Critiques

CURSED : LA REBELLE (Critique Saison 1) Des clichés sur pattes sans aucune originalité…

SYNOPSIS: Tirée du roman figurant sur la liste des best-sellers du New York Times, Cursed : La rebelle réinvente la légende arthurienne. Celle-ci est racontée à travers les yeux de Nimue, une jeune femme au don mystérieux destinée à devenir la Dame du Lac, personnage puissant. Après la mort de sa mère, elle trouve un partenaire inattendu en Arthur, un humble mercenaire, dans une quête pour trouver Merlin et lui remettre une ancienne épée. Au cours de son aventure, Nimue deviendra un symbole de courage et de rébellion contre les Paladins rouges et leur complice, le roi Uther. Cursed : La rebelle raconte le passage à l’âge adulte avec des thèmes allant de l’environnement à l’obscurantisme religieux en passant par les guerres et souligne le courage nécessaire pour faire face à ces adversités.

Après The Witcher l’hiver dernier, ayant remporté un franc succès auprès du public, Netflix poursuit sa lancée d’adaptations fantastiques et se tourne cette fois vers un auteur majeur de notre époque, Frank Miller. Créateur entre autres d’œuvres cultes comme Sin City, 300 ou The Dark Knight Returns, l’auteur américain a plus d’une corde à son arc, puisqu’il a également illustré le roman graphique de Thomas Wheeler qui nous intéresse aujourd’hui : Cursed. Prenant place dans les légendes et mythes du Roi Arthur et des chevaliers de la Table Ronde, Cursed pose une question simple et pourtant pas inintéressante : que se passerait-il si l’épée Excalibur n’avait pas choisi un roi, mais une reine ? A première vue, le changement de paradigme impliquant l’épée dans les mains d’une femme a de quoi intriguer. Après tout, malgré quelques figures féminines fortes, Excalibur a surtout fini en possession d’hommes, et de rois. L’idée de voir Excalibur entre les mains de la jeune Nimue, sorcière conspuée dans son village, était prometteuse sur le papier…

Pourtant, le désenchantement intervient très vite. Après une introduction reprenant le sempiternel flash-forward de fin de saison avant de revenir en arrière pour expliquer comment l’héroïne en est arrivée là, Cursed introduit maladroitement tous ses personnages, peu émergeant comme sympathiques ou même dignes d’intérêt. Au-delà de Nimue, on nous présente sa famille, ses futurs alliés (et plus si affinités), et ses ennemis, mais chacun est tellement stéréotypé et fade que personne ne retient réellement l’attention. Il faut alors attendre la fin du pilote pour que les choses bougent, enfin. Avec une réalisation qui essaie des choses, notamment dans une scène d’assaut brutale, filmée en un long money-shot d’une minute, à la fois intéressant mais aussi révélateur de la mollesse de l’ensemble avec son montage pataud et sa musique envahissante, pourtant signée de l’excellent Jeff Russo qu’on a connu plus inspiré.

Surtout, Cursed est gâché par une pluie de CGI qui détonnent et tranchent complètement avec l’aspect organique de l’histoire. Rappelant les gerbes numériques de 300 mais en moins réussies, ces effets montrent aussi déjà les limites du projet. On se rapproche davantage d’une plus-value digne de la CW que de HBO ou AMC. Ce qui semble logique, vue la tranche d’âge visée, mais les ados et jeunes adultes méritent mieux que des clichés sur pattes sans aucune originalité. Et si le pilote est en général une note d’intention qui prend son temps, la suite de la saison 1 de Cursed ne bouge pas davantage. Un ennui profond gagne très vite le spectateur face à des intrigues éparpillées qui prennent beaucoup de temps pour se mettre en place. Ca bavarde bien trop, et le casting emmené par Katherine Langford et Gustav Skasgaard a beau se démener, la série ne vaut malheureusement même pas le coup d’œil pour eux. La critique est dure, mais à la hauteur de la déception. On s’attendait avec Cursed à une petite révolution dans les rapports à Excalibur et un récit féminin fort sur la responsabilité d’avoir une telle épée. Mais la série déçoit à tous les niveaux, laissant un goût très amer en bouche. Si vous vouliez trouver du Frank Miller dans la série, il se trouve dans le très joli générique de celle-ci, qui reprend l’identité visuelle de la bande-dessinée dont la série est adaptée. De quoi regretter cette adaptation en live-action, alors qu’un format animé aurait peut-être pu mieux rendre justice à la patte graphique de son dessinateur.

Crédits: Netflix

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