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Alors, on regarde quoi ce soir ? (Sélection Sorties Vidéo Octobre 2020)

Certes il pleut un peu moins qu’en début de mois, mais comme nous sommes tous confinés, c’est l’occasion de passer quelques heures devant sa télévision, à découvrir ou redécouvrir des films conseillés par nos soins. Ce mois-ci nous vous proposons un chef-d’œuvre de David Cronenberg, un très grand film de Patrice Leconte, une sympathique comédie de Martin Provost, le nouveau film du réalisateur de Your Name, et un bijou méconnu de George Miller. Et si cela ne vous suffit pas, n’hésitez pas à découvrir nos précédents Alors, on regarde quoi ce soir ? Bon visionnage.



Crash (1996)
Réalisé par David Cronenberg
Avec : James Spader, Holly Hunter, Elias Koteas, Rosana Arquette
Durée : 1h40
Date de sortie : Le 21 octobre 2020 chez Carlotta Films/L’Atelier d’Images


SYNOPSIS : À la suite d’un crash en auto avec le Dr Remington, le producteur de films publicitaires J.G. Ballard et sa femme Catherine se lancent dans l’exploration des rapports étranges entre la voiture, le sexe et la mort…

Chef-d’œuvre cérébral et glacial, fascinant et dérangeant, Crash, adapté d’un roman de James Graham Ballard (High-Rise, L’Empire du soleil), est sans doute l’un des films les plus complexes de David Cronenberg. Cet ovni devenu culte, nous raconte froidement le parcours d’un couple à la recherche du désir perdu, de la petite mort, et qui va se retrouver à travers des fantasmes malsains, obsession pour les accidents, tôles froissées, cicatrices, odeurs de sang et d’essence, et la fréquentation d’un petit groupe d’accidentés fascinés eux aussi par les crashs… Film troublant sur l’altération des corps, le désir, la mort, des thèmes chers à Cronenberg qui maîtrise ici comme rarement sa mise en scène et instaure un climat étrange, hors du temps, un film qu’on adore ou que l’on déteste, à réserver sans doute à un public averti, et dont l’édition ultra collector 4K/HD proposée par Carlotta Films/ L’Atelier d’Images devrait combler tous les fans du réalisateur.

Le saviez-vous ? C’est David Cronenberg lui-même qui fait la voix du « vendeur de voitures accidentées » que l’on ne fait qu’entendre. Si initialement le personnage avait une présence à l’écran, David Cronenberg préféra le supprimer afin de le rendre « non-existant », uniquement présent à travers une voix la plus neutre possible.




Monsieur Hire (1989)
Réalisé par Patrice Leconte
Avec : Michel Blanc, Sandrine Bonnaire, Luc Thuillier, André Wilms
Durée : 1h19
Date de sortie : Le 21 octobre 2020 chez Pathé

SYNOPSIS: Monsieur Hire est un tailleur misanthrope, qui espionne par la fenêtre sa voisine d’en face dont il est tombé amoureux. En arrière-plan se déroule une enquête sur le meurtre non résolu d’une jeune femme. Monsieur Hire est soupçonné par l’inspecteur chargé de l’affaire.

Adapté d’un roman de Georges Simenon, Monsieur Hire est un grand film de Patrice Leconte, tourné entre deux autres grands films (Tandem et Le mari de la coiffeuse), lors de la plus belle période de créativité du réalisateur. Porté par un Michel Blanc d’une justesse et d’une finesse absolues, Monsieur Hire est définitivement une œuvre à part dans la filmographie de Patrice Leconte, un film noir et resserré, un face-à-face dramatique et lumineux, étouffant et bouleversant, parfois cynique mais surtout d’une grande tristesse. C’est un immense plaisir de redécouvrir le film dans une très belle édition chez Pathé Vidéo, aux côtés du formidable Tandem et de Tango, polar grinçant mais mineur dans la filmographie du réalisateur.

Le saviez-vous ? Le rôle de Monsieur Hire avait tout d’abord été écrit par Patrice Leconte pour Coluche, mais suite à son décès tragique, c’est Michel Blanc qui hérita du rôle.


La Bonne Épouse
Réalisé par Martin Provost
Avec : Juliette Binoche, Yolande Moreau, Noémie Lvovsky, Edouard Baer, François Berléand
Durée : 1h49
Date de sortie : Le 6 octobre 2020 chez Memento Films



SYNOPSIS: Tenir son foyer et se plier au devoir conjugal sans moufter : c’est ce qu’enseigne avec ardeur Paulette Van Der Beck dans son école ménagère. Ses certitudes vacillent quand elle se retrouve veuve et ruinée. Est-ce le retour de son premier amour ou le vent de liberté de mai 68 ? Et si la bonne épouse devenait une femme libre ?

Étrange et sympathique comédie sur l’émancipation des femmes, qui enchaîne les situations cocasses avec beaucoup de fantaisie. Le nouveau film de Martin Provost, est une jolie réussite malgré quelques défauts. Porté par un trio déchaînée, Juliette Binoche, Yolande Moreau et Noémie Lvovsky, et par des dialogues pétillants, La Bonne Épouse, entre légèreté et gravité nous plonge dans l’ambiance amidonnée d’une école ménagère de la fin des années 60. Une pointe d’ironie, beaucoup d’humour et d’énergie avec parfois des changements de ton ou de rythme dans le scénario qui affaiblissent le propos d’une œuvre un peu trop sage. Il n’empêche que le souffle un peu kitsch qui traverse le film nous offre un très agréable moment de cinéma. A retrouver malheureusement uniquement en DVD.

Le saviez-vous ? On retrouve au casting Yolande Moreau, qui, en 2009, avait reçu le César de la meilleure actrice pour Séraphine, l’un des précédents films de Martin Provost.




Les enfants du temps
Réalisé par Makoto Shinkai
Avec : Kotaro Daigo, Nana Mori, Shun Oguri, Sei Hiraizumi
Durée : 1h52
Date de sortie : Le 7 octobre 2020 chez @Anime



SYNOPSIS: Jeune lycéen, Hodaka fuit son île pour rejoindre Tokyo. Sans argent ni emploi, il tente de survivre dans la jungle urbaine et trouve un poste dans une revue dédiée au paranormal. Un phénomène météorologique extrême touche alors le Japon, exposé à de constantes pluies. Hodaka est dépêché pour enquêter sur l’existence de prêtresses du temps. Peu convaincu par cette légende, il change soudainement d’avis lorsqu’il croise la jeune Hina…

Après le bijou Your Name, il n’est pas peu dire que Les enfants du temps était très attendu. Et c’est clairement une réussite. Sans atteindre l’émotion et la magie de son précédent film, Makoto Shinkai nous offre une fable écologique d’une poésie folle. Cette romance délicate sur fond de dérèglement climatique est une fresque merveilleuse dont le jeu de couleurs émerveillera le spectateur. Si le scénario est un peu moins ébouriffant que celui de Your Name et que le réalisateur ne se renouvelle pas totalement, techniquement et visuellement c’est du très haut niveau. Cette balade poétique dans un Tokyo pluvieux est un conte à la portée universelle, un très joli film par le nouveau magicien du cinéma d’animation japonais.

Le saviez-vous ? Si une partie des voix du casting est assurée par l’équipe de son précédent film, Your Name, pour les deux personnages principaux plus de 200 personnes ont été auditionnées avant que Kotaro Daigo et Nana Mori ne soient choisies.




Lorenzo (1992)
Réalisé par George Miller
Avec : Nick Nolte, Susan Sarandon, Peter Ustinov
Durée : 2h15
Date de sortie : Le 13 octobre 2020 chez Elephant Films



SYNOPSIS: En 1984, Augusto et Michaela Odone apprennent que leur fils de cinq ans, Lorenzo, est atteint d’une maladie rare, réputée incurable, l’adrénoleucodystrophie (ALD), qui provoque la détérioration brutale et irréversible du système nerveux. Totalement étrangers au monde médical et scientifique, les Odone vont se battre pour leur fils.

Lorsque j’ai vu pour la première fois Lorenzo au cinéma, j’avais 17 ans, est-ce que j’avais été déçu ? Pas totalement, j’avais déjà conscience que le film était très bon, mais moi, j’étais venu voir le nouveau film du réalisateur de Mad Max et je n’étais pas prêt pour un tel drame, et pourtant… Il y a une vraie similitude entre Mad Max et Lorenzo, car chacun des films, à sa manière, raconte une lutte, un combat pour la vie, pour la survie. Ici George Miller film le combat des parents de Lorenzo pour sauver leur enfant, pour comprendre sa maladie, pour faire bouger les chercheurs et les médecins, comme un véritable film d’action, entre combat, résignation, doute, espoir, colère… La mise en scène est brillante et inventive, et évolue au fil des émotions, Susan Sarandon et Nick Nolte sont émouvants, touchants et d’une rare justesse, et comme toujours chez Elephant Film le master est impeccable. Un petit chef-d’œuvre de George Miller moins connu que Mad Max mais à redécouvrir absolument.

Le saviez-vous ? Aujourd’hui encore l’huile de Lorenzo reste controversée, et ses effets ne sont pas prouvés. Plusieurs études et essais cliniques ont eu lieu, mais sans preuves définitives. Certains centres l’utilisent sous contrôle afin de prévenir l’apparition des symptômes chez les garçons atteints d’ALD, d’autres ne recommandent pas son utilisation.

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