Critiques Cinéma

PALM SPRINGS (Critique)

SYNOPSIS: L’insouciant Nyles fait la connaissance lors d’un mariage à Palm Springs de Sarah, soeur de la mariée et demoiselle d’honneur. Les choses se compliquent rapidement lorsque le duo se retrouve piégé dans l’espace-temps de ce mariage, contraint de revivre sans cesse la même journée. 

La dernière décennie était quelque part celle d’Andy Samberg. Membre du groupe The Lonely Island avec lequel il s’est illustré et révélé au public américain au sein du Saturday Night Live entre 2005 et 2012, le comédien est surtout connu pour son incarnation de Jake Peralta, le détective star de la sitcom policière Brooklyn Nine-Nine, ayant ainsi réussi l’exploit de s’exporter lui et son talent tout particulier de la réplique bien sentie et de son sens affuté de l’absurde mélangé à son immaturité attachante si caractéristique, à l’international. Figure comique contemporaine par excellence, Samberg a franchit ainsi les limites de la télévision en signant en 2016 la réalisation du faux-documentaire Popstar avec ses camarades de jeu de The Lonely Island, Akiva Schaffer et Jorma Taccone, suivant le parcours d’une star de la musique sur le déclin qui tente de réhabiliter son image. Dans cette volonté de continuer ce bout de chemin sur le médium cinématographique, le trio de The Lonely Island est à la production d’une nouvelle comédie, véritable succès raz-de-marée public et critique de l’autre côté de l’Atlantique, ayant été projeté en avant-première au renommé Festival de Sundance avant d’être racheté à un prix record par la plateforme Hulu. Andy Samberg y campe le premier rôle, entouré d’un casting riche en grands noms où l’on retrouve J.K. Simmons, Tyler Hoechlin, Camila Mendes ainsi que sa partner-in-crime dans cette aventure estivale Cristin Milioti.


Nous nous garderons de dévoiler les grands retournements de situation de l’intrigue du film, même s’il est obligatoire d’en évoquer le concept de base pour pouvoir en parler convenablement. Palm Springs, réalisé par Max Barbakow (dont c’est la première mise en scène), nous raconte l’histoire de Sarah, demoiselle d’honneur au mariage de sa sœur Tala. Alors qu’elle rencontre le fringuant et un brin immature Niles à ce fameux mariage en plein milieu du désert, les voilà brusquement et mystérieusement enfermés dans une boucle temporelle. Se parant du concept de la boucle temporelle qui n’est pas sans évoquer le classique Un Jour sans Fin, ayant dans sa directe lignée des films comme Happy Deathday ou Edge of Tommorow, Palm Springs s’engage dans un véritable parti pris scénaristique, pouvant pourtant faire craindre le pire. Facile de s’emparer d’un concept déjà exploré pour en fabriquer un ersatz sans saveur et vide d’intérêt. C’est là où les films cités précédemment avaient réussi leur coup, en développant d’autres genres et des histoires réinventant les enjeux de la boucle temporelle. Un concept n’est qu’une base sur laquelle il convient d’étayer des idées novatrices pour pouvoir réussir son coup. Et Palm Springs est une véritable réussite d’une grande générosité à ce niveau là.


Avant d’être un film de boucle, le film de Barbakow est d’abord une comédie d’une inventivité débordante, jouant avec un comique de situation toujours juste, assurément décalé et se dotant d’une parfaite gestion de son rythme. En cela, Palm Springs se pose comme un récit dans la directe lignée d’une génération entière qui commence à s’imposer, celle qui a fondé « l’humour Internet » et qui aujourd’hui se retrouve avec les moyens de réaliser des produits esthétiquement réussis. Car les comédiens en parfaite symbiose parviennent parfaitement et avec une facilité décomplexée à nourrir le rythme mené quasiment tambour battant de cette histoire qui ne se pose que pour devenir touchante. Car même si l’humour inhibe l’intégralité du récit via ses protagonistes en décalage complet à cause de la boucle qui empêche leurs actes d’avoir des conséquences définitives, Palm Springs surprend d’autant plus par son approche sensible et émouvante, plaçant son duo de tête au centre de tout. La boucle temporelle semble leur tomber dessus pour leur permettre – outre un défouloir cathartique – une véritable introspection et un questionnement intime sur leurs besoins et sur leurs envies. Et le spectateur s’attache alors très rapidement à ces deux protagonistes qui paraissent alors profondément humains dans leurs défauts. Palm Springs est un mélange de genres, et c’est ça qui rend sa proposition si authentique et singulière. On a affaire à une comédie romantique prenant place dans une boucle temporelle issue de récits fantastiques. Et de cette façon, l’histoire déploie son univers visuel et narratif avec un naturel et une générosité communicative. La bulle de Niles et Sarah paraît alors libératrice et le parfait support d’une série de blagues précises qui se complaisent parfois dans l’immaturité, proposant au spectateur un récit feel-good de grande qualité.


Les personnages principaux sont d’une grande richesse narrative dans le cadre du récit, permettant de développer toutes les idées du scénario, et la principale réussite du film est bien évidemment son duo de tête. Andy Samberg et Cristin Milioti forment un couple de choc, des partner-in-crime trouvant une alchimie qui frappe immédiatement et qui rend cette histoire d’autant plus naturelle. Ils sont attachants et touchants ensemble, formant la symbiose parfaite de tous les genres qu’explore le film. Ils portent le film à eux deux dans certaines scènes qui devraient probablement rester quelques temps dans la tête du public. Car Palm Springs est un produit qui se place sans grande difficulté dans le haut du panier de la comédie américaine, celle qui se perd parfois dans ses blagues potaches ou son humour subversif sans profondeur, mais qui peut être magique quand elle parvient à prendre de la distance sur ses personnages pour mieux en capter leur substance. Barbakow, Samberg et Milioti nous offrent un film extrêmement feel-good, outrageusement cathartique et absolument hilarant, qui surprend et happe par sa légèreté, sa sensibIlité intrinsèque et son émotion sous-jacente prête à jaillir quand le rythme effréné du film lui permet des respirations planantes et définitivement belles. C’est une véritable réussite, se parant également d’une superbe bande-originale, playlist réjouissante de chansons qui, même si on les écoute et réécoute depuis des années, nous donnent encore et encore le sourire. Et de la même façon, on regarderait bien Palm Springs encore et encore.

Titre Original: PALM SPRINGS

Réalisé par: Max Barbakow

Casting : Andy Samberg, Cristin Milioti, J.K. Simmons  …

Genre: Comédie, Romance

Sortie le: 12 février 2021

Distribué par: Amazon Prime Video France

4 STARS EXCELLENTEXCELLENT

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