Critiques Cinéma

ARTEMIS FOWL (Critique)

SYNOPSIS : Artemis Fowl, un génie de 12 ans, descendant d’une longue lignée de malfaiteurs, cherche désespérément à sauver son père pris en otage. Afin de payer la rançon, il doit infiltrer une ancienne civilisation souterraine : le monde des fées, éblouissant et technologiquement avancé. Son but est de mettre la main sur l’Aculos, l’artefact magique le plus prisé des fées, à la puissance incomparable et qui servira de monnaie d’échange. Pour y arriver, Artémis concocte un plan machiavélique, si dangereux qu’il se retrouvera au coeur d’une guerre des nerfs avec les fées toutes-puissantes. 

Le 12 juin dernier, Disney + a mis en ligne Artemis Fowl, un long-métrage adapté des romans pour jeunes adultes imaginés par l’écrivain irlandais Eoin Colfer parus en France chez Gallimard Jeunesse. Dire que l’attente était forte serait un poil exagéré. Mais découvrir, dans le confort de son salon, un film au budget de 120 millions dollars réalisé par Kenneth Branagh, shakespearien reconverti dans le blockbuster (Thor, en 2011, puis Cendrillon en 2015), pique forcément la curiosité. Surtout quand cette luxueuse superproduction est inédite en salles. Et pour cause, la sortie prévue en mai, a été annulée à cause du Covid-19. La gestation douloureuse du projet (la Miramax avait mis une option pour l’adaptation il y a déjà presque vingt-ans !) aurait dû nous mettre la puce à l’oreille. Au vu du produit final, on comprend pourquoi les patrons de Disney ont préféré sortir le film directement sur sa plateforme plutôt que de trouver une nouvelle date d’exploitation dans les salles obscures. Le premier quart d’heure retient pourtant l’attention avec ses plans aériens des côtes irlandaises, l’architecture originale du somptueux manoir de la dynastie Fowl, et la présence de Colin Farrell, dans le rôle de Artemis Fowl Senior, le géniteur du héros qui se révélera être une sorte d’Arsène Lupin des musées (on apprend qu’il a volé, entre autres, la pierre de Rosette au British Museum). Enlevé par un personnage à cagoule à l’identité mystérieuse, on ne le verra quasiment plus du film. 

Les effets spéciaux numériques sont de bonne facture. Le monde souterrain des fées qui mélange les codes de l’heroic fantasy avec son cortège d’elfes, de centaures et de trolls, à celui de la technologie rétro-futuriste est plutôt réussi, même si un léger parfum de déjà-vu flotte sur le design de certaines créatures qu’on jurerait avoir croisé dans Star Wars, Star Trek ou la saga Harry Potter… A ce titre, Mulch Diggums, un “nain géant” hirsute et roublard campé par Josh Gad (il jouait le Fou, l’acolyte de Gaston, dans l’adaptation live de La Belle et la Bête), a des faux airs du demi-géant Hagrid, en plus jeune. Malheureusement, le potentiel comique du personnage avec son bagout et sa mâchoire extensible, est sous-exploité. Interrogé dans des locaux ultra-secrets du MI6, il est pourtant celui qui introduit l’histoire. Une histoire alambiquée au possible menée à un rythme qui frôle l’hystérie dont on finit par se désintéresser totalement. La faute à un scénario qui tente de condenser deux tomes de la saga en seulement une heure trente, qui paraît du coup durer le double. 

Autre incongruité : le sort réservé à Judi Dench. La vénérable actrice britannique, vue récemment sous la direction de Kenneth Branagh dans Le Crime de l’Orient Express, prête ses traits à l’autoritaire commandant Root, la cheffe des fées. Caractéristiques : une voix de grosse fumeuse particulièrement irritante et un costume vert pomme en plastique métallisé qui lui donne des faux airs de Power Ranger.  Enfin, et c’est quand même le plus embêtant dans cette affaire, le personnage principal est transparent au possible. Plus politiquement correct que dans la version papier, Artemis Fowl, manque d’aspérité. On nous avait promis un petit génie du crime, on se retrouve avec une tête à claques au look de “Men In Black.«  Son interprète, Ferdia Shaw, le petit-fils de Robert Shaw, le chasseur de requin des Dents de la Mer et redoutable adversaire de Sean Connery dans Bons Baisers de Russie, ne suscite ni empathie, ni intérêt… Quelque part, le film ressemble à son héros. Il est trop sûr de lui et se présente d’emblée comme une longue (et interminable) introduction à une future franchise à succès. La fin ouverte appelle clairement une suite. Pas sûr qu’on en voit un jour la couleur… 

Titre Original: ARTEMIS FOWL

Réalisé par: Kenneth Branagh

Casting : Ferdia Shaw, Colin Farrell, Lara McDonnell …

Genre: Aventure, Fantastique, Famille

Sortie le: 12 juin 2020

Distribué par: Disney+

ASSEZ MAUVAIS

2 réponses »

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