Critiques Cinéma

1 CHANCE SUR 2 (Critique)

SYNOPSIS: Alice sort de prison après avoir purgé une peine de huit mois ferme pour vol de voiture. Sa mère qui vient de mourir lui a laissé une cassette ou elle lui avoue le mystère de sa naissance. Alice n’a jamais connu son père. Il y a vingt ans, sa mère a aimé deux hommes. L’un des deux l’a conçue sans le savoir puisqu’elle ne leur a rien dit. Alice va découvrir deux gros gabarits. Avant de savoir lequel des deux est son papa, elle va les entrainer dans une sacrée aventure. 

Le projet n’était pas seulement alléchant à la base. Il était surtout flippant. Parce qu’en matière de guêpier, que peut-on imaginer de pire qu’un véhicule promo à la gloire de deux monstres sacrés du cinéma français, réunis ensemble sur la même affiche avec un scénario-prétexte ? C’est surtout que les deux acteurs en question ont passé une bonne moitié de leur carrière à se concurrencer, en dépit de nuances bien réelles – l’humour pour Jean-Paul Belmondo, la noirceur pour Alain Delon. Tourné en priorité avant un autre film que Patrice Leconte préparait déjà avec Vanessa Paradis et qu’il réalisera juste après (La Fille sur le pont), 1 chance sur 2 partait donc avec un drôle d’handicap : deux stars que rien n’a su départager, mais qu’un pitch très simple – lequel des deux est le père de Vanessa Paradis ? – tient à départager. Vu que les conventions du genre préfèrent garder un rapport d’équilibre entre les deux egos, on devinait déjà comment le film allait s’achever. Mais on n’imaginait pas non plus, et la bonne surprise est à chercher là, que Leconte allait profiter de l’occasion pour relancer la comédie d’action populaire tel qu’il l’avait pratiquée il y a longtemps avec Les Spécialistes. Du coup, Delon et Belmondo allaient-ils s’en donnait à cœur joie dans les cascades et la relecture de leur heure de gloire ? Il y a de ça, mais ils réussissent surtout à éviter la redite par un savant jeu de l’autodérision.


Reconnaissons d’entrée que le film ne tient finalement que sur cet état d’esprit, et que cela s’avère amplement suffisant. On laisse vite de côté l’intrigue policière, maladroitement greffée en arrière-plan sans installer de dialogue sous-jacent avec l’équation « 1 fille + 2 papas ». Entre des mafieux russes aussi caricaturaux que dans un nanar de JCVD et des policiers fades qu’un commissaire salaud joué par Michel Aumont ne cesse de sermonner, on avoue qu’on a l’impression de voir plusieurs films qui se tirent la bourre pour essayer de savoir lequel va prendre l’ascendant. L’intérêt ne vaut que lorsque le sentiment et l’action se mettent soudain à lézarder les motifs du polar fonctionnel. Cela tient parfois à des passages inutiles mais tout de même amusants, comme lorsque Leconte jubile à emmener Delon et Belmondo se farcir des Big Mac pour la première fois de leur vie. Cela tient aussi dans des clins d’œil bien trouvés à Borsalino ou à Peur sur la ville, via des postures iconiques ou des cascades montées en référence. Cela tient enfin dans la complicité immédiate de ces deux acteurs, se jouant de ce qu’on attend d’eux pour abuser à loisir du dialogue qui pique – c’est clairement Bébel qui gagne à ce jeu-là. Et l’action, alors ? Pétaradante juste ce qu’il faut, avec des casinos qui sautent, une attaque westernienne de fort en pleine cambrousse provençale, des fusillades vénères et une poursuite finale en voiture découpée avec soin. Leconte connait son métier : il le prouve, il s’amuse et nous avec.


On peut légitimement regretter que Vanessa Paradis, petit zeste de glamour juvénile coincé entre deux mammouths légendaires, n’ait pas grand-chose à bouffer dans cette affaire, forcée ici de compenser par une présence avant tout physique – elle se transcendera pour de bon en tant qu’actrice avec le film suivant. Mais le titre le prouvait déjà : cet amusant mariage entre une pantalonnade compaternelle et un film d’action carré comme il faut compte surtout sur l’implication de ses deux expendables de notre cinoche hexagonal populaire. Étant donné que la réponse à la question centrale du récit restera de votre ressort, ce sera aussi à vous de déterminer, quand le générique de fin démarrera, si l’un a su prendre l’ascendant sur l’autre, que ce soit dans un registre de décontraction ou de dureté. Au fond, c’est assez touchant qu’un spectacle aussi dénué de prétention ait opté pour cette simple interrogation.

Titre Original: 1 CHANCE SUR 2

Réalisé par: Patrice Leconte

Casting : Jean-Paul Belmondo, Alain Delon, Vanessa Paradis …

Genre: Aventure

Sortie le: 25 mars 1998

Distribué par: –

BIEN

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