Critiques

Falcon & le Soldat de l’Hiver (Critique Mini-Série Épisode 1×01) Décollage réussi

SYNOPSIS: Sam Wilson, alias Falcon, et Bucky Barnes, le Soldat de l’Hiver, se lancent dans une aventure autour du monde qui va mettre leurs ressources – et leur patience – à rude épreuve.

Falcon et le soldat de l’hiver aurait du être la première série du Marvel Cinematic Universe mais la pandémie de COVID en décida autrement. Voyant son tournage perturbé c’est Wandavision qui se vit propulsée série inaugurale avec un succès considérable inattendu au regard d’un ton plus original. Ce succès place donc ironiquement  Falcon et le soldat de l’hiver dans une position plus inconfortable mais on le verra, la série introduit une dimension psychologique et sociale  absente des films pour se distinguer à sa manière tout en gardant un ton  en phase avec celui des films Marvel Studios. Falcon et le Winter Soldier s’ouvre sur une séquence d’action spectaculaire tout à fait digne du grand écran qui trouve Sam Wilson (Anthony Mackie)  en mission pour  l’armée américaine au Moyen-Orient pour récupérer un officier américain enlevé par le mercenaire Batroc (personnage vu dans Captain America et le Soldat de l’hiver toujours incarné par Georges St-Pierre) pour le compte d’une fraction  terroriste. Cette séquence aérienne dynamique, à la chorégraphie  amusante et créative offre une grande scène d’action super-héroïque dont on est sevré depuis un an et permet ainsi au reste du pilote dirigé par Kari Skogland (Handmaid’s Tale) d’explorer des aspects plus intimistes. Les personnages du MCU traversent de nombreux traumatismes dont les films limités par leur durée ne peuvent explorer les conséquences. Et peu de personnages ont un passif aussi lourd que la deuxième tète d’affiche de la série James Buchanan « Bucky » Barnes aka Le Soldat de l’Hiver (Sebastian Stan toujours excellent dans le rôle) partenaire de Captain America durant la guerre devenu un assassin soumis à des lavages de cerveau régulier. La série le montre hanté par des cauchemars récurrent et contraint de voir un psy de l’armée qui connaît sa situation particulière et essaie de l’aider à aller de l’avant, un processus qui implique de réparer une partie de ses fautes . La mise en scène de Skogland dans ces séquences de thérapie, avec ces gros plans à grand angle est plus décalée que l’esthétique Marvel habituelle. La versatilité de la réalisatrice qui concilie intimisme et action sert beaucoup la série.

Si Sam Wilson est un personnage plus solaire il est lui aussi en proie à des tourments intérieurs. La première scène de la série le voit se remémorer sa réponse à Steve Rogers quand ce dernier lui a remis son bouclier à la fin d’Avengers Endgame,  ce sentiment qu’il aurait toujours l’impression que ce serait le bouclier de quelqu’un d’autre. Sam est donc montré comme un héros réticent  en ce début de série à assumer de devenir ce symbole, l’incarnation patriotique de son pays. Double symbole puisqu’évidemment il serait le premier Captain America afro-américain. Rhodey (Don Cheadle)  essaie de en vain de le convaincre mais Sam préfère confier la relique au musée du Smithonian.  Car en dépit de son statut de  héros, Sam fait face à d’autres soucis , il ne peut  aider sa sœur Sarah (Adepero Oduy) à obtenir un prêt bancaire nécessaire pour maintenir l’entreprise de pêche familiale à flot en Louisiane. Comme Wandavision, la série explore  le point de vue des habitants du MCU post-snap, ses théories de la conspiration, la vie difficile pour ceux qui reviennent au bout de cinq ans. Ainsi l’exploration des contradictions d’un super-héros noir dans une Amérique secoué par des problèmes raciaux, sa  confrontation avec les  réalités économiques  que sa position d’Avenger lui permettait d’éviter sont autant de dimensions sociales que les productions Marvel n’avaient jamais abordées jusqu’alors.

Mais Le Faucon et le soldat de l’hiver s’inscrit pleinement dans la veine action-espionnage du premier films des frères Russo, Henry Jackman compositeur sur Winter Soldier et Civil War signe d’ailleurs le score de la série, avec l’émergence d’une organisation terroriste internationale appelée les Flag-Smashers, qui voudrait supprimer complètement les frontières concorde et qui semble disposer d’agents dotés d’une force surhumaine. Cette organisation s’inspire d’un vilain apparu dans le run sur le comic-book Captain America du scénariste Mark Gruenwald. Aux cotés de celui du scénariste Rick Remender qui fit de Sam Wison le nouveau Captain America à une époque où Steve Rogers dans des circonstance,s différentes étaient devenu un vieillard, semble être une des inspirations principales de la série puisque  la dernière scène du pilote introduit sa création la plus célèbre John Walker le nouveau Captain America (Wyatt « fils de Kurt » Russell) choisi dans le comic-book comme ici par le gouvernement pour remplacer Steve Rogers comme icône de l’Amérique. Une scène dérangeante pour  les fans de Marvel, mais qui frappera particulièrement tous ceux qui ont raté des opportunités à cause de la discrimination. On est impatient de découvrir comment les scénaristes vont interpréter celui qui, dans les pages des comics, est une version plus extrême et violente du héros écrit par Gruenwald  en pleine période Reaganienne dont les scénaristes d’une série écrite sous l’ère Trump ne vont sans doute pas écarter la  portée politique.  Avec ces deux  menaces antagonistes , une organisation anarchiste qui veut abolir les frontières et un nouveau Captain America qu’on devine ultra-nationaliste , la promesse annoncée par le showrunner Malcom Spellman (la série Empire) d’un ton proche des grands buddy-movies comme L’Arme Fatale ou 48 heures, le retour du Zemo incarné par Daniel Bruhl un des meilleurs vilains du MCU et sur la base de ce premier épisode on espère énormément de la suite de la série.

Crédits: Disney +

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