risque d’en atténuer l’effet de surprise. L’âge du long-métrage joue aussi en sa défaveur, avec un rythme particulièrement lent, dû à une réalisation pas classique, sans véritable ambition. Il faut dire que le réalisateur (Josef Rusnak), dont c’est le troisième film, n’a pas suffisamment d’étoffe pour imprimer un véritable style visuel. Car si on peut apprécier une colorimétrie différente entre le monde réel et le monde virtuel qui vire vers le sépia (comme un écho aux films de l’époque), et qu’on ne se perde pas particulièrement entre les deux mondes, force est de constater que la photographie est, de manière générale, sans véritable ambition.

Au niveau du casting, c’est assez aléatoire. Les seconds rôles sont solides, mais le rôle principal manque malheureusement de conviction. Craig Bierko, qui mène le casting, fait preuve de beaucoup trop de sobriété dans le monde réel, et ne parvient pas à créer de véritable attachement pour son personnage, qui paraît froid et dont l’absence d’intrigues secondaires ne permettent pas à l’acteur d’ajouter une quelconque touche personnelle en dehors du cadre monolithique qu’il dégage. Au niveau des seconds rôles, Gretchen Mol, seul personnage féminin de l’histoire, n’arrive pas offrir autant d’attachement à son personnage que celui qu’éprouve le protagoniste pour elle. Cependant Vincent D’Onofrio, avant qu’il ne soit véritablement révélé au grand public, performe dans son rôle à double emploi. Dennis Haysbert n’est malheureusement pas assez présent dans le rôle d’un enquêteur persistant, pour pouvoir se forger un véritable avis sur sa prestation. Passé Virtuel est certainement l’une des œuvres qui met le plus en exergue les questions d’univers fictifs au sein d’un film (qu’il s’agisse d’un rêve ou d’une simulation), en se concentrant sur son intrigue principal, mais malheureusement, son faible budget, son rythme et son sujet énormément abordé depuis, en font un film qui ne parviendra pas à résister à l’épreuve du temps.

Titre Original: FRAGILE

Réalisé par: Josef Rusnak

Casting : Craig Bierko, Armin Mueller-Stahl, Gretchen Mol

Genre: Fantastique, Thriller, Science Fiction

Sortie le: 18 août 1999

Distribué par: Columbia TriStar Films

MOYEN

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