Critiques Cinéma

ZONE HOSTILE (Critique)

SYNOPSIS: Dans le futur, un pilote de drone est déployé dans une zone militarisée meurtrière où il va travailler pour un officier androïde chargé d’empêcher une attaque nucléaire.   

Dans les années 80 et 90, avec des réussites contrastées, en dépit d’un capital sympathie difficilement contestable, on a assisté à l’émergence d’un sous genre de la science fiction surfant sur la popularité du buddy movie. Ainsi, sur la base du schéma classique du duo de flics que tout oppose au départ et qui va apprendre à se découvrir lors d’une mission particulièrement dangereuse , a-t-on pu voir James Caan (Alien Nation, Graham Baker) faire équipe avec un alien intégré à la police de Los Angeles (Mandy Patinkin) et Michael Nouri (The Hidden, Jack Sholder) avec un alien ayant pris l’apparence d’un agent du FBI (Kyle Maclachlan). Dans Enemy (Wolfgang Petersen, 1985), Denis Quaid se retrouvait lui aussi flanqué d’un alien ennemi devenu un allié de circonstance face au danger qui les menace. Dans son pitch, comme dans une partie de ses intentions, Zone Hostile se place dans ce sous-genre de la science fiction que Netflix connaît bien pour avoir produit le très onéreux et critiqué Bright (David Ayer, 2018) dont il faut bien dire qu’il ne reste plus rien aujourd’hui. Si Bright avait suscité quelques espoirs compte tenu de la filmographie de son metteur en scène (que le seul Suicide Squad ne suffit pas à passer par pertes et fracas), Zone Hostile a été confié à un de ces réalisateurs solides mais sans génie (Mikael Hafstrom) que l’on peine à identifier malgré une filmographie plutôt fournie et pas déshonorante (Chambre 1408, Dérapage, Le Rite...). Cette précision n’est pas fortuite quand le sentiment que nous laisse Zone Hostile est celui d’un film sur pilote automatique, sans identité, sans point de vue, pas déplaisant dans le cadre d’un visionnage passif devant un petit écran mais qui a si peu d’aspérités, qui prend si peu de risques que lui préférer Bright pourrait se concevoir.

Zone Hostile a un ADN de série B mais a pu bénéficier d’un budget confortable qui devrait lui permettre de sortir du lot des innombrables films de science-fiction dont on découvre l’existence dans un catalogue VOD, x années après leur sortie. Il y avait assurément quelque chose à proposer dans ce cadre de guerre froide futuriste, dans des décors parfois assez impressionnants, sous fond d’ingérence américaine dans un conflit né en Russie, dans lequel il est question par ailleurs de libre arbitre d’un androïde et de découverte des réalités du terrain par un soldat qui n’a jamais rien connu d’autres que les manettes de son drone. Zone Hostile déroule son programme avec la froideur mécanique des films qui n’ont d’autre ambition que d’être un produit marketable, répondant aux codes et à l’esthétique du moment, destiné à une consommation rapide sur la promesse de son pitch et de sa tête de gondole  (Anthony Mackie). Il y a plus d’envie de cinéma, d’engagement du casting comme du metteur en scène dans les séries B les plus basiques des années 80/90, que dans tous ces produits calibrés qui citent, recyclent, copient les références du genre dans lequel elles s’inscrivent. Un peu d’Eye in The Sky (Gavin Hood, 2015) et de Good Kill (Andrew Niccol, 2014), par ci pour ce qui est de Harm (Damson Idris), de sa condition de pilote de drone et de sa prise de conscience des conséquences de ses actes, de design à la Neil Blomkamp pour les robots soldats, beaucoup de Terminator , le tout saupoudré de l’esprit des séries  B mettant en scène des duos humain/alien/robot, Zone Hostile agrège ses influences sans trouver son propre ton.

Outre son manque de personnalité, son manque d’identité visuelle (on a l’impression de revoir encore et toujours la même photographie délavée, grisâtre en vogue dans les productions SF actuelles), le manque d’impact et d’inventivité de ses scènes d’action, le gros handicap de Zone Hostile réside dans le manque de charisme et d’alchimie des deux personnages sur lesquels il pourrait se reposer pour masquer l’inanité de son scénario et de sa mise en scène. Anthony Mackie, pourtant habituellement convaincant, semble tétanisé, coincé dans la palette d’expressions réduites au strict minimum que lui impose son rôle d’androïde. Pour autant, il ne parvient ni à incarner une menace tangible, ni à faire ressentir véritablement la versatilité de cet androïde qui ouvre les yeux sur sa condition, son créateur. Qu’il veuille être cool au détour de quelques répliques, badass dans des longues scènes d’action mettant en valeur ses capacités physiques, il parait toujours engoncé. En face de lui, Damson Idris est un élève bien trop sage pour qu’il se passe quoi que ce soit entre ces deux personnages au delà de ce qui est imposé par le scénario. Cet aspect mécanique, programmatique, écrase tout ce qui pourrait être par ailleurs intéressant avec un autre traitement, parce qu’il y avait assurément un peu de matière dans ce cadre de guerre froide, d’ingérence américaine et de « terminator » qui se retourne contre son créateur.

Titre original: OUTSIDE THE WIRE

Réalisé par: Mikael Hafstrom

Casting: Anthony Mackie, Damson Idris, Enzo Cilenti …

Genre: Science-Fiction, Guerre

Sortie le: 15 janvier 2021

Distribué par : Netflix

PAS GÉNIAL

 

 

 

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