Critiques Cinéma

THE DEEP HOUSE (Critique)

SYNOPSIS: Un jeune couple américain spécialisé dans l’urbex (exploration urbaine) décide d’aller explorer une maison réputée hantée qui a été ensevelie sous un lac artificiel. Mais celle-ci semble se refermer sur eux et le couple se retrouve prisonnier de cet endroit chargé des plus sombres histoires… 

Si la volonté constante du cinéma d’horreur de se renouveler en se nourrissant le plus possible de l’actualité et des nouvelles façons d’appréhender le monde offertes par – notamment – les nouvelles technologies, est particulièrement appuyée depuis une paire de décennies par l’inclusion du Found Footage (Le Projet Blair Witch, [REC]…) ou des réseaux sociaux (Unfriended…), il était étonnant que l’urbex ne se soit pas encore implanté dans le genre comme le parfait support d’aventures horrifiques à l’immersion et à la flippe assurées. Abréviation du terme « Exploration Urbaine », l’urbex est une pratique consistant à s’introduire dans des lieux abandonnés, mystérieux et/ou riches en histoires et en légendes dans le but d’en découvrir ses secrets. Devenu un véritable sous-genre complètement inhérent au contenu YouTube moderne – certains vidéastes s’étant même spécialisés dans le domaine – l’Urbex possède des possibilités scénaristiques majeures que la scène horrifique ne saurait tarder à explorer dans ses propositions futures. Et dans cette lignée, le duo de réalisateurs français Alexandre Bustillo et Julien Maury débarque justement en 2021 avec son nouveau long-métrage, The Deep House, plaçant l’urbex au centre de leur intrigue de maison hantée. Jeune couple de youtubers urbex, Tina et Ben situent leur nouvelle exploration dans le Sud de la France, en visant particulièrement un lac artificiel placé sur un ancien village. S’armant de leur drone sous-marin et de leurs bouteilles d’oxygène, ils plongent alors à la découverte d’une maison abandonnée, théâtre de mystérieux évènements sous les eaux du lac.

Développant un concept scénaristique simple par la visite d’une maison hantée qui refermera son piège sur les deux explorateurs, The Deep House creuse son apparente linéarité narrative par sa très solide mise en scène, utilisant par à-coups le Found Footage pour augmenter l’immersion du spectateur dans ce train fantôme sous-marin riche en remous. Car en traitant l’urbex sous ce point de vue subaquatique, Bustillo et Maury trouvent une véritable singularité dans leur proposition, justifiant ainsi un jeu malsain et imprévisible entre le public et les metteurs en scène, en prenant à revers les habituels clichés du genre pour construire une atmosphère oppressante et étouffante qui prend aux tripes. Dans ces eaux chargées et par ses bouteilles d’oxygène qui se vident inexorablement, The Deep House brûle lentement sa chandelle, plaçant d’abord un contexte réaliste et crédible pour qu’il puisse à chaque instant tout dynamiter en envoyant valser les attentes. A travers son pitch de maison hantée classique, le long-métrage place ses pions dans des eaux tourmentées et piégeuses qui enferment autant les personnages que son spectateur.

The Deep House, même s’il cède parfois à la facilité d’une imagerie et d’une scénographie tremblante avec une shaky cam trop présente lors des scènes de tension et de panique, s’avère être une réussite poussant un cri à un cinéma français en manque d’ambition, démontrant implacablement qu’il est possible de développer des idées originales et prenantes sans gros budget. A travers son ampleur, ses fantômes qu’il ressuscite et son compte à rebours suffocant, Bustillo et Maury bâtissent dans cette maison immergée une proposition surprenante et impactante qui construit une véritable horreur unique, poussant constamment le spectateur vers les abysses les plus ténébreuses.

Doté d’un casting très propre (Camille Rowe et James Jagger incarnent le couple de tête du film) et d’une bande sonore d’une grande qualité, The Deep House se présente fièrement comme une plongée horrifique singulière donnant comme un vent de fraîcheur à un cinéma de genre français parfois trop figé. Avec cette démonstration technique satisfaisante offrant un spectacle effrayant et tendu à souhait, Bustillo et Maury donnent corps à un concept qui, même s’il manque de profondeur et d’idées particulièrement saisissantes dans son scénario et dans son déroulé, s’aventure dans un hors-piste sous-marin en dehors des sentiers battus pour redonner un nouveau souffle d’oxygène embouteillé au film de maison hanté. Noyant ses protagonistes dans une spirale humide et putride aussi menaçante qu’inquiétante, le long-métrage nage entre les sous-genres de l’horreur pour venir y implanter sa graine d’inventivité visuelle et d’imagerie morbide. Car l’eau, comme l’espace, est un des seuls endroits accessibles à l’Homme dans lequel il ne tire aucun avantage et où il devient donc très rapidement la proie de toutes les créatures et autres monstres imaginables par des scénaristes en recherche continuelle de nouveaux moyens de faire frissonner son spectateur.

Titre Original: THE DEEP HOUSE

Réalisé par: Alexandre Bustillo, Julien Maury

Casting : Camille Rowe, James Jagger, Eric Savin…

Genre: Epouvante-Horreur

Sortie le: 30 juin 2021

Distribué par: Apollo Films

TRÈS BIEN 

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