Critiques Cinéma

MA BELLE-FAMILLE, NOËL ET MOI (Critique)

SYNOPSIS: Une jeune femme souhaite demander sa petite amie en mariage lors du repas de Noël, mais ses plans sont chamboulés lorsqu’elle découvre que sa partenaire n’a pas fait son coming-out auprès de ses parents conservateurs. 

Si la période de Noël est si propice aux films légers aux thématiques lumineuses, c’est parce qu’il sert de support à cet « esprit de Noël » qui fait rêver les familles à l’approche des fêtes. Pour cette raison, la comédie romantique est un étendard d’un mois de Décembre enneigé, donnant rendez-vous aux spectateurs en salles de cinéma ou bien sous forme de téléfilms noyant les programmes du câble. Mais une telle surenchère des mêmes thèmes tournant en boucle et répétant les mêmes poncifs rend la tentative de film de Noël périlleuse. En cette fin d’année 2020 ponctuée de mauvaises nouvelles, situations de crise et autres drames pesant encore plus sur le moral, il est donc logique que le public veuille se tourner vers ces productions plus légères pour partager au moins un moment en famille devant une belle histoire. Bien que nos salles de cinéma soient encore et toujours fermées, cela n’empêche pas une poignée de films de sortir ici et là, profitant notamment des plateformes de VOD. Et c’est le cas pour la deuxième réalisation de la comédienne Clea DuVall, qui explore une comédie romantique assez classique dans sa forme, si ce n’est qu’il met en scène en tête de proue un couple homosexuel.


Happiest Season (traduit en français par le pas très ragoûtant Ma Belle-Famille, Noël et Moi) raconte l’histoire de Abby et Harper, deux jeunes femmes qui viennent d’emménager ensemble. Si elles semblent filer le parfait amour, Harper a caché un élément de taille à sa petite amie : elle n’a pas encore fait son coming-out à sa famille. Le problème : Abby et Harper vont se rendre au traditionnel repas de Noël collégial de la famille de la dernière, alors que le plan de la première était de profiter des fêtes pour faire sa demande… Prenant la forme classique d’une comédie romantique typique, Happiest Season suit une plongée à l’intérieur de cette Amérique conservatrice via le prisme d’un couple lesbien qui s’oblige à se cacher des regards. Harper, de retour dans sa famille entourée de ses sœurs avec qui elle se compare sans arrêt, redevient une adolescente, camouflant ses amours par peur de devenir le centre de l’attention et par extension de décevoir ses parents. Mais c’est bien le point de vue d’Abby que l’on suit, plongée de force dans cet univers qui lui est étrangère. A travers une série dense et animée de quiproquos, de catastrophes et de boules de neige, l’arc narratif d’Abby se balance de doutes en complications, questionnant l’état de sa propre relation, constatant au fur et à mesure de l’intrigue que tout n’est pas rose dans son couple, car la vérité pèse toujours quand elle est cachée.


En soit, Happiest Season propose une structure narrative simple, qui ne cherche pas l’originalité ni un renouveau du genre, loin de là. Si ce n’est la mise en image et la représentation toujours bienvenue de la communauté LGBT+ dans des productions grand public, on a affaire à une comédie romantique américaine qui retrouve les mêmes clichés parfois surfaits qui pèsent à quelques instants le récit (notamment les chutes, souvent gratuites et rarement hilarantes, qui semblent pourtant passionner les Américains). De même que le final, qui, bien qu’il soit dans la lignée du genre et du ton annoncé par le film, se montre plutôt décevant dans son exécution, préférant la happy end simpliste et cousue de fils.  L’une des principales qualités du film, qui le différencie et le fait ressortir du lot des productions du genre, c’est bien entendu son casting, l’argument principal de la promotion. En tête de proue, on trouve le couple Kristen Stewart et Mackenzie Davis, toujours très justes et particulièrement touchantes. Elles y trouvent des scènes et des arcs de personnages riches en idées et en émotions qu’elle portent avec talent et légèreté. Elles apportent un certain charme, charme soutenu par la palette de personnages secondaires aussi riche que diversifiée, apportant chacun son propos et son développement. On citera Alison Brie et Mary Holland incarnant les sœurs de Harper, ainsi que Mary Steenburgen et Victor Garber dans le rôle des parents de la jeune femme. On notera également la présence radieuse d’Aubrey Plaza, tellement attachante qu’on regrette que le film ne fasse rien d’autre de son personnage, bien que cela aurait été au détriment d’un certain happy end.


Car Happiest Season propose une comédie romantique qui évite la plupart des aspects artificiels des traditionnels films de la période de Noël, bien que de nombreux clichés du genre lui reviennent à la figure tout au long du récit. On se surprend pourtant à trouver attachante et touchante cette histoire, permettant à son échelle de mettre en lumière un couple lesbien qui trouve grâce à ses comédiennes une alchimie évidente qu’on espère revoir sur les écrans dans le futur. Clea DuVall, sans briller, signe une mise en scène soignée centrée sur ses protagonistes, privilégiant l’intimisme de leur relation au spectaculaire de ses quiproquos clichés et 100 fois vus et revus. Happiest Season ne prétend pas être plus qu’une petite sucrerie à déguster avec une tasse de chocolat chaud sous le sapin de Noël. Et – on le confessera volontiers – ça nous suffit.

Titre Original: HAPPIEST SEASON

Réalisé par: Clea DuVall

Casting : Kristen Stewart, Mackenzie Davis, Mary Steenburgen

Genre: Romance, Comédie

Sortie le: 17 décembre 2020 en VOD

Distribué par: –

BIEN

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