Critiques Cinéma

VILLA CAPRICE (Critique)

SYNOPSIS: Avocat célèbre, Luc Germon pense atteindre la consécration lorsque Gilles Fontaine, l’un des patrons les plus puissants de France, lui demande de prendre sa défense. L’homme d’affaires est soupçonné d’avoir acquis dans des conditions douteuses une magnifique propriété sur la Côte d’Azur, la Villa Caprice. Humilié et furieux de s’être laissé piéger, Fontaine compte sur l’habileté de Germon pour le tirer de ce mauvais pas. Mais une étrange relation de pouvoir s’installe bientôt entre les deux hommes, en principe alliés. Qui prendra l’avantage ?

Il y a dans Villa Caprice les prémisses d’un grand film sur la justice, le pouvoir et les luttes d’influence qui ne parvient malheureusement pas à tenir ses promesses. Porté par le duo Niels Arestrup – Patrick Bruel, écrit (avec Pascale Robert-Diard et Sonia Moyersoen) et réalisé par Bernard Stora qui revient à la mise en scène de cinéma vingt ans après Un dérangement considérable, Villa Caprice vaut surtout pour l’affrontement entre ses deux vedettes qui, forts de leur charisme, de leur plaisir visible de jouer ensemble, réussissent deux belles performances. Du coup, d’où vient cette relative déception au visionnage d’une œuvre qui semble datée et ne pas approfondir des thématiques qui étaient extrêmement prometteuses sur le papier et qui ne sont que survolées? A la réalisation appliquée mais très illustrative de Stora? A un scénario qui digresse trop par moments pour surligner à gros traits la psychologie de ses personnages? A une fin inattendue mais dont les enjeux dramatiques nous ont semblés artificiels?

C’est un peu tout ça à la fois et la frustration est assez forte tant le numéro de duettistes des deux comédiens est assez jubilatoire. Arestrup est toujours aussi intense et puissant, sachant par petites touches faire apparaitre les failles de celui qui a l’apparence d’un roc rompu à la défense des grands de ce monde. Bruel lui tient tête avec une présence et une densité que les années rendent encore plus profondes. Pourtant, si les dialogues font parfois mouches, la tendance aux mots d’auteur empesés leur fait perdre un naturel qui aurait été bienvenu. L’histoire est tortueuse mais la conclusion manque de subtilité pour nous convaincre malgré une certaine habilité tandis qu’autour des deux stars, Irène Jacob, Laurent Stocker ou Michel Bouquet n’ont pas beaucoup de grain à moudre, même si la présence de ce dernier – 95 ans au compteur- démontre encore si besoin était quel grand comédien il est. C’est Paul Hamy, qui en peu de scènes, s’en sort le mieux, avec une présence envoûtante et énigmatique qui, de film en film, révèle une personnalité singulière. Il y avait au final sans doute l’esquisse d’une pièce de théâtre plus à même de convaincre et où l’affrontement des deux acteurs aurait pu nous valoir un face-à-face d’anthologie mais on se retrouve avec un film qui ne parvient pas à choisir entre le film de procès et le thriller psychologique, et dont aurait aimé qu’il soit moins ampoulé et plus fin dans sa dénonciation des privilèges des puissants et de leurs passes-droits. Villa Caprice, sans être totalement raté manque le coche et nous laisse un sentiment d’inachevé qui avive nos regrets.

Titre Original: VILLA CAPRICE

Réalisé par: Bernard Stora

Casting: Niels Arestrup, Patrick Bruel, Michel Bouquet

Genre: Thriller

Sortie le: 02 juin 2021

Distribué par: Bac Films

MOYEN

 

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