Critiques Cinéma

MORTAL (Critique)


SYNOPSIS: Eric, un jeune américano-norvégien, s’est réfugié, seul, au cœur de la forêt, après avoir causé l’incendie d’une ferme, tuant 5 personnes, puis provoqué la mort accidentelle d’une sixième personne.
Arrêté par la police, il rencontre une psychologue, Christine, qui semble pouvoir l’aider.
Ensemble, ils découvrent vite qu’Eric a en réalité des pouvoirs surnaturels, qu’il ne maîtrise pas…

De retour sur ses terres norvégiennes natales après avoir réalisé The Jane Doe Identity et Scary Stories aux États-Unis, André Øvredal signe son nouveau long-métrage fantastique. Mortal raconte l’histoire d’un américano-norvégien, Eric, qui semble être doté de pouvoirs très puissants qu’il ne contrôle plus sous le coup d’émotions fortes. Alors qu’il provoque accidentellement la mort d’un adolescent, il est arrêté par la police, et rencontre une psychologue qui semble pouvoir l’aider. S’ensuit alors une quête pour tenter de découvrir d’où viennent ces pouvoirs, et qui est vraiment ce Eric. Si en apparence Mortal semble suivre la structure classique du film de super-héros, André Øvredal opte plutôt pour un style de mise en scène particulièrement singulier, en construisant son film comme un road movie sur fond de super-pouvoirs. Le montage est très lent, très contemplatif sur les magnifiques décors qu’offre la Norvège, et posent le cadre d’un personnage en pleine quête d’identité qui semble littéralement émerger de la forêt. Et puis, après une heure de film, la structure vole en éclat. Les pouvoirs du personnage éclatent, et certaines explications arrivent enfin au spectateur. Le rythme s’accélère, comme une course contre la montre, et Mortal devient un film de super-héros. Le réalisateur, en essayant de raconter une histoire en apparence déjà connue de façon plus singulière, perd son propos, et n’arrive plus à assumer ses choix. On se retrouve donc avec un film inégal dont on ne parvient plus à suivre les enjeux. Et cela passe avant tout par un cruel manque de caractérisation des personnages, trop survolés au profit d’une ambiance qui peine à embarquer le spectateur. Déjà, le protagoniste, présenté comme un homme en quête de son identité et qui perd souvent le contrôle de ses émotions, n’est jamais attachant. A aucun moment on ne se sent investi par son voyage initiatique et donc tous les personnages qui gravitent autour de lui paraissent superficiels. On ne comprend pas pourquoi la psychologue décide de l’aider à trouver qui il est, et on ne sait pas pourquoi les personnages font ce qu’ils font. Ces points empêchent alors tout attachement émotionnel, et donc laissent complètement le spectateur sur le bord de la route.



Le scénario, quant à lui, est construit sur un système de répétition (l’histoire est morcelée par des scènes d’Eric qui perd le contrôle de ses pouvoirs en étant soit blessé, soit effrayé, soit en colère) très peu subtil et donc peu pertinent. L’intrigue ne se renouvelle jamais, et ne permet jamais au film de développer son histoire. Et ce sera seulement dans la dernière partie du film que des éléments de contexte sont dévoilés, et que le réalisateur explicite les origines des éléments surnaturels qui surviennent. Et seulement à ce moment là, le film prend son sens, et on commence à percevoir de l’intérêt dans le concept. En exploitant de cette façon la mythologie nordique, le metteur en scène développe des idées très sympathiques, mais qui ne servent que de climax. Au final, cette super idée de concept se retrouve propulsée en fin de film, sans qu’on puisse en percevoir les enjeux, les intérêts en terme de narration, et toujours sans percevoir d’attachement émotionnel. C’est d’autant plus dommage qu’on espère beaucoup en voir plus, en vain.



Mortal s’intéresse trop à son protagoniste sans parvenir à correctement le caractériser, et il en est réduit à traverser une série d’intrigues sans intérêt et basées sur un rythme extrêmement bancal. Le casting ne peut rien apporter aux personnages, qui manquent de base de consistance. Nat Wolff, Iben Akerlie et Priyanka Bose ne font rien ressortir de leur jeu, qui paraît creux et superficiel. Avec ce nouveau film, André Øvredal n’arrive pas à développer l’univers qu’il semble vouloir aborder. Au final, Mortal finit par être décevant, car il ne parvient pas à arriver à la hauteur de ce qu’il voudrait être. Et toute cette partie qui prend pour base la mythologie nordique se retrouve desservie par une heure de scène redondantes et très peu engageantes. Le film ne sait pas trop ce qu’il veut être, et finit par être un hybride. En voulant trouver un souffle plus proche de la nature, du corps et de l’âme au film de super-héros, Øvredal se perd dans un voyage lancinant et assez fade qui aurait pu être très réussi si ses enjeux et ses ambitions avaient été présentés dès le début, et si les personnages avaient été plus consistants. On trouve alors cruellement dommage que le film se plante de la sorte, car sa vision des Dieux Nordiques et de leurs pouvoirs serait une base très solide pour un univers à gros potentiel. Malheureusement, ça ne prend pas…

Titre Original: MORTAL

Réalisé par: André Øvredal

Casting : Nat Wolff, Iben Akerlie, Priyanka Bose  …

Genre: Action, Aventure, Fantastique

Sortie le: 27 août 2020 en VOD et le 02 septembre 2020 en DVD / Blu-Ray

Distribué par: Wild Side Video

PAS GÉNIAL

 

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