Critiques

THE GREAT (Critique Saison 1 Episodes 1×01 – 1×06) Une belle réussite…

SYNOPSIS: Ecrit par le scénariste Tony McNamara, nommé à l’Oscar du meilleur scénario original pour « La Favorite », « The Great » est un drame satirique et comique sur l’ascension de la Grande Catherine (Elle Fanning), du statut d’outsider à celui d’impératrice au règne le plus long de l’histoire de la Russie. Cette première saison présente une histoire romancée, amusante et anachronique d’une jeune fille idéaliste et romantique, qui arrive en Russie pour un mariage arrangé avec l’empereur Pierre (Nicholas Hoult). Espérant l’amour et le soleil, elle trouve à la place un monde arriéré, dangereux et dépravé qu’elle décide de changer. 

Si le nom de Tony McNamara ne vous dit rien, peut-être avez-vous déjà vu l’un de ses scénarios mis en scène par Yorgos Lanthimos : c’était lui, au script de La Favorite, sorti il y a maintenant un an et demi en France, et qui avait valu un Oscar de la meilleure actrice à Oliva Colman. Poursuivant son œuvre dans les oeuvres d’époque, le scénariste et dramaturge australien adapte cette fois sa propre pièce datant de 2008, The Great, qui met en scène l’affrontement conjugal entre Catherine de Russie et son mari, l’empereur Pierre. Au programme donc : des ours, des intrigues de cour, et surtout, une vraie lutte de pouvoir dans un combat qui semble déséquilibré au premier abord, mais qui va s’avérer nettement plus équilibré que prévu.

Retrouvant l’excellent acteur Nicholas Hoult, déjà présent dans The Favorite et cette fois promu au premier rôle, McNamara, loin de l’Angleterre et des complots féminins de son précédent script, nous plonge donc en Russie, terre inconnue pour la jeune et innocente Catherine, jouée avec la pétillance et le talent habituels d’Elle Fanning. La patte « Favorite » se fait très vite sentir : les personnages masculins ne sont pas exactement des lumières (à une importante exception près), le ton n’est jamais loin de la farce, et le mélange entre légèreté et noirceur est écrit à merveille.

Pourtant, très vite, loin de l’humour par moments absurde des premières scènes, le vrai drame s’installe. Il est bon de rappeler que Catherine de Russie, polonaise d’origine, n’a été initialement, comme bien des reines de l’Histoire, qu’une simple transaction, permettant dans son cas de sauver ses parents aristocrates de la ruine. Et si ses accomplissements en font aujourd’hui l’une des Reines les plus connues et les plus éclairées, ses travaux ayant pavé la voie à beaucoup de jeunes filles, ses débuts, comme le montre la série, n’ont pas été faciles, ayant même été entachés d’abus de la part de son mari. C’est donc ce fil conducteur, depuis son mariage jusqu’au fameux coup d’état l’ayant proclamé reine, que l’on suit le temps de six épisodes (le nombre d’épisodes fournis à la presse sur les 10 que compte la saison NDLR) d’une heure chacun. Un nombre parfait, tant l’histoire racontée, même si elle est dense, arrive parfaitement à jongler entre moments d’introspection, franches disputes et tentatives de la part de Catherine d’absorber un peu plus du pouvoir de son mari.

Bien entendu, The Great prend quelques libertés avec l’histoire, mais la manière dont McNamara écrit ses personnages féminins reste toujours aussi enthousiasmante et piquante, leur offrant très rapidement un relief qui paraît encore plus criant au vu du patriarcat mou et bête installé en face. Il est alors encore plus important de constater la puissance des livres et de la culture pour Catherine, qui souhaite illuminer ses consœurs plutôt que de les laisser dans l’ombre, but assumé sans ambages par son empereur de mari. Un propos somme toute intemporel, à l’heure où l’accès à la culture permet la déconstruction de notre époque et des modèles patriarcaux dans lesquels l’on reste bloqué sans possibilité d’en sortir.

Dynamiquement mise en scène et multipliant, à la manière d’une Marie-Antoinette façon Sofia Coppola, un habillage musical pop et anachronique, la série se laisse donc déguster sans problème, les épisodes passant très vite. Faisant également preuve d’inclusivité, ce dont tous les films historiques ne peuvent pas se targuer, The Great sonne résolument 2020, avec son héroïne qui n’a pas peur de se tâcher pour améliorer les conditions de vie des femmes et laisser son emprunte dans l’Histoire, quitte à défier le pouvoir en place. Une belle réussite donc, à découvrir dès maintenant sur StarzPlay.

Crédits: StarzPlay

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